A la page déjà citée de ses Mémoires
4. Ibidem, -— Boileau, dans la Dissertation^ dont il va être ques* tion, dit cent pistoles.
5. y oyezV Histoire de la vie et des ouvrages de Molière par Taschereau (5« édition), p. i3o. a M. de Bouillon, y est-il dit, était mort secrétaire de Movsnua. o II eût mieux valu dire : « de feu Movsmua. > On pourrait croire quUi sVgit du frère de Louis XIV, d'autant plus que Taschereau continue ainsi : « en cette qualité, il aTait été à même de rendre plus d'un service à Molière et à sa troupe. Il n'était probablement pas étranger aux nombreux témoignages d'intérêt.... que le prince, leur patron, leur aTait prodigués. » Cela ne semblerait-il pas s'appliquer à Philippe de France plutôt qu'à Gaston? Celui-ci toutefois arait entretenu et protégé la troupe de rillustre Théâtre. Voyez les Recherches sur Molière^ par Eud. Soulié, p. 89.
SUR LA FONTAINE. i.xxxiii
avait qui prëtendaïait tanir ^gale leur balanee dMaigneiue entre ses vers très-plats et les vars charmants de la Fontaine. « Il est à craindre, disait'le JoiirnoL des Saponfs^^ qu'il n'arrive à ces deux pièces la même chose qui est arrivée à ces deux sonnets qui divisèrent le Parnasse en deux facticms ai célèbres sous les noms de Jobelins et d'Uranins. Car étant examinés de plus près, ils perdirent beaucoup de leur prix et de leur estime. » Quelle judicieuse impartialité! SoUeau ne l'entendait pas ainsi. Non content de montrer qu'il n'y avait nulle comparaison entre les deux oQvrages, il déclara celui de la Fontaine eicellent, malgré quelques o^Kgences, et supérieur même au modèle italien* Sa Disseruuion fut imprimée, pour la première fois, eo 1669 sealem^U, dans une édition des Omte$ 4â la Fontaine^ publiée à lieyde*; mail il est évident qu'elle avait été écrite et répandue par des oopies, dès le temps où la nouvelle de la Fontaine venait de paraître; car Boileau nous y a|^>rend que la gageure attendait encore des arbitres. Une les nomme pas; mais c'étaient, dit41« a troia des (dus galants hommes de France. »
Outre l'appréciation littéraire, ee que la Dissenaihn a de remarquable, c'est que son auteur ne partit voir dans la Noo^ velle qu'une narration fleurie et eajouée, dont k naïveté inimitable lui rappelle Horace et Térenoe, sans qu'il ait un mot de blâme pour le caractère licencieux de l'ouvrage. Nous ne cherchons pas pour la Fontaine une autorité qui le justifie; mais le silence de Boileau sur la question morale ne fait41 paa oompiendre comment notne poète n'eut pas la crainte de trop choquer et scandaliser son éfrâque? Ce silène indulgent étonr* nerait ches un sage', si l'on oubliait qu'alors on était habitué à passer aux rimeors de grandes légèretés. Ne donnons paa cependant à Ooileatt un brevet de sagesse antidafté. Dans soa
I. Ces pelits articles da »6 janvier j66$ ont été attribués à Denis deSallo, le fondateur du Journal, Quelques-uos pensent qu^ils pourraient bien être de Chapelain, un de ses collaborateurs.
a. Voyez les OEuvres de Boileau^ édition de Berriat-^aint-Prix, tome I, p. cxxxYin, et tome III, p. 3, note s.
3. Boileau, il est Trai, n'avoua pas publiquement son petit écrit, qui a été inséré, pour la première fois, dans ses Œuvres^ par Brossette.
Lxxziv NOTICE BIOGRAPHIQUE
An poétique^ il n'a pas été doux pour les auteurs qui, déser^ teurs infâmes de l'honneur dans leurs vers,
Aux jeux de leurs lecteurs rendent le yice aimable ' ;
et Brossette a même cru qu'il avait dirige ces traits impitoyables contre les contes de la Fontaine. Pour que nous l'admettions, ses expressions sont trop injurieuses. Il est clair toutefois qu'alors il devait voir Joconde et tous les Canies d'un œil plus sévère. Mais, assez jeune en i665, il n'était pas encore l'austère moraliste qu'il fut plus tard, et, quelque temps, comme Racine, il burla plus ou moins avec les loups.
Dans son court Avertissement de la première des éditions de i665, la Fontaine ne s'inquiète, comme Boileau, que de la question littéraire. Il fait observer que 'ses deux nouvelles sont d'un style bien différent; que dans la seconde seulement, dans celle qui est tirée de Boccace, il a cherché les grâces du vieux langage; qu'il a tenté ainsi « deux voies, sans être certain laquelle est la bonne, » et qu'il attend de connaître le sentiment de ses lecteurs. Il n'a depuis renoncé ni à l'une ni à l'autre voie, et, les voyant bonnes toutes deux, il les a, tour à tour, laissé prendre à sa muse de conteur.
Lorsqu'il fit cette publication de deux premiers contes, comme un essai qui tâterait le goût du public, ce n'étaient pas les seuls qu'il eût déjà composés. U reconnut bientôt qu'il pouvait faire imprimer ce qu'il avait gardé dans son portefeuille, ou, comme il disait, en son cabinet; car « ces bagatelles i» avaient eu du succès, et l'on « étoit en train d'y prendre plaisir. » U ne fallait donc pas laisser refroidir la curiosité de voir la suite, qui était « encore en son premier feu. 3» Nous savons cela paria préface de la seconde édition, publiée, comme la première, sous la date de 166S et qui avait été achevée d'imprimer dès le 10 janvier de cette année, c'est-à-dire bien peu de temps après la publication de la première. Cette seconde édition contient dix contes, par conséquent huit nouveaux. Pour grossir le petit volume, il tira de ses papiers une imitatioa des Arrêts d'amour^ de Martial d'Auvergne, et un fragment du Songe de Faux sur les amours de Mars et de Vénus.