‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 40 sur 299 · Emile Duclaux. [Note de l’Édition · texte numérisé non relu

Emile Duclaux. [Note de l’Édition

Dès le lendemain, le liquide de culture a perdu sa limpidité et donne asile à un organisme unique, formé de petits points sphériques réunis par couples de deux grains, rarement de quatre, mais fréquemment associés en petits amas.

Deux liquides ont été préférés dans ces expériences, le bouillon de muscles de poule et le bouillon de levure. Suivant qu’on a affaire à l’un ou à l’autre de ces liquides, l’aspect des développements change un peu. Il faut en être prévenu. Avec l’eau de levûre, les couples de petits grains sont répandus dans toutes les parties du liquide, qui en est uniformément troublé. Avec le bouillon de poule, les couples de grains réunis en petits amas tapissent les parois du vase et le liquide reste limpide, à moins qu’on ne l’ait agité; dans ce cas il devient uniformément trouble par la disjonction des petits amas répandus sur le fond du vase.

Deuxième observation. — Le 10 juin, un nouveau furoncle apparaît sur la cuisse droite de la même personne. On ne voit pas encore de pus sous la peau, mais celle-ci est déjà proéminente et rouge sur une surlace de la grandeur d’une pièce d’un franc. On lave convenablement la partie enflammée au moyen d’un liquide alcoolique, qu’on essuie avec du papier buvard qui a été passé sur la flamme de la lampe à alcool. Une piqûre faite sur la partie proéminente permet de recueillir un peu de lymphe mêlée de sang, qu’on ensemence en même temps que du sang pris au doigt de la main. Les jours suivants, le sang du doigt se montre parfaitement stérile. Au contraire, celui qui a été recueilli au centre de la plaie où le furoncle est en voie de formation donne une culture abondante du même petit organisme que tout à l’heure.

Troisième observation. — Le 14 juin, nouveau furoncle au cou sur la même personne. Même examen, même résultat, c’est-à-dire développement de l’organisme microscopique précité, et toujours stérilité du sang de la circulation générale, qu’on avait pris cependant cette lois a la base du furoncle, au pourtour de la partie enflammée.

Au moment où je me livrais à ces observations, j’eus l’occasion d’en parler a M. le docteur Maurice Raynaud, qui eut l’obligeance de m adresser un malade ayant des furoncles depuis plus de trois mois. Le j uin, j’essaye la culture du pus de l’un des furoncles de cet homme. Le lendemain, trouble général du liquide de culture, toujours par le parasite précédent et toujours unique.

Quatrième observation . — Le 14 juin, le même individu me fait voir un furoncle volumineux, en voie de formation sous l’aisselle gauche.

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