SUR LE PANSEMENT OUATÉ
M. Pasteur prie l’Académie [de médecine] de lui permettre d’appeler un instant son attention sur une très curieuse expérience cpii a été faite dans son laboratoire par M. J. Raulin. Dans ce tube très large, dit M. Pasteur, on a bourré de la ouate à coups de marteau. L’épaisseur totale du coton est de plus d’un mètre. Eh bien, malgré cet obstacle, les gaz passent avec facilité. M. Pasteur en donne la preuve directe. Le coton n’oppose pas une résistance dépassant 1 ou 2 millimètres de pression d’eau.
M. Pasteur en conclut cpie dans le pansement ouaté de M. A. Guérin (4 l’air circule dans le coton, très pur, à la surface de la plaie. Si donc on a soin de laver la plaie avec une solution antiseptique qui détruise les germes d’organismes à sa surface et à la surface des couches de coton immédiatement en contact, il ne pourra pas exister d’organismes microscopiques pour le coton. Il est certain qu’il n’y en a pas le plus souvent, je l’ai constaté moimême, dit M. Pasteur. 11 est utile qu’il n’y en ait jamais et cela aura lieu en prenant les précautions voulues. Quelle que soit la manière de voir au sujet de l’efficacité de ce pansement, on ne peut douter qu’une plaie se trouve mieux d’être au contact de l’air pur que d’être baignée par des liquides où pullulent les organismes de la putréfaction.
1. Lister (J.). On anew method of treating compouncl fracture, abscess, etc., with observations on the conditions of suppuration. The Lancet, 1867, I, p. 326-329, 357-359, 387-389, 507-509; 1867, II, p. 95-96.
Première série d’articles sur le pansement antiseptique : antiseptie System. Dans le premier article, p. 327, Lister s’exprime ainsi qu’il suit au sujet des découvertes de Pasteur : « Turning now to the question how tbe atmosphère produces décomposition of organic substances, we find that a flood of ligbt has been thrown upon this most important subject by the philosophie researches of M. Pasteur, who has demonstrated by thorouglily convincing evidence that it is not to its oxygen or to any of its gazeous constituants that the air owes this property, but to minute particles suspended in it, which are the germs of various low forms of life, long since revealed by the microscope, and regarded as merely accidentai concomitants of putrescence, but now shown by Pasteur to be its essential cause. »
2. Déclat. Traité de l’acide phénique. 2e édition. Paris, 1874, in-8°. L’ « Introduction » de cette édition renferme à ce sujet quelques lettres de Pasteur qui seront reproduites dans le tome VII des Œuvres de Pasteur. ( Notes de l’Édition.)
3. Bulletin de l’Académie de médecine, séance du 4 juillet 1876, 2° sér., V, p. 676.