‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 26 sur 299 · A L’OCCASION DE LA COMMUNICATION DE M. ALPH. GUÉRIN · texte numérisé non relu

A L’OCCASION DE LA COMMUNICATION DE M. ALPH. GUÉRIN

Je n’ai aucune compétence pour juger les résultats de l’important travail de M. Alph. Guérin; toutefois, je sais, et par des voix très autorisées, que le mode de pansement de l’habile chirurgien de l’Hôtel- Dieu constitue un grand progrès chirurgical. Quoique ce mode de pansement éveille dans mon espritdes questions diverses, je ne me permettrai d’appeler l’attention de M. Guérin que sur un seul point. La ouate agit évidemment, comme le pense M. Guérin : elle n’apporte à la plaie que de l’air filtré et pur; peut-être aussi a-t-elle sur les pansements ordinaires l’avantage d’une occlusion moindre que dans ces derniers, de telle sorte qu’elle expose la plaie pendant toute la durée du pansement au contact de l’oxygène pur, ce qui pourrait bien avoir une efficacité propre sur la guérison. Mais pourquoi le pus ne se putréfie-t-il pas dans le nouveau mode de pansement, quand il est bien réussi ? Je ne pense pas qu'on puisse douter aujourd’hui que l’odeur putride du pus ne soit due à la présence d’organismes-ferments, aérobies ou anaérobies. Or, les germes de ces organismes doivent exister en plus ou moins grand nombre à la surface de la plaie et dans la ouate, au début des opérations et du pansement; pourquoi ne se développent-ils pas ? Dès lors, voici ma question : l’absence de putréfaction du pus à la surface de la plaie, si le pansement est bien fait, n’aurait-elle pas pour cause cette circonstance que les proportions entre la quantité de pus développé et l’infiltration des parties aqueuses du pus dans la ouate, agissant comme corps poreux, donneraient au pus un état physique qui l’empêcherait de permettre la multiplication des organismes, à peu près comme il est impossible de faire vivre les ferments dans des liquides fermentescibles plus ou moins concentrés, quoique ces derniers soient propres par leur composition à servir de nourriture à ces

1. Comptes rendus de l’Académie des sciences, séance du .30 mars 18/4, LXX\ III, p. 867-868.

2. Guérin (A.). Du rôle pathogénique des ferments dans les maladies chirurgicales. Nouvelle méthode de traitement des amputés. Ibid., p. 782-786. ( Note de l Édition.)

ferments ? La levure de bière ne fait pas fermenter les sirops de sucre.

Je me permettrai encore de recommander l’emploi de ouate nui aurait subi antérieurement dans toutes ses parties une température de 200°. Rien de plus facile que de faire passer la ouate pendant quelques heures dans une étuve à huile ou à paraffine à double enveloppe.

OBSERVATIONS VERBALES

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