‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 209 sur 299 · DATE DE LA MORT · texte numérisé non relu

DATE DE LA MORT

OBSERVATIONS

Moelles de IA à (3 jours.

(Une moelle par jour.) Moelles do 14 à 5 jours.

24 septembre 1886.

Le traitement, insuffisant, n’avait produit qu’une vaccination partielle.

17 juin.

Même observation.

Moelles de 14 a 5 jours.

17 août.

Même observation

(Une moelle par jour.)

Moelles de 14 à 5 jours, puis de 10 à 3 jours.

(1 ue moelle par jour.)

17 juillet.

Il eût fallu faire trois traitements dans les

10 premiers jours, en allant jusqu’à la moelle de 2 et même de 1 jour chaque fois.

Moelles de 14 à 4 jours.

|l ne moelle par jour.)

8 septembre.

Traitement insuffisant.

Moelles de 12 à 5 jours,

16 septembre.

Vu la gravité et le nombre des morsures, il

puis de 8 a 3 jours, puis de 8 à 3 jours, puis de 3 et de 2.

(Une moelle par jour.)

eût fallu que le premier traitement ne durât que 1 ou 2 jours seulement et qu’il fût suivi par des traitements intensifs répétés.

la \ eille, nous avons fait subir un second et un troisième traitement aux seize Russes qui restaient, en allant jusqu’aux moelles les plus fiaîches, celles de quatre, de trois et de deux jours. C’est à ces traitements lépétés qu il laut attribuer, très vraisemblablement, la guérison de ces seize Russes. Une dépêche reçue ce matin du maire de Reloï m’annonce qu’ils sont toujours et tous en bonne santé.

II. Encouragé par ces résultats et par de nouvelles expériences que j’exposerai tout à l’heure, j’ai modifié le traitement en le faisant à la lois plus rapide et plus actif pour tous les cas, et plus rapide encore, plus énergique pour les morsures de la face ou pour les morsures profondes et multiples sur parties nues.

Aujourd’hui, dans le cas de blessures au visage ou à la tête et pour les blessures profondes aux membres, nous précipitons les inoculations afin d’arriver promptement aux moelles les plus fraîches.

Le premier jour, on inoculera, par exemple, les moelles de douze, de dix, de huit jours, à 11 heures, à 4 heures et à 9 heures ; le deuxième jour, les moelles de six, de quatre, de deux jours, aux mêmes heures ; le troisième jour, la moelle de un jour. Puis, le traitement est repris : le quatrième jour, par moelles de huit, de six, de quatre jours; le cinquième jour, par moelles de trois et de deux jours; le sixième jour, par moelle d’un jour; le septième jour, par moelle de quatre jours; le huitième jour, par moelle de trois jours; le neuvième jour, par moelle de deux jours; le dixième jour, par moelle d’un jour.

Oa fait ainsi trois traitements en dix jours et en conduisant chacun aux moelles les plus fraîches.

Si les morsures ne sont pas cicatrisées, si les personnes mordues ont tardé de venir au traitement, il nous arrive, après des intervalles de repos de deux à quelques jours, de reprendre de nouveau ces mêmes traitements et d’atteindre les périodes de quatre à cinq semaines qui sont les périodes dangereuses pour les enfants mordus à la face (*).

Ce mode de vaccination fonctionne pour les grièvement mordus depuis deux mois, et les résultats sont jusqu’ici très favorables. Qu’il me suffise, pour en donner la preuve, de mettre en parallèle, d’une part, les circonstances de morsure et d’inoculation des 10 enfants gravement mordus au mois d’août dernier et ayant reçu le traitement intensif, d’autre part, celles qui sont relatives à G enfants que le traitement simple n’a pas préservés.

Comme il est rare que la période dépasse, pour les enfants mordus au visage et à la tête, la durée de quatre à six semaines, j’ai la confiance que ces 10 enfants sont, dès à présent, hors des atteintes de la rage.

Ce nouveau traitement a exigé une extension du service de la rage. M. le D1' Terrillon, agrégé de la Faculté de médecine, M. le Dr Roux, sous-directeur de mon laboratoire, M. le D1 Chantemesse, médecin des hôpitaux, et M. le Dr Charrin nous ont apporté, au D1' Grancher et à moi, leur collaboration la plus dévouée.

III. Il me reste à faire connaître à l’Académie les résultats de nouvelles expériences sur les chiens.

On pouvait objecter à la pratique habituelle des vaccinations de l’homme après morsure, fondée sur la vaccination des chiens avant, morsure, que l’immunité des animaux n’avait pas été suffisamment démontrée après leur infection certaine par le virus rabique. Pour répondre à cette objection, il suffit de produire l’état réfractaire des chiens après trépanation et inoculation intracrânienne du virus de la rage des rues. La trépanation est le mode d’infection le plus certain et ses effets sont constants.

M es premières expériences sur ce point remontent au mois d’août 1885. Le succès avait été partiel. Dans le cours de ces derniers mois,

1. Pour des cas de morsures multiples très graves, le premier traitement pourrait être donné en un seul jour et répété les jours suivants. Les expériences sur les chiens autoriseraient cette pratique. En Russie, on constate de telles morsures soit par des loups, soit par des chiens.

MALADIES VIRULENTES

j’ai repris ces expériences aussitôt que le service de la rage m’en a laissé le loisir. Voici les conditions de leur réussite : la vaccination doit commencer peu de temps après l’inoculation, dès le lendemain, et l’on doit y procéder rapidement, donner la série des moelles préservatrices en vingt-quatre heures et même dans un délai moindre, puis répéter, de deux en deux heures, le traitement une ou deux fois.

Si le Dr de Frisch (4), de Vienne, a échoué dans des expériences de ce genre, cet échec est dû à la méthode de vaccination lente qu’il a adoptée. Pour réussir, il faut, je le répète, procéder rapidement, vacciner les animaux en peu d’heures, puis les revacciner. On pourrait formuler ainsi les conditions de réussite ou d’échec de ces expériences : le succès de la vaccination des animaux, après leur infection par trépanation, dépend de la rapidité et de l’intensité de la vaccination.

L’immunité conférée dans de telles conditions est la meilleure preuve de l’excellence de la méthode.

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