L. Pasteur
[HOMMAGE A L’ACADÉMIE DES SCIENCES DU RAPPORT DU IV BROUARDEL SUR SA MISSION EN ESPAGNE] ■)
J'ai l’honneur de déposer sur le bureau de l’Académie et de lui faire hommage, au nom de M. le Dr Brouardel, du Rapport que cet éminent hygiéniste a lu mardi dernier à l’Académie de médecine (2).
Si le Dl Ferran a trouvé le moyen de préserver l’homme du choléra, il n’est nul besoin pour lui de la signature d’un ministre; l’humanité tout entière deviendra la garante du prix moral et matériel de sa découverte. S’obstiner à ne pas le comprendre serait autoriser tous les soupçons, et c’est ce qui a eu lieu à la suite des réponses faites à nos missionnaires en Espagne. Le D1' Ferran veut sortir de cette situation. La nouvelle Note du médecin espagnol, que M. le Secrétaire perpétuel vient de lire à l’Académie, en est le témoignage. M. le D1' Brouardel sera le premier à s’en féliciter.
1. Comptes rendus de V Académie des sciences , séance du 13 juillet 1885, CI, p. 146.
2. Rapport sur les essais de vaccinations cholériques entrepris en Espagne par M. le Dr Ferran, présenté au Ministre du Commerce par MM. P. Brouardel, Charrin et Albarran. Bulletin de l' Académie de médecine, séance du 7 juillet 1885, 2e sér., XIV, p. 902-933.
Lorsque la Commission se présenta chez le Dr Ferran, celui-ci déclara : 1° Qu’il refusait défaire connaître son procédé pour obtenir l’atténuation du virus cholérique; 2° qu'il autorisait la Commission à examiner, dans son laboratoire, son liquide vaccinal, mais qu’il s’opposait à ce qu’une seule goutte en sortit et fût emportée au dehors : il tenait à conserver son secret.
A la suite de la publication du Rapport de Brouardel, le Dr Ferran consentit à révéler son procédé dans une Note adressée à l'Académie des sciences : Ferran (J.). Sur la prophylaxie du choléra au moyen d’injections hypodermiques de cultures pures du bacille-virgule. Note. Comptes rendus de V Académie des sciences, séance du 13 juillet 1885, CI, p. 147-149. (Note de l'Édition.)