‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 221 sur 299 · RAPPORT · texte numérisé non relu

RAPPORT

S[ R LA LONGUE DURÉE DE LA VIE DES GERMES CHARBONNEUX ET LEUR CONSERVATION DANS LES TERRES CULTIVÉES (D

Messieurs,

Il y a quelque temps déjà, notre éminent collègue, M. Pasteur, est venu apporter à cette tribune, en son nom et au nom de MM. Chamberland et Roux (-), un fait de la plus haute importance, touchant la production et la propagation de la maladie charbonneuse. Il l’a résumé dans les propositions

De la terre recueillie au-dessus des fosses où sont enfouis des animaux charbonneux depuis plusieurs années, convenablement traitée, est susceptible de produire le charbon par inoculation. Les vers de terre sont les agents qui ramènent constamment les germes morbides de la profondeur des fosses à la superficie du sol au moyen de leurs excréments.

La révélation de ce mode de propagation du charbon avait une nouveauté particulière, parce qu il était avéré que la putréfaction détruisait la virulence charbonneuse. Aussi M. Colin a-t-il contesté tout d’abord l’exactitude de ces propositions et opposé aux résultats positifs des expériences de M. Pasteur les résultats négatifs des siennes propres.

f se réduisant a une question de fait, votre Commission n’avait

qu à assister en témoin désintéressé aux expériences de l’un et de l’autre de nos savants collègues, a constater les résultats obtenus et à vous en faire part ensuite. M. Pasteur seul s’étant mis à la disposition de la Commission, nous n avons à vous rapporter que les intéressantes expériences qu’il a réalisées sous nos veux.

Voici les conditions dans lesquelles elles ont été exécutées : M. Cagny, membre de la Société de médecine vétérinaire et M. Roboùam, vétérinaire de la ferme de Rozières, demeurant à Rully, ont été chargés de recueillir les terres destinées aux expériences. Elles ont été prises sur les fosses, visitées au mois de septembre dernier par MM. Leblanc, Robotiam et Cagny, et qui ont fourni la terre des premières expériences de M. Pasteur. Elles sont au nombre de deux : 1 une, la vieille losse, date de douze ans, et l’autre, la nouvelle fosse, ne remonte qu’à trois ans.

1. Lait au nom dune Commission composée de MM. Bouley, président, Vulpian, Davaine, Alphonse Guérin et Vili.emin, rapporteur. Bulletin de l’ Académie de médecine,

ser., X, séance du 17 mai 1881, p. 622-628.

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