‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 358 sur 374 · XI. — Page · texte numérisé non relu

XI. — Page

(Livre II , fable xii.)

DB LA. VOURMI, DS L OISKLBUH BT DU AAMDCH.

On Toit dans le siède oà nou Moins de Tniê amis qw de fins.

Et le bien£ût le perd pins annT«i|t cbes les h<

Que cfaei les aninunx.

Mak panni tant d'ingrate quelquefois il se trouve De la pâte qu'il faut pour frfmdes amis; Et c'est au besoin qu'en éprouTe S'ik tiennent œ qu'ils ont piomîs.

Un soir une Fourmi lassée D'aToir durant le jour voiture du froment , Pour étancher la sot! dont elle étott pressée* Aux borda d'un clair ruisseau s'étoit fort pcoprenaent

Sur on bout d'éeoree placée.

Mais s'étant par malheur un peu trop avaneée ,

La caboehe emporta le en ,

Et sans que la pauTratte edt bu,

ÏM Toilà dans l'eau renvenée.

De boire elle n'eut plus, croyes-moi, la pensée;

Autre chose l'inquiétût.

Sans se troubler pouitant, elle nage et s'effioroe

De regrimper sur son écocce.

Et déjà presque 7 remontott.

Quand par un coup de vent, de ce port écartée. Soudain en pleine mer elle se vit jetée.

En vain elle combat les flots , En vain ses yeux mouillés se tournent au rivage : Elle sent soœomber sa force et son courage Sons l'onde qui déjà lui passe sur le dos.

Rien ne flattoit son espérance, Ht prête de passer sur le lugubre bord. Ses yeux étoient troublés des horreurs de la mott.

Quand par un coup de Providence, Des branches d'un peuplier qui couvroit le Utt Ramier seoourable à la petite béte

Rompt du bec uu tendre rameau.

Qu'il jette, et fait tomber raxibos de sa tête.

A l*aocrocher l'insecte prête

Fit si bien , à force de bras ,

Qu'elle grimpa d«Mii» et n'en démami pas.

Un reaX frais ansiitAt s'élève,

Qui de bouline * la poossa

Jiisqa*aa mage , où sur la grère

D'un prompt saat elle s*élança.

La voilà donc saavée. Un Anglois, à sa place» Anroit tout iu«*l»>cliamp oublié ce bienCdt; Car du cœur d'nn ingrat bientôt plaisir s'eibce. Biais la petite béte aroit le cœur mieux fait. La voilà donc enfin du naufrage écbappée, Comme le Tékéli' du lacet ottoman.

Quand 'par de faux avis la Porte étant trompée

Il eût vu sa trame coupée Si le soleil françois n*eùt lui dans le Divan.

Mais à peine elle est sur la rive , Que promenant partout une vue attentive.

Elle remarque tout auprès Un certain oiseleur qui tendoit ses filets ,

Filets tendus avec adresse

Et qu'elle voit avec tristesse

A prendre le Ramier tout prêts, c Quoi donc ? ce bon oiseau m'aura sauvé la vie ,

Dit-elle, et je poorrois souffrir De voir jusqu'à mes ^reux sa liberté ravie?

Non, non, il faut le secourir Ou périr.

Mais que peut, dira-t-on, une si mince béte ?

Quoi ? contre un homme une fourmi? Contre un grand empemir on comte Tékéli? Eh ! que ne pentFH>n point, quand on s'est mis en léte , Qudque petit qu'on soit, de servir un ami ? Faute de force, il frnt employer la prudence : Prudence vaut la force, et je nW manque pas. » Elle dit, et soudain, sans bruit, au petit pas.

Vers l'oiseleur elle s'avance ,

Et de son cuisant aiguillon

Yivement le pique au talon.

1 . De o6té, de biais. « Boulme» dit M. Littré, terme de marine. Nom de longues cordes, qui tiennent la voile de biais, lorsqu'on fait route avec un vent de c6té.... Aller à la bamlmê^ se servir d'un vent de biais qui n'est pas Civorable à la route. »

a. Le comte Tékéli, Hongrois, s'était uni aux Turcs, en z683, lors du siège de Vienne. Après l'insuccès de cette campagne, les plaintes de Kara- Mustapha, qui prétendit l'en rendre responsable, et les négociations du Comte avec PAntriche en faveur de ses compatriotes, le rendirent suspect à la Porte, et le firent arrêter. Il parvint à se justifier, et fut remis en Uberté. Mais nous croyons qu'il serait difficile de dire quelle part la Ynaiot prit à cette afihire.

Da trait dont la doabar le frappe 11 lAdie le filet, et le Baanar édiappe.

Cest aÎBà qw MBâble aux ■erriees reçat. Un tÊfnt généreux les paie avec nsoie.

François, ingrats François, Ésope là-d Tons eàt fiùt, de son temps, nne rade

Recueil de Daniel de la Feuille, a* partie, fu^le xxir, p. S4*)

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