‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 359 sur 374 · XII. — Pftge 191 • (livre n, fable xx · texte numérisé non relu

XII. — Pftge 191 • (livre n, fable xx

TitràMiniT nrxxEPBixé paa isopB.

Cest nne erreur (à mon sens très-groaMèrs)

Que de eompter les hoounes par les doigts :

Les fiut peser, car on Toit quelquefois

Un homme seul avoir plus de

Que tout un peuple. Ésope ne Ta dit.

Mais l'a (ait Toir par son subtil esprit.

En eipliquant danse testamentnre.

Void le fait. Un jour un certain père

Filles laissa jusqu'au nombre de trois.

L'une étoit bdle et tenoit sous ses lois

Bien des messieurs à la crinière blonde ;

Passoit ses jours à filer la seconde ;

La tieree laide étoit, et par-dessus

Aimoit bien mieux la Hqneur de Bacdma

Qu'eau de fontaine, ou ddre, on de la bière.

Ce père donc fidt sa feaune héritière,

Met toutefois pour danse au testament

Que partagé seroit également

Le bien aux trois, et défend à chacnne

De posséder son bien ni prou ni peu ;

Portoit encor la danse non conuinne

Que n'ayant plus le bien qu'dle a reœn,

Départiroit cent écns à m mère.

Ce n'étoit point une cause légère :

Il s'agissoit d'expliquer testament

Bien embrouillé. Le bruit court dans Athènes

Du cas nouYeau mis si confusément

Que le grand diable auroit perdu ses peines

A l'éclairdr (du moins il le sembloit).

La mère alors «▼oeiti arnimbloit ,

Des plu hmmr die en aToU de reate :

Ils feaîOetoîeiit le Code et le Digeste,

Point ne trooroient dans toat le eorps des lois

Un CBS paieil. « Quant anx filles sont trais,

C*est bien certain, disoit nn personnage

Pins que très^nd; égal est le pertage

De tons les biens, cela s*entend aussi.

Mais TOUS, Hessienrs, ezpliques-moi oed :

Hooune mourant, en même temps qn*îl donne

A ses enfimtSi ensuite leur ordonne

De se garder de oss biens-là jouir;

Je mets en £sit qu'on ne sauroit ouir

Gss pins obscur ) débrouille les ténibNS

Qui le pourra. » Les consulunts oélébies

Lui lépondoient : « Nous sommes comme tous.

Ce testament n'aura point d'interprètes;

Sn vain, en vain nous chaussons nos lunettes.

N'y voyons dair. Madame, eacuscfrAons. »

Que fit la mère en cette obscurité?

Force lui fut d'obsenrer l'équité;

EDe combla notre bdle amoureuse

De beaux habits ; puis donne à la fileose

Maison des champs, et puis à la bidron

Qélier rempli de vin, je db très^mi.

Le peuple sot approuve le pertag» :

AloA, alors perolt notre homme sage,

rentoids Ésope, et tous lui parle ainsi :

M Quoi donc, Messieurs, dans cette ville-d

Nul avocat n*a la vue asaes claire

Pour découvrir le cas du testament?

Pour Dieu pourtant, ce n'est point une aflaire

De grand travail; on peut &c3ement

Le démêler. » Le pe^^le s'en étonne.

Tout ébahi le prie à jointes mains

D'interpréter ce que le père ordonne.

■ Tous vos savants ont fait des efforts vains

Pour l'expliquer, dit lors notre homme habile ,

Vous ailes voir s'il est fort difficile.

Donnes, dit-il, le vin à celle-là

Qui vent filer, et puis donnes à odle

Qui boit très bien habits et tout ceb

Dont on se sert pour parer damoisdb;

Vignes et champs donncm à la beUe.

Mab TOUS dires : qn*arrive-t-il de U?

Écoutes donc : nuUe dans ce partage

Ne trouvera qu'il soit à son désir;

Elles vendront, pour avoir bur plaisir.

Les biens reçus de toni cet héritage.

J. ns LA FoiTAm. i tp

45o FABLES.

▼où Toyei donc que ptr ce Mol OMycn Pm ium alors joniim de ion bien} Que snr le Tente die prendn le tomme Qn*à le mamin chacnne d'cilei doit. »

Lon noe doctcnit forent montfét en doîgi; Éaope lenl fnt appelé grand liomme.

(ÛKttfVWi dû Matuieur ***, contenatU piutUurt fabUg tt Ésope muses en 90rs*, Paris, Cl. Barbin, 1670, inpis, fahle xxu, p. i3S*i4oO

Xin. — Page 198.

(livre m, fable i.)

La oonnoiiMnoe qii*annt eue Racan atec M. de Mallicflie éUM lorfqa*îl étoit page de la diambre ches M. de Bell^garde, a^é am plot de dix-eept ans; c'est pourquoi il respectoit tooîoiin M. de MaUMriie oomme son père» et M. de IftaJherbe TÎTcnt aTec hi coflBine aveo son fils. Gda donna sujet à Raoan, à son retour de Calaîsy oà il fut porter les anses en sortant de page, de dfmandrr aTÎs à M. de Malherbe de qndle sorte il se deroit oondnire dans le monde, et lui fit la déduction de quatre ou cinq sortes de fie qn*il pouToit faire. La première et la plus honorable étoit de sÛTre les annes ; mais d*autant qu'il n*y aroit alors point de guerre qu'en Suède ou en Hongrie, il n'aroit pas moyen de la chercher si hnn, à moins que de vendre tout son bien pour &ire son équipage et les frais de son Toyage.

La seconde étoit de demeurer dans Paris pour liquider ses af«> faiies, qui étoient fort brouillées, et celle-là lui plaisoit le moÎDs.

La troisième étoit de se marier, sur la créance qu'il avoit de trou* Ter un bon parti dans l'espérance que l'on auroit de la de Mme de Bellegarde, qui ne lui pouroit manquer : à cela, il dij que cette succession seroit peut-être longue à venir, et que cependant, épousant une femme qui l'obligcroit, si elle étoit de manvmise humeur il seroit contraint d'en souffrir.

n lui proposoit aussi de se retirer aux champs à faire petit pot : ce qui n'eût pas été séant à un homme de son âge, et ce n'e&t pas aussi été vivre selon sa condition.

I . Ces OEupres anonymat, dit Branat, dans le JVnwrel dW Ukrmrê (toaae Vf, col. i65), tont attriboées à Sainfe^Uaa, abbé de Sainb-Ui

APPENDICE. 45i

Sur tontes wt propotitions dont Racan lui demandolt conseil, M. de Malherbe, an lien de lui répoudre directement à sa demande, commença par une fable en ces mots :

c n y avoit, dit-il, un bonhomme, Âgé d'enyiron cinquante ans, qui aroit un fils qui n*en aroit que treize ou quatorze. Ils n*aToient, pour tous deux, qn*un petit Ane pour les porter en un long royage qn*ib entreprenoient. Le premier qui monta sur l'âne, ce fut le père ; mais après deux on trois lieues de chemin, le fils commençant à se lasser, il le sniTÎt à pied de loin, et arec beaucoup de peine, ce qui donna sujet à ceux qui les Toyoient passer de dire que ce bonhomme aToit tort de laisser aller à pied eet enfant qui étoit encore jeune, et qu'il cAt mienx porté cette fatigue-là que lui. Le bonhomme mit donc son fils sor l*Ane et se mit à le sninv à pied. Gela fut encore trouré étrange par ceux qui les Tirent, lesquels disoient que ce fils étoit bien ingrat et de mandais naturel, d'aller sur l'Ane et de laisser aller son père à pied« Ils s'aTisèrent donc de monter tons deux sur l'Ane, et alors on y trouToit encore à dire : t Ib sont bien cmels, disoient < les passants, de monter ainsi tous deux sur cette panure petite c bète, qui à peine seroit suffisante d'en porter un seul, s Gomme ils eurent oui cela, ils descendirent tons deux de dessus l'Ane et le touchèrent derant eux. Genx qui les Toyoient aller de cette sorte se moquoient d'eux d'aller à pied, se ponrant soulager d'aller l'un on l'autre sur le petit Ane. Ainsi ils ne surent jamais aller au gré de tout le monde ; c'est pourquoi ils se résolurent de faire à leur to* lonté, et laisser au monde la liberté d'en juger A sa fantaisie. Faitesen de même, dit M. de Malherbe A Racan pour tonte conclusion ; car quoi que tous puissiez fidre, tous ne serez jamais généralement approuTé de tout le monde, et l'on trouTera toujours A redire en Totre conduite, s

(Extrait de la Fie Je MaUterbe^ par Racan, tome I des Œuvres de Malherèe^ édition de M. Lalanne, p. lxxxi et lxxxit.)

Robert (tome I, p. x68) cite cet élégant résumé, extrait de la Fie de Malherie, de Caramud : Erant senex^puer et equus. Si neuter equitat^ rident homines; si uterque^ acclamants si puer soluSf senis imprudeU" tiam ; si senex solus,patris incUmentiam accusant; et incriminantur quid-^ quid fieret.

«Sa FABLES.

XIY. — Page ao5.

(Ii?re m, fable ii.)

Pimcuk igUur ormtarem ùd pUhem miiti MêiumUtm jjgriffmmy fi dum wmmf ei, fmod mdû oritutdtu ^rmi, pkêi emnam, ts mtromimu ■ €m»U^^ pfùeo Ùlo Heernéi et karrido modo, mUkii aiiad yam koe mr» rtuse fertur: c Tempore quo m homme non, ut marne, ommm m Mmm eomentie^ani^ aed singulU memiris nmm euique eamsUium, tma mm fiterai^ indlgmÊias relifumt paries tim ewm, euo iakore me mauUno fontri omnia qumrig çentrem in metSo quietum, nUui mUad qnom Jetk pobiptaiibut fnU, Conipimste inde, ne manat nd oê eihtÊm fenmty me ot moeiperet de^um, née dentés eonfcerent : hne irm daan eentnm feme damnre peiient, ipseï mna memèm ioinmque oorpus ad estremam tehm penisse, Inde apparmsse feniris qnoque hmd segno mùnUterimn esses esc magis nU, qnmm edere eum, reddentem m omnes eorporit partes ktme ^ aivimiu pigemusque, dipisum pariter in penas, mataram eoafeete eikot eangmnem. > Coa^arando kmc qmam iniestina eorporis sediiio sisààs esset irtspiehis in Patres, fUjùste mentes kominumn (Tnm Livi» livre II, ohapilrt iixii.)

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