‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 313 sur 374 · LA VIEILLE ET LES DEUX SERVANTES · texte numérisé non relu

LA VIEILLE ET LES DEUX SERVANTES

Ésope, fab. 79, Fuvjj xa\ Scpéisaivat (Coray, p. 47t P« 3i6). — Haudent, i** partie, lab. 6», d^un Coq et des Chmmb^ierei, — Gorroxet, fab. 66, de la Vieille et de ses Chambritres» — Pantaleo Candidus a ausai traite ce sujet en Ters latins lambicpies ; c*est sa fable 55.

Mythologia msopiea Neveleti^ p. x54«

c Voici une fable, dit Cbamfort, où la Fontaine retrouTe ses pinceaux et sa poésie, ce mélange de tours et cette Tariétë de style qui lai est propre. La peinture du travail des Serrantes, celle de Tinstant de leur réTeil, sont parfaites. » — Voyez la fin de la note 9.

Il étoit une Vieille ^ ayant deux chambrières * :

Elles filoient si bien que les sœurs filandières *

Ne faisoient que brouiller* au prix de celles-ci.

La Vieille n*avoit point de plus pressant souci

Que de distribuer aux Servantes leur tâche. 5

Dès que Téthys* chassoit Phébus aux crins dorés»

I. < Une femme yeure amie du trarail, » disent les fables f^reo* ques : Fuvjj ^^pa çiXspY^-

1. Chambrières est, comme on le Toit dans la notice, le mot qn^emploient aussi Haudent et Corrozet.

3. Les Parques. — M. Taine(p. 9i5 et suiTantes) fait, à Tocoasion de ce passage et d^autres semblables, d'ingénieuses remarques sur le goût de la Fontaine pour la mythologie ; sur sa dévotion aux Dieux, dont c il parle. . . . sans cesse et souTent sans besoin, comme Homère ; » sur la manière, habile à la fois et naïTe, dont il a su accommoder son a tout petit Olympe » au genre de la fable.

4. Brouiller^ absolument, trarailler d*une façon irrégulière, faire de la mauTaise besogne, des ouvrages où les fiU se brouillent.

5. Déesse de la mer, femme d*Oceanus. Il ne faut pas la confondre arec Tketis^ la mère d'Achille, divinité marine également, mais d'un rang inférieur. Les poètes anciens nous représentent fré-

38a FABLES. [r. Tt

TonreU * entrotent en jeu» fuseaux étoient tirés ;

Deçà, delà, vous en aurez'' :

Point de cesse, point de relâche.

Dès que l*Aurore| dis-je, en son char remontoit, g o Un misérable Coq à point nonuné chantoît ; Aussitôt notre Vieille» encor plus misérable, S^aSubloit d*un jupon crasseux et détestable *, Allnmoit une lampe, et couroit droit au lit Où, de tout leur pouvoir, de tout leur appétit, i S

Dormoient les deux pauvres Servantes.

L*une entr*ouvroit un œil, Tautre étendoit un bras ;

Et toutes deux, très-malcontentes, Disoient entre leurs dents : « Maudit Coq, tu mourras *• »

quemment Phëbus (le soleil) sortant de l'Océan le matin, et s*/ replongeant le soir : roytz VjUade^ lirte VII, Ters 4a>* Chez ÛTÎde (Métamorphoses^ \vrte II, Yers iSS^iSy), c'est Tëtbjs elle>mème qui le matin lui ouTre la barrière. — L'ancienne langue, comme dit M. Littrë dans son Dietionnairtf à la fin de l'article Cani, employait ce mot dans le meilleur stjrle pour signifier les chereux de l'homme ou de la femme.

6. Touret^ qui, dans dirers métiers, signifie une sorte> de petite roue, et, en termes de cordier, une espèce de bobine (voyez le IHctiofuuUrê de Trévoux)^ s'emploie quelquefois, dit l'Académie dans set deux dernières édition» (le mot manque dans les précédentes), pour dire un rouet à filer.

7. c Deçà, delà, » de tous c^tÀ, en tous sens. NouaretroaTcrons cette locution au rers 14 de la fabU ix du lirre Y, où elle est expliquée par l'addition de partout» — « Vous en aurez, » on tous en donnera, à savoir de l'ouTrage ; dans cette familière apostrophe il y a enoore une de cet viTes ellipses qui abondent cbes la Fontaine et dont nous aTons déjà relevé plusieurs exemples.

8. Au sujet de ce vers on peut remarquer encore une fois, avec M. Taine (p. 399), comme notre fabuliste applique mtrépêdamtmt anx « objets ndigaires a les « expressions vulgaires, a

9. Dans Gorroset la menace est rendue de même en diiCQWtt dirâot:

Voyants doncques ce fasehcax tonr Et ce très ennuyeux resueil

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