‹ Œuvres de P.L. TchebychefChapitre 58 sur 374 · I. RéfUxioHë sur la poésie^ chapitre t, article ii · texte numérisé non relu

I. RéfUxioHë sur la poésie^ chapitre t, article ii

txzzTi NOTICE BIOGRAPHIQUE

simpfiohë judqa'h croire que de pareils écrits n'a-^ent rien de dattgerenx. i» Une faiblesse d'auteur pouvait aider beauooup à l'illusion de la Fontaine. Il tenait fort à ses Qmtes et n'ignorait pas leur mérite, eonune oeuvre littéraire. Nous sa-> vons, par un intéressant passage d'une lettre de Maucroiz^, quelle opinion il en avait t « Je puis.... vous assurer en général qu'il regardbit ses Fables comme le meilleur de ses ouvrages. Il disoit pourtant qu'il y avoit quelquefois plus d'esprit dans les poésies qui lui ont fait verser des larmes sur la fin de ses jours. » Perrault, admirateur du style des Contes^ qui sont « de la môme force, » disait-il, que les Fablei^ en regrettait la licence, mais savait gré au poète du voile dont il l'a cou* verte : « Les images de l'amour y sont si vives qu'il y a peu de lectures plus dangereuses pour la jeunesse, quoique per* sonne n'ait jamais parlé plus honnêtement des choses déshon<^ nêtes*. » Qui pourrait trouver trop compromettant de se ranger à l'avis de Louis Racine et de Perrault? Il faut seulement n'en rien retrancher et maintenir les distinctions et réserves, que leurs justes scrupules ne pouvaient manquer de faire.

Qu'on le juge plus ou moins cdUpable, la Fonuine était en veine de contes. A la première partie une seconde succéda rapidement, publiée che£ Barbîn, en 1666', imprimée dès le ai janvier. Dans une nouvelle préface, le poète se proposa de justifier ses hardiesses et ses licences .* lesquelles? des licences de rimes et d'hiatus, permises, pensait^il, dans ce genre de poésies^ qu'une affectation de beauté plus régulière aurait rendues moins attrayantes et piquantes. Il défendait, en même temps, la liberté qu'il avait prise de tailler dans le bien d^autrui, retranchant, amplifiant. De la légèreté de ses nouvelles il ne s'excusait plus; et cependant il annonçait que c'étaient les derniers ouvrages de cette nature qui partiraient de ses mains. Rien n'indique

X. Haucroix^ QKupres diverses^ tome II, p. i33. -» Cette lettre du 3o mars 1704 est adressée au Père de la compagnie de Jésus que nous avons dit (p. xyi, note 5) être probablement d*01iTet.

a. tes Hommes illustres^ tome I, p. 84.

3. Elle porte, par erreur, le millésime de 1646. Une réimpression en fut publiée ches Billaine (i667)<

SUR LA FONTAINE. lzxxtii

qa'3 loi ftt Tenn ancoBe inqoiëtude de OMUcienoe; mais 0 avait To une autre route à suivre; il est certain même qu'il avait oommenoë dès lors k s'y engager.

Cette route paraissait toute voisine : elle ëtait réeUement très-diffërsDte et bien meilleure. Cest elle qui l'a oonduit à une gloire impérissable. Elle ne défendait pas^ comme l'autre, à rhonnête pudeur d'approcher; et de plus elle appartenait à un art bien supérieur. Sans être fermée aux grâces négligées, elle était ouverte à une poésie ph» riche, où brilleraient les couleurs les plus variées de l'imagination. La pensée que la Fontaine avait conçue était celle de son ample comédie à eem meîes devers^. Un privilège lui fut donné pour ses Fablet^ le 6 juin 1667. Il devait donc y travailler dès le temps où furent imprimés ses premiers contes, peut-être même plus tôt. Les six premiers livres àM Fables^ furent publiés en 1668; Ta* chevé d'imprimer est du 3 1 mars.

Mais avant d'aller au delà de cette époque décisive dans la vie littéraire de notre poète, revenons un peu en arrière; cari en nous arrêtant sur les œuvres des années qui ont suivi son voyage avec Jannart, nous avons différé de dire queb faits de sa vie, en dehors de ces publications, ont, è notre oonnai»sance, rempli les mêmes années.

Nous avions laissé la Fontaine de retour à Ghftteau*Thierry| pms bientôt à Paris, où la duchesse de Bouillon, nous a-t-on dit, l'avait ramené. De quelque manière qu'il y fût revenu, ce fut là certainement, non en Champagne, qu'il fit les plus longs séjours, de 1664 à t668 : le soin de l'impression de ses ouvra* ges, dont nous avons donné les dates, y exigeait sa présence» 11 y était le t4 juillet 16649 lorsqu'il prêta serment coomie gentilhomme servant de la duchesse douairière d'Orléans. Son brevet, signé de cette princesse, est daté du 8 juillet précédent.

Il n'y avait pas à confondre ici la veuve de Gaston avec cette plus jeune Madame du même temps, cette Henriette d'Angleterre, que la Fontaine avait chantée dans une de ses

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