‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 157 sur 299 · DISCUSSION SUR LA PESTE EN ORIENT · texte numérisé non relu

DISCUSSION SUR LA PESTE EN ORIENT

M. Pasteur (2) : J’avais résolu de ne jamais prendre la parole devant cette Académie, quand je n’aurais pas à lui présenter des faits positifs et démontrés. Je lui demande donc pardon si, provoqué par les savantes observations de mon confrère M. Marey (1 2 3), je vais parler de ce que j’ignore. Mon excuse est que je suis un de ceux qui croient à la théorie des germes dans les maladies contagieuses. J’y crois, parce que jusqu’ici, ayant étudié plusieurs d’entre elles, j’ai acquis la preuve indiscutable qu’elles relèvent exclusivement de la présence et du développement d’organismes microscopiques. Dès lors, j’ai sur la peste des impressions et des desiderata d’étude que je prends la liberté de communiquer à l’Académie.

Si j’étais appelé a aller étudier la peste là où elle règne, je supposerais tout d’abord, parce qu’au début de toute recherche il faut avoir une idée préconçue pour guide, que la peste est due à la présence et au développement, chez l’homme, d’un microphyte ou d’un microzoaire. Partant de là, je m’occuperais exclusivement de la culture du sang et des diverses humeurs du corps, sang ou humeurs prélevés à la fin de la vie, ou aussitôt après la mort, dans le but et avec l’espoir d’isoler et de purifier l’organisme infectieux, dans le but surtout de 1 obtenir dans un milieu de culture dégagé de toute association quelconque avec les produits connus ou inconnus, vivants ou morts, que l’imagination la plus féconde pourrait supposer exister en sa compagnie dans la gouttelette d’ensemencement de la première culture. L’analyse des lieux dits infectés, l’analyse chimique du sang des malades, l’analyse microscopique elle-même de ce sang, ne peuvent

1. Bulletin de V Académie de médecine , 2' sér., VI tl, séance du 4 mars 1879, p. 176-182. — Ont pris part à la discussion dans cette séance : Marey, Faijvel, Bouilt.aud, Pasteur, J. Rochard.

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