‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 194 sur 299 · MA LA DI LS VI KUL K NT K S · texte numérisé non relu

MA LA DI LS VI KUL K NT K S

des fragments de potasse déposés sur le fond du vase, on suspend, chaque jour, un bout de moelle rabique fraîche de lapin mort de rage, rage développée après sept jours d’incubation. Chaque jour également, on inocule sous la peau du chien une pleine seringue Pravaz de bouillon stérilisé, dans lequel on a délayé un petit fragment d’une de ces moelles en dessiccation, en commençant par une moelle d’un numéro fisse/, éloigné du jour où l’on opère, pour être bien sûr que cette moelle n’est pas du tout virulente. Des expériences préalables ont éclairé a cet égard. Les jours suivants, on opère de même avec des moelles plus récentes, séparées par un intervalle de deux jours, jusqu’à ce qu’on arrive à une dernière moelle très virulente, placée depuis un jour ou deux seulement en flacon.

Le chien est alors rendu réfractaire à la rage. On peut lui inoculer du virus rabique sous la peau ou même à la surface du cerveau par trépanation sans que la rage se déclare.

Par 1 application de cette méthode, j’étais arrivé à avoir cinquante chiens de tout âge et de toute race, réfractaires à la rage, sans avoir rencontré un seul insuccès, lorque, inopinément, se présentèrent dans mon laboratoire, le lundi G juillet dernier, trois personnes arrivant d’Alsace :

Théodore Voue, marchand épicier à Meissengott, près de Schlestadt, mordu au bras, le 4 juillet, par son propre chien devenu enragé;

Joseph Meister, âgé de neuf ans, mordu également le 4 juillet, à 8 heures du matin par le même chien. Cet enfant, terrassé par le chien, portait de nombreuses morsures, à la main, aux jambes, aux cuisses, quelques-unes profondes, qui rendaient même sa marche difficile. Les principales de ces morsures avaient été cautérisées, douze heures seulement après l’accident, à l’acide phénique, le 4 juillet, à 8 heures du soir, par le l)r Weber, de Ville ;

La troisième personne, qui, elle, n’avait pas été mordue, était la mère du petit Joseph Meister.

A l’autopsie du chien abattu par son maître, on avait trouvé l’estomac rempli de foin, de paille et de fragments de bois. Le chien était bien enrage. Joseph Meister avait été relevé de dessous lui couvert de bave et de sang.

M. Vone avait au bras de fortes contusions, mais il m’assura que sa chemise n’avait pas été traversée par les crocs du chien. Comme il n’y avait rien a craindre, je lui dis qu’il pouvait repartir pour l’Alsace le jour même, ce qu’il fit. Mais je gardai auprès de moi le petit Meister et sa mère.

La séance hebdomadaire de l’Académie des sciences avait précisé-

inenl lieu le G juillet; j’y vis notre confrère M. le I)r Vulpian, à qui je racontai ce qui venait de se passer. M. Vulpian, ainsi que le I)r (trancher, professeur a la faculté de médecine, eurent la complaisance de venir voir immédiatement h; petit Joseph Meister et de constater 1 état et le nombre de ses blessures. Il n’en avait pas moins de 14.

Les avis de notre savant confrère et du Dr (brancher lurent que, par l’intensité et le nombre de ses morsures, Joseph Meister était expose presque fatalement à prendre la rage. Je communiquai alors a M. V ulpian et à M. (irancher les résultats nouveaux que j’avais obtenus dans l’étude de la rage depuis la Lecture que j’avais faite à Copenhague, une année auparavant (j).

La mort de cet enfant paraissant inévitable, je me décidai, non sans de vives et cruelles inquiétudes, on doit bien le penser, a tenter sur Joseph Meister la méthode q ui m’avait cous laminent réussi sur des chiens.

Mes cinquante chiens, il est vrai, n’avaient pas été mordus avant que je détermine leur état réfractaire à la rage, mais je savais que cette circonstance pouvait être écartée de mes préoccupations, parce <[ue j’avais déjà obtenu l'état réfractaire à la rage sur un grand nombre de chiens après morsure. J’avais rendu témoins, cette année, les membres de la Commission de la rage de ce nouveau et important progrès.

En conséquence, le 6 juillet, à 8 heures du soir, soixante heures après les morsures du 4 juillet, et en présence des l)rs Vulpian et (irancher, on inocula, sous un pli fait à la peau de l’hypocondre droit du petit Meister, une demi-seringue Pravaz d’une moelle de lapin mort rabique, le 21 juin, et conservée depuis lors en flacon à air sec, c’est-àdire depuis quinze jours.

Les jours suivants des inoculations nouvelles furent faites, toujours aux hypocondres, dans les conditions dont je donne ici le tableau :

UNK mOMI-SKIUNUUE l'UAVA/.

jV

juillet

malin . . .

. . . Moelle

du 23

juin.

Moelle de

jour

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soir ....

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juillet.

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1. J Wr, }). 500-002 du présent volume : Microbes pathogènes ci vaccins. (Note de l'Edition.)

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