Voir p. 167 du présent volume
Le 16 juillet, il démontre que, quelques heures après la mort de l’animal, le sang contient le vibrion septique. Le sang d’un animal mort peut donc être à la fois charbonneux et putride. Ainsi s’expliquent les erreurs commises dans les expériences de Leplat et Jaillard qui avaient fait douter autrefois de l’origine bactéridienne du charbon. Il oppose le vibrion, organisme anaérobie, à la bactéridie, organisme aérobie :l’un produit la septicémie ou putréfaction sur le vivant, l’autre la maladie charbonneuse. Tout s’éclaire. Pasteur peut proclamer : « loute discussion ne serait-elle pas superflue qui mettrait en doute la nécessité impérieuse de compter désormais avec le rôle pathogénique des infiniment petits (*) ! »
Le 22 janvier et le 19 février 1878, il formule quinze propositions sur la théorie des germes qui « a droit aux préoccupations incessantes du chirurgien et du médecin (1 2) ». Il s’engage solennellement à donner les preuves les plus saillantes de ces propositions. Le 29 avril paraît la communication avec Joubert et Chamberland sur La théorie des germes et ses applications à la médecine et à la chirurgie.
A partir de ce moment, se succèdent sans interruption les travaux faits en collaboration avec Joubert, avec Chamberland et Roux, avec Thuillier : communications sur l’étiologie du charbon, sur les furoncles, 1 ostéomyélite et l’infection puerpérale, Notes sur la peste, discussions sur les rapports de la variole et de la vaccine, mémoires sur l’atténuation des virus et leur retour à la virulence, sur les vaccins du choléra des poules, du charbon et du rouget, études sur la péripneumonie, Notes sur le choléra. Enfin la rage et la vaccination antirabique.
Durant la fièvre d’enthousiasme qui anime Pasteur de 1877 à 1885 et qui le conduit de la démonstration du rôle pathogène de la bactéridie charbonneuse au vaccin de la rage, tant de questions diverses concernant 1 étiologie et la prophylaxie des maladies contagieuses sont traitées concurremment par lui, tant d’expériences dans des voies différentes sont instituées avec ses fidèles collaborateurs Chamberland et Roux, tant de discussions naissent qui semblent devoir faire obstacle à sa marche en a^nt, qu il ne nous a pas été possible de suivre l’ordre chronologique des publications durant ces neuf années. Pour la clarté de l’exposition des travaux, nous avons dû classer ceux-ci par chapitres (3).
1 n chapitie est consacré à la « théorie des germes et ses applica-