Colin et Jules Guérin. (Notes de l'Édition
MALADIES V I R U L ENTES
ques jours? C’est la question suivante que j’aurais dû leur faire : Oseriez-vous, dans l’état que j’indique, inoculer à cette femme le virus varioleux? C’est là ce que nous avons fait sur cette brebis, à notre insu, puisque le vétérinaire lui-même ignorait son état. Je suppose que vous vacciniez 25 enfants; oseriez -vous un mois, six mois, un an après, leur communiquer le virus varioleux de la variole la plus virulente?
M. Depaul : Parfaitement, celui de la variole confluente, si vous voulez.
M. Blot : Mais les enfants ne sont pas des bêtes.
M. Pasteur : Quelle imprudence! Mes travaux récents sur les virusvaccins ne vous ont-ils pas appris que, après avoir vacciné, vous ne pouvez rien connaître de la durée de l’immunité, et je suis persuadé que très rarement vous vaccinez au maximum. Mais j’en appelle aux souvenirs de tous nos collègues! M. Brouardel pourrait vous dire le fait que j’ai cité à l’Académie, d’une femme qui eut trois fois la variole confluente, dans les intervalles des vaccinations qu’elle avait subies, et avec succès (*).
M. Noël Guéxeau de Mussy : J’ai vu une femme qui a eu la vari oie trois fois en un an.
M. Blot : Dans mon Rapport sur la vaccination obligatoire, j’ai cité un infirmier qui était dans le même cas. Il faut aussi tenir compte de la réceptivité.
M. Pasteur : Vous voyez donc bien toute la supériorité du virus charbonneux sur le vaccin humain, puisqu’il permet des degrés de virulence, des atténuations expérimentalement démontrées et une régénération facile; en résumé, une certitude d’action que l’autre ne possède en aucune manière.
AI. Depaul : ... Nous avons ici mèm-e, dans cette Académie, il y a quelques mois, nettement démontré qu’un fœtus ne pouvait infecter sa mère, tant que les membranes restent intactes. Ce n’est donc pas cet agneau (pii a pu être cause de la mort de la brebis.
M. Pasteur : Je le répète, M. Rossignol pourra répondre sur ce point ("2). J’ai déjà dit que le foetus n’était pas putréfié. Lorsqu’on pratique des inoculations de virus très virulents ou bien aussi de virus atté-
1. Voir, page 303 du présent volume, note 4. ( Notes de l'Édition.)