‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 168 sur 299 · Voir p. 542 du présent volume. (Note de l’Édition · texte numérisé non relu

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devant celle illustre Compagnie la mémoire de ce vaillant jeune homme, dont la mort est une vraie perte pour la science.

Louis Thuillier était entré clans mon laboratoire après avoir obtenu le premier rang au concours d’agrégation des sciences physiques, à sa sortie de l’Ecole Normale.

C’était une nature profondément méditative et silencieuse. Une nulle énergie se dégageait de sa personne; elle a frappé tous ceux qui l’ont connu. D’un labeur infatigable, il était prêt pour tous les dévouements. A la lin de l’année 1881, il accepta d’aller passer six semaines en Hongrie pour y répéter, à la demande du gouvernement de ce pays, l’expérience de Pouilly-le-l’ort sur la vaccination charbonneuse (' . En 1882, il dirigea en Allemagne, sous les auspices du ministère de l’agriculture de Prusse, une expérience semblable (1 2). Ses qualités furent appréciées de telle sorte que le ministre demanda et obtint pour lui la croix de chevalier de la Couronne de Prusse.

Lorsque l’occasion se présenta d’aller étudier le choléra en Egypte, il était à la veille de partir pour le gouvernement de Toula, situé au centre de la Russie. Le prince Ouroussof, sous-gouverneur de la province, m’avait demandé un de mes collaborateurs pour faire des études sur la peste bovine, fléau si désastreux dans le vaste empire russe.

Au mois de mars 1882, je lui proposai d’aller étudier le rouget du porc dans une localité du département de la Vienne, où cette maladie faisait alors de grands ravages. Il s’y rendit aussitôt.

Dès les premières lettres ' que je reçus de lui, de la commune du Peux, dans le département de la Vienne, il devint évident qu’il avait reconnu, dans le sang et les humeurs des porcs morts, un microbe nouveau qui semblait devoir être l’auteur de la maladie. Ce microbe avait échappé à l’observation du Dr Klein, de Londres, au cours d’un long et remarquable travail d’autopsies et d’expériences, publié, trois ans auparavant, dans le Recueil de l’office sanitaire anglais (3). Le IV Klein avait signalé qu’un microbe était l’auteur du mal, mais en commettant une erreur; car le microbe qu’il a décrit n’est pour rien dans la cause du rouget. Thuillier, par son observation, avait levé la difficulté principale de la connaissance de la maladie du porc. La vérité historique, toutefois, m’oblige à déclarer qu’en 1882, et également au

1. Thuillier (A.). La vaccination charbonneuse en Hongrie, méthode expérimentale et empirisme. Tribune médicale, XIV, 1882, p. 788-785.

2. Voir C.hambehlani). Le charbon et la vaccination charbonneuse. Paris, 1883, p. 205-221) : Rapports de Thuillier sur les expériences il’ Autriche-Hongrie (Kapuvar) et les expériences d'Allemagne Packisch .

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