Van Tieghem (Ph.). Loc. cit. (Notes de l’Édition
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lue circonstance, «ligne «l’être mentionnée, vint corroborer cette conclusion. A 1 occasion d'une Note de notre confrère M. Gosselin, laite en collaboration avec M. Albert Kobin et intitulée : Recherches sur l'urine ammoniacale , ses dangers et les moyens de s'en préserver ,
Note présentée à l’Académie dans sa séance du 5 janvier 1874, je fis remanjuer <|ue, l’urine normale ne devenant jamais ammoniacale après son émission <|ue sous l’influence d’un ferment organisé déterminé, il y aurait a voir si les choses ne se passent pas de même dans la vessie; en d’autres termes, si certaines urines pathologiques ne sont pas ammoniacales à cause de la présence du petit ferment ammoniacal de I uree dont les germes se seraient introduits par une voie ou par une autre de l’extérieur à l’intérieur de la vessie. Je tentai moi-même cette
recherche et mes prévisions se vérifièrent. MM. Gosselin et Albert I tobin, arrivèrent de leur côté au même résultat. Il devint dès lors constant que, lorsqu’un malade rend des urines ammoniacales, le petit ferment organisé de l’urée est présent dans la vessie, tandis que dans les urines saines on ne Je rencontre jamais.
Les choses en étaient là, lorsque, au mois de janvier «le ceLte année, parut dans les Comptes rendus de l’Académie une Note d’un habile chimiste de Strasbourg, M. Musculus (*), qui vint changer le cours des idées, au sujet de la fermentation de l’urine normale et des urines pathologiques. M. Musculus a retiré en effet des urines rendues par des malades atteints de catarrhe de la vessie une matière précipitable par 1 alcool, mais soluble dans l’eau, qui transforme l’urée en carbonate d’ammoniaque, à peu près comme la diastase transforme l’amidon eu dextrine et en glucose. Toute urine susceptible de devenir ammoniacale renfermerait, suivant M. Musculus, ce ferment soluble, et si une urine n’en contenait pas, elle se conserverait au contact de l’air, même en été, pendant plusieurs mois. Dès lors M. Musculus se crut autorisé à formuler comme il suit ses conclusions :
« II faut donc admettre, dit-il, suivant l’opinion ancienne, que le mucus
de la vessie agit comme ferment » . « Le ferment de l’urée n’a aucune des
propriétés qui caractérisent les ferments organisés. Il a, au contraire, beaucoup de ressemblance avec les ferments solubles, tels que la diastase, la salive et le suc pancréatique. »
A peine la Note de M. Musculus avait-elle paru, que nous nous empressâmes, M. Joubert et moi, de chercher à contrôler les assertions <1 u’elle renferme. La principale de ces assertions est parfaitement
1. Musculus. Sur le ferment de l’urée. Comptes rendus de L'Académie des sciences, EXXXII, 1876, p. 833-336. (Note de l’Édition.)
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exacte : il existe un ferment soluble capable de transformer l’urée en carbonate d’ammoniaque à la température ordinaire. Quant aux déductions de M. Musculus, qui intéressaient au plus haut degré les observations antérieures, elles sont toutes controuvées. Le Mémoire de M. Van Tieghem, les observations qui lui avaient servi de point de départ, restent entières. Toutes les fois que l’urée ou l’urine deviennent ammoniacales, il y a présence et développement d’un organisme microscopique, celui-là même dont il a été question tout à l'heure. L’urine normale, quand elle ne renferme pas le germe de ce ferment, conserve son acidité indéfiniment au contact de l’air; mais où donc est la conciliation possible de ces faits avec le fait vrai et nouveau découvert par M. Musculus? Le voici : le ferment soluble de M. Musculus est produit par le petit ferment organisé de l’urée. Le maximum de la production du ferment soluble coïncide même avec l’absence de l’urée dans les liqueurs urinaires ou autres où le ferment organisé se nourrit et se multiplie. Tel est le principal résultat du travail que nous avons l’honneur de présenter à l’Académie.
Les physiologistes feront sans doute la remarque qu’on a ici le premier exemple d’un ferment organisé, autonome, cultivable dans des liquides quelconques, sous la seule condition que cèux-ci soient propres à sa nutrition, et pouvant former pendant son développement une matière soluble susceptible de déterminer la fermentation même que l’être microscopique engendre. La diastase n’est pas formée par des cellules autonomes ; il en est de même de la pepsine, de la synaptase, des ferments solubles du pancréas, etc... Tous sont produits par des cellules faisant partie d’organismes élevés dont la vie générale et les fonctions ne sont pas concentrées dans la sécrétion de ces ferments solubles. La levûre de bière produit un ferment soluble (*), inversif du sucre de canne, mais indépendant de la fonction de la levûre, tout au moins quand celle-ci s’exerce sur les glucoses proprement dits où l’inversion est sans objet. En d’autres termes, la fonction du ferment inversif soluble des levûres alcooliques ne se confond pas avec la fonction de ces levùres. Il n’en est pas ainsi du ferment soluble de l’urée. Ferment soluble et ferment organisé agissent de même sur leur matière fermentescible, c’est-à-dire sur l’urée, parce que le ferment soluble présuppose l’existence de 1 être organisé et qu inversement le petit végétal donne lieu, pendant sa vie et d une manière nécessaire, au ferment soluble.
1. Dans le Bulletin de V Académie de médecine : « diastases solubles »... » diastase soluble ». (Note de l’Édition.)
Au point de vue des applications à la thérapeutique, les médecins el les chirurgiens doivent être plus que jamais convaincus de la nécessité d’empêcher l’introduction, de l’extérieur à l’intérieur du corps, des germes du ferment organisé des urines ammoniacales, et surtout de s opposer au développement de ces germes lorsqu’ils ont pénétré dans la vessie. Chose étrange, l’acide phénique est presque sans action pour combattre la vie du ferment organisé de l’urée; mais nous avons reconnu que l’acide borique paraît très propre à empêcher le développement de ce petit organisme; et, comme l’acide borique est un acide des plus faibles, il est probable qu’il n’aura pas sur les muqueuses des voies urinaires une action irritante. M. le Dr Guyon, l’habile chirurgien de l’hôpital Necker, a bien voulu nous promettre d essayer 1 action thérapeutique de celte substance.
RÉPONSE (i) A M. BERTIIELOT (1 2)
Dans la fermentation proprement dite, il y a deux choses essentielles a considérer: l’agent qui la provoque et le mécanisme de l’action de cet agent. L’agent, sa nature, son origine, voilà les sujets qui m occupent depuis vingt ans. Ce sont ces questions et celles-là seulement qui ont amené les discussions vives que tout le monde connaît Avant mes recherches, l’agent de la fermentation était considéré comme une matière albuminoïde, c’est-à-dire une matière morte, soluble ou insoluble, qui agissait, tantôt d’une façon (action de contact: B erzeli us, M î tsche rlich, etc.), tantôt d’une autre (mouvement communiqué . Liebig, etc.). J ai prouvé : 1° que l’agent était un organisme microscopique ; 2° que cet organisme ne naissait pas spontanément, soit par voie directe, soit par voie indirecte (3).
Tout observateur qui accepte ces deux points est d’accord avec moi et je suis d’accord avec lui. Or, à l’origine, M. Berthelot et moi nous étions séparés. C’est un grand honneur pour mes recherches que son solide et ferme esprit accepte aujourd’hui que les agents des fermentations proprement dites soient des organismes microscopiques et qu ils ne sont pas spontanés.
1. Comptes rendus de l'Académie des sciences, séance du 3 juillet 1876. LXXXIII n 10
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3. Voir, pour ces détails, p. 210-294, tome lt des Œuvres de Pasteue : Mémoire sur les corpuscules organises qui existent dans l’atmosphère. {Notes de l’Édition.)
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En ce qui touche la fermentation ammoniacale, la Note de M. Museulus (4) nous ramenait exactement à l’état de la science à l’origine de mes recherches, c’est-à-dire aux théories d’il y a vingt ans. Par le travail que nous publions aujourd’hui, M. Joubert et moi, l’importance de la fonction de l’organisme ferment reprend ses droits. Quant au mécanisme de la fermentation en général, je le cherche sans idée préconçue. Une partie de l’Ouvrage que je viens de publier (1 2) est consacrée à cette étude; sur ce point, je ne suis en désaccord avec personne, depuis que MM. Brefeld et Traube (3 4 5) m’ont donné gain de cause sur le point de possibilité de la vie sans air propre à certains ferments. Le résultat que nous venons d’annoncer à l’Académie n’avait pas été prévu et ne pouvait l’être. C’est le premier exemple d’un ferment organisé, autonome, dont la fonction se confond avec la fonction d’un de ses produits non organisés. C’est aussi un nouvel exemple d’une diastase produite pendant la vie et pouvant modifier une substance par la fixation de l’eau, à la manière de toutes les dicistases.
OBSERVATIONS (*) A PROPOS DE LA NOTE : « SUR LA FERMENTATION DE L’URINE ».
M. Pasteur : En rendant compte de la séance de mardi dernier, les journaux de médecine — on a bien voulu m’en avertir obligeamment — ont avancé que MM. Joubert et moi(5) nous n’avions fait qu une hypothèse au sujet de la relation de cause à effet entre le ferment organisé des urines ammoniacales et le ferment soluble; que rien, en un mot, ne prouvait que celui-ci était produit par le premier. Une preuve décisive est cependant énoncée dans la Note que j’ai présentée mardi au nom de M. Joubert et au mien. Elle aura passé inaperçue, sans doute, parce qu’elle n’est pas suifisamment développée ; la voici plus complète: Qu’on sème le ferment organisé pur dont il s agit dans un liquide nutritif, par exemple dans une décoction d eau de levûre de