LA MONTAGNS QUI ACCOUCHE
Phèdre, lirre IV, fab« 99, Mons parturiens, — Romalni, Inre II, fid>. 5, Mofu pariurietu. — Mandent, i** paitiey fab. i3t» detMcÊtaigmu enfiétâ, — Corrocet» fid». ai, Je fênfaU^meni àe* Moatâipti.
— Bonnanlt, ies Fables ^tsope^ acte Y, foène ir, U Mamtûgiu fd meeouehe, — Le Noble, &b. Si^ de la Montagne qui aeeaneke. Veect' temeni,
Mfiholagiamsopica Nepeleti^ p. 44l» P* 5o4«
H. ]e comte de Lnrde nous a obligeamment commgnîqné un tnie mannuTÎt de cette fable, qu'il croît autographe.
La fable est résumée dans ce vers grec (Érasme, CfùSades des ^r»vtrbeSf col. 666, Genèye, 1606) :
lÛSivev otpoc, e7ta (mv dbcixTexev.
— Le roi d'Egypte Tachos, étonné à la rne de la petite taille d'Agéiilas, qui lui amenait des auxiliaires, Taccueillit par ces moti :
c La montagne était en trayail, et Jupiter ayait peur; elle eoEuita une souris, s Entendant ces mots, Agésilas irrité lui dit : ^vnfooyai 9o( noTS xa\ Xiciiv, c Je te paraîtrai aussi lion quelque jour. > Voyez Athénée, livre XIV, % 6 (p. 616 D). — Lucien, dam ioo traité de la Manière JP écrire F histoire ^ % a3 (édition LehmaiiD, tome IV, p. 194)1 compare de maigres histoires commcn^t par de longs et solennels débuts à des Cupidons portant de grands msjqius d'Hercule ou de Titan ; quand on entend de tels débuts, dit-il, 00 s*écrie : 'ÛBcvfv Spoç. — Rabelais (liTre m, chapitre lExnr, tome I, p. 445) applique de même l'apologue à une narration diCto consacrée par Enguerrand (de Monstrelet] à un fait insignifiant : c U mocquerie est telle, dit-il, que de la Montaigne d'Horace, laquelle crioit et lamentoit énormément, comme femme en tranail d'en£uit. A son ory et lamentation accourut tout le Toisinaige» en expeotatioB de reoir qneloque admirable et monslreux enfantement; mais cnfia ne nasquit d'elle qu'une petite souris. » — Nodier cite une élégaote
r. x] LIVRE y. 397
imitation dn poète allemand Hafedom ntitnlée : la MoMagne et U Poète {jOEwfree poétlfues^ X7^9» >* pvtiey p. 97}, et il en donne cette traduction partielle et libre : « Dieux, seooures-nons ; hpmmet, taytz ! une Montagne en travail f% accoucher; elle jettera autour d'elle, avant qn*on ne soit tnr tes gardes, et le sable et les rochen. Suffénus ' sue, il rugit, il écume, il frappe du pied, il grince des dents ; SufT(énus est en fureur. U rime, il veut couvrir Homère de honte. Qu'arriTe*t-il? Suffénus enfante un sonnet, et la Montagne une sou* ris. • — Un autre poète allemand, Gleim (livre IV, fable m), a traité le sujet en six vers d*un tour très^piquant. — Dans Tune des deux vieilles fables données par Robert, celle d^Ysopet II, la Montagne menaçante est un volcan :
.... Une grant Montaigne
Dont souuent naist fumée.
— 'VJmmyme de Nevelet (p. 5o4} intitule la sienne : de Terra tu^ mente, — Le Romulus de Nilantius (fahle xxn) substitue ridiculement à la Montagne un Homme {Homo parturieni)^ dont la grossesse contre nature excite Tattente et Teffroi. — Le Noble, soucieux des bonnes moeurs, fait précéder raccouchement d*un hymen de Montagnes :
Deux Montagnes un jour, s'entend mâle et femelle, Un Grec les nonmieroit Hémus et Rhodopé,... Scellèrent d'un hymen leur ardeur mutuelle.
— Voyex les vers d'Horace et de Boileau cités dans la dernière note.
Une Montagne en mal d'enfant Jetoit' nne clamenr si haute, Que chacun, au bruit accourant, Crut qu'elle accoucheroit sans faute D'une cité plus grosse que Paris : 5
Elle accoucha d'une Souris'.
I . Nom d'un mauvais poète raillé par Catulle dans |a xxn* poésie. 9, Dans le manuscrit de M. le comte de Lurde : t poussoit. s