I. I'oiV p. 87-52 du prAsoul, voluiuo
il. Uulletin (/s l'Amdthnie de niddevine, sAuiu’.u du fl) mars 1870, 2» sér., IV, p, 858-8S4. — Ont pris ta parole dans ootto hAuihio ; Coi, in (p. 860-080) ni Pastiiiuu (p. 880-884). (Notes de l'Édition.)
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amplement. C’est en effet une dissertation que vient de faire M. Colin, dans laquelle je ne trouve aucun fait nouveau, mais seulement des interprétations sur des faits acquis. Je me trompe. A propos des urines ammoniacales, M. Colin signale une observation qui lui paraît être un argument sérieux. 11 a injecté de l’urine trouble fermentée dans la vessie d’une vache, et il a constaté, dit-il, que les jours suivants la vache ne rendait pas des urines ammoniacales.
Quelles conséquences peut-on déduire d’un pareil fait ? Je demanderai d’abord à M. Colin si la vache n’a pas rendu tout ce qui a été injecté par les premières urines qu’elle a émises à la suite de l'injection. Et puis, les vaches sont-elles susceptibles d’avoir l’affection des urines ammoniacales ? En outre, les urines deviennent-elles jamais ammoniacales lorsqu’il n’y a pas une lésion préalable quelconque de la muqueuse vésicale ? Toutes ces questions sont liées au fait que vient de présenter M. Colin et auraient dû faire de sa part un objet d’études ; autrement le résultat de sa tentative ne saurait avoir une signification quelconque.
M. Colin nous dit qu'il a de la peine à comprendre une fermentation ammoniacale dans la vessie, et il rappelle les opinions émises en 1874 devant cette Académie, notamment par M. Dumas, dont il serait heureux, sans doute, d invoquer la grande autorité, afin de mieux se défendre. Faut-il donc que je rappelle encore une fois ce qui s’est passé à propos de la discussion sur les urines ammoniacales ?
En 1874, à la suite d’une Note, communiquée à l’Académie des sciences par M. Bouley, au nom de M. Gosselin, et relative aux urines ammoniacales, j’ai fait observer simplement « qu il y aurait une grande utilité à rechercher si, dans tous les cas, ou dans des cas particuliers, la qualité ammoniacale de l’urine par la présence du carbonate d ammoniaque n’est pas liée à l’existence du ferment ammoniacal de 1 urée... (*) « Voilà mes propres expressions. J’ai reproduit cette question devant l’Académie de médecine (2), en ne cachant pas, il est vrai, que j étais disposé à croire que le fait était général. M. Dumas et M. Bussy (3|, au contraire, parurent avoir quelque peine a admettre que, dans 1 économie, l’urée ne puisse se transformer par des actions chimiques analogues à celles qu’elle subit dans nos laboratoires sous 1 influence des acides, des alcalis, ou même de 1 eau seule à une température
1. Voir p. 71-72 du présent volume : Observations à l'occasion de la Note de MM. Gosselin et A. Robin.
2 et 3. Voir p. 72-76 du présent volume : Communications sur les urines ammoniacales. (Notes de l'Édition.)
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supérieure à 100°. Il n'y avait cri tout ceci, de part el d’autre, que des idées préconçues.
Mais des faits nouveaux se sont produits depuis cette époque. .)<• me suis mis en campagne pour examiner des urines ammoniacales, et M. Gosselin de son côté a poursuivi ses recherches dans cette direction nouvelle. On a recueilli d’anciennes observations déjà publiées. Mb bien ! qu’est-il arrivé ? Sonl-ce les prévisions de MM. Dumas et Bussy ou les miennes qui se sont réalisées? Ignorez-vous donc que, a l’heure présente, il n’y a pas un seul exemple d’une urine ammoniacale où l’on n’ait trouvé des organismes, el notamment le petit ferment ammoniacal de l’urée figuré pour la première fois dans mon Mémoire sur les gémirai ions dites spontanées, de l’année 18(i2 (*)? Ignorez-vous donc qu’il n’y a pas un seul exemple, au contraire, favorable aux idées préconçues de MM. Dumas et Bussy ? Mais demain ne trouvera-t-on pas une réaction chimique de l’économie qui transformera l’urée en carbonate d’ammoniaque ? je n’en sais rien. Si vous voulez venir annoncer à l’Académie celte découverte, je serai le premier à m’en réjouir, parce que vous aurez augmenté la somme des connaissances scientifiques. Jusque-là je suis bien obligé de constater que c’est moi qui ai raison et que c’est vous qui avez tort.
Je |iasse maintenant à la question de la putréfaction dans les œufs. A quoi bon tant de discours ? Il y a ici deux observations capitales que, selon moi, M. ( layon a mises hors de doute (2) : 1° tous les œufs ne se putréfient pas à la longue, et quelle que soit la température; 2° tous les œufs pourris contiennent des organismes microscopiques capables de se reproduire, et bien vivants par conséquent.
M. Colin nie ces deux faits ; pour moi, eu m’appuyant sur les études de M. Gayon, je les affirme. One faire? sinon d’attendre des observations nouvelles qui diront de quel côté est la vérité.
Ces observations, je voudrais pouvoir assurer que la science les attend de M. Colin lui-méme. Un jour viendra où, devant celle Académie, je rappellerai la discussion d’aujourd’hui, nous verrons alors lequel de nous est dans l’erreur. Pour moi, je n’ai aucun doute que M. Colin nous dira alors: c’est vrai, je m’étais trompé; oui, tous les œufs ne se putréfient pas; oui, tous les œufs putréfiés renferment des organismes parfaitement vivants, et j’ai eu tort de les appeler des corpuscules mouvants dépourvus de toute vitalité.
1. Voir, p. 210-294, tome 11 des (Eovnns j>e Pasteur : Mémoire sur les corpuscules organisés qui existent dans l’atmosphère. Examen do la doctrine dos générations spontanées. 2 Gayon (U.). Loc. rit. (Notes de l'Édition.)
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Je ne comprends vraiment pas que M. Colin cite comme un argument les observations microscopiques négatives qu’il a faites sur des œufs après la ponte. Jadis, devant la Commission académique, où j’avais convié MM. Eouchet et Joly (*), ces messieurs demandèrent qu’on se transportât dans une brasserie, que là on filtrerait avec tous les soins possibles un litre de moût de bière, qu’ensuite ce litre de moût serait examiné au microscope pour y chercher une cellule de levûre. Quoi de moins sérieux qu’une semblable question? 11 faudrait plusieurs fois la vie d’un homme, l’œil sans cesse attaché au microscope, pour faire une pareille observation.
C’est une observation tout à fait du même ordre qu’invoque M. Colin.
M. Colin m’interrompt pour me dire : « Mais il s agit d’un œuf d’oiseau bien moins gros qu’un œuf de poule, pour lequel l’observation par conséquent est plus facile à faire. »
Comment vous est-il possible de croire que vous pourriez examiner au microscope toutes les parcelles d’un œuf, quelque petit qu’il fut, et affirmer que vous n’y avez pas trouvé une seule bactérie, et que, par conséquenl, après la ponte il n’v en a jamais le moindre germe? Comment même pourriez-vous l’affirmer pour l’observation d’une seule goutte de liquide ? Où trouverez-vous la preuve que vous avez observé rigoureusement tous les points d’une lamelle de 2 ou 3 centimètres carrés de surface, et que le microscope allonge en diamètre de 4, 5 et 600 fois? Et puis, vous ne vous rappelez donc pas que vous prétendez qu’il n’y a ni bactéries ni vibrions dans les œufs pourris, alors même qu’on vous montre ces organismes par milliers dans chaque champ du microscope ?
J’aurais beaucoup d’autres remarques critiques à faire au sujet de la Communication de M. Colin, mais le temps me presse.
Je veux employer les deux minutes qui me restent a faire remarquer que M. Colin a bien mal rendu compte de l’une des observations de M. Gayon. M. Colin nous a dit, en effet, qu’il ne comprenait pas que M. Gayon, ayant fait passer une portion du contenu de vingt œufs dans des tubes en communication avec l’air, aucun de ces tubes n’ait montré d’altération ; mais M. Colin s’est gardé d’ajouter qu’il s’agit ici d’une série d’œufs déjà éprouvés pendant plus d’un mois à une température de 2o° ! M. Gayon dit, en effet, textuellement . « Que les mélanges de blanc et de jaune provenaient d’œufs restés sains pendant plus d’un mois à 25°, et dans lesquels par conséquent il ne
1. Voir , à ce sujet, p. 325-327, tome II des Œuvres de Pasteur. (Note de l'Édition.)
devait pas exister d’organismes, car sans cela ils se fussent gâtés depuis plusieurs jours. # ( Voir page 50 du Mémoire.)
A cette même page, M. Gayon cite une expérience faite avec le blanc de dix œufs frais, non éprouvés pour leur sanité. Les dix tubes, où une portion des blancs a été introduite, sont restés intacts. Puisque, parmi les œufs, beaucoup ne s’altèrent pas, pourquoi le hasard ne fournirait-il pas dix œufs sains dans une expérience donnée ? bt puis M. Gayon fait très judicieusement observer que, dans ce genre d’expériences, la proportion des œufs qui se gâtent doit diminuer; « car, dit-il, pour obtenir l’altération d’une portion de blanc d’un œuf irais transporté dans un tube, il faut avoir la chance de recueillir, en même temps que la matière de l’œuf, un ou plusieurs des germes qu’il porte en lui. Comme les organismes renfermés dans l’œuf au moment de la ponte sont rares, et déposés vraisemblablement dans 1 épaisseur des membranes ou dans le blanc tout près de celles-ci, on conçoit qu une prise faite sur une partie seulement du contenu, en traversant un seul point de la membrane, se conserve très bien, tandis que toute la masse de l’œuf maintenue au contact de tous les points delà membrane se serait altérée en peu de temps. »
Je termine en faisant observer que je ne comprends rien à tout ce que M. Colin vient de nous lire au sujet de la fermentation dans les fruits. Mon étonnement sera partagé par toutes les personnes qui connaissent le sujet.