‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 238 sur 299 · A PROPOS DU A CAS D’ŒDÈME MALIN CHARBONNEUX · texte numérisé non relu

A PROPOS DU A CAS D’ŒDÈME MALIN CHARBONNEUX

M. Pastecr rend compte d’un « cas de décès par œdème malin charbonneux », observé récemment à l’hôpital Cochin par M. le D' Anger. Le sujet, nommé Reef était ouvrier tanneur dans une usine où l’on travaille des peaux provenant plus spécialement de Buenos-Ayres. L’affection dont il souffrait avait débuté dans la nuit du 13 au 14 mars. Ce n’est que le 15 qu’il se rendit à l’hôpital où l’on constata qu’il avait un gonflement assez considérable à la partie supérieure et latérale du cou. Malgré tous les soins qui lui lurent prodigués, il mourut le 17 mars. Le jour où cet ouvrier entrait à l’hôpital, un contre-maître de la même usine, lequel avait été également contagionné, fut immédiatement cautérisé au thermocautère par plusieurs incisions remplies ensuite de beurre d’antimoine, et guérit. Il y a donc tout lieu de présumer que si, dès qu’il a été atteint, l’ouvrier Reef avait été soigné, il aurait pu avoir la vie sauve.

Le charbon chez l’homme a plus de peine à se développer que chez les animaux. Lorsque l’on peut agir vite sur les points d’inoculation, il est vraisemblable qu’on peut toujours arriver à la guérison. M. Pasteur pense qu’il y aurait lieu de proposer aux ouvriers employés dans les usines où l’on travaille des peaux de se faire vacciner. La vaccination charbonneuse a été tout récemment expérimentée par un vétérinaire, mais d’une façon incomplète, ce vétérinaire ne s’étant pas, et avec raison, inoculé ensuite du virus non atténué. Il faudrait que l’action de cette vaccination put être complètement établie au moyen d’une épreuve faite sur un condamné à mort. En Allemagne, Sibold a démontré le développement du tænia dans le corps de 1 homme par l’ingestion de viande ladre, en faisant manger à un condamné à mort de la viande de porc ladre et en procédant à l’autopsie. — M. Pasteur croit que l’expérience pourrait se faire sans danger de mort.

Le Conseil, sur la proposition de M. Pasteur, décide qu’il y a lieu de laire afficher, dans les tanneries, corroieries, mégisseries, abattoirs et halles centrales, une instruction engageant les ouvriers à se rendre à l’hôpital ou auprès d un médecin dès qu’ils s’aperçoivent de l’existence d’un gonflement rapide sur un point quelconque du corps.

1. Extrait des registres des délibérations du Conseil d’hygiène publique et de salubrité, à la Prélecture de la Seine (inédit), séance du 31 mars 1882.

MALADIES VIRULENTES

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