‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 42 sur 299 · Voir p. 131-142 du présent volume. ( Notes de l'Édition · texte numérisé non relu

Voir p. 131-142 du présent volume. ( Notes de l'Édition

ŒUVRES Dlî PASTEUR

D’une piqûre à l’index de lu imiin gauche qui avait été convenablement lavé et essuyé avec un linge /Ïambe, on recueille un peu de sang, qui a été ensemencé dans du bouillon de muscles de poule. Les jours suivants la culture est restée stérile.

Le 13, on recueille de nouveau du sang par une piqûre au doigt, qui, cette fois, se montre féconde. La mort ayant eu lieu le 16 mars, à 6 heures du matin, on voit que le sang renfermait un parasite microscopique cultivable trois jours au moins avant la mort.

Le 15 mars, dix-huit heures avanl la mort, on a ensemencé le sang pris au pied gauche par une piqûre d’épingle. La culture s’est encore montrée féconde.

La première culture du 13 mars ne renfermait que l’organisme des furoncles; la culture suivante, celle du 15, contenait un organique voisin de celui des furoncles, mais qui toutefois en diffère assez pour en être le plus souvent très facilement distingué. En eiTet, tandis que le parasite des furoncles est par couples de grains, rarement môme réunis en petits chapelets de trois ou quatre grains, le nouveau, celui de la culture du 15, est en longs chapelets, dont le nombre des grains est pour ainsi dire quelconque. Les chapelets sont flexibles, et on les voit souvent enchevêtrés comme des fils de perles brouillés.

L’autopsie a eu lieu le 17, à 2 heures. Grande abondance de pus dans le péritoine. Il est ensemencé avec toutes les précautions voulues. Du sang pris dans les veines basilique et fémorale est également ensemencé. On ensemence également le pus de la [surface de la muqueuse de l’utérus, de celle des trompes et enfin le pus d’un lymphatique de l’épaisseur de l'utérus. Voici le résultat des cultures : partout les longs chapelets de grains dont j’ai parlé tout à l’heure et partout sans mélange d’autres organismes, excepté dans la culture du pus du péritoine qui, outre les longs chapelets de grains, a montré également le petit vibrion pyogénique que j’ai, désigné sous le nom d’organisme du pus dans la Note que j’ai publiée en commun avec MM. Joubert et Chamberlain! et communiquée le 30 avril 1878 (*).

Interprétation de la maladie et de la mort. — Après l’accouchement, dans les parties blessées de l’utérus, le pus qui s’y forme toujours naturellement, au lieu de rester pur, s’est associé & des organismes microscopiques venus du dehors, notamment à l’organisme en longs chapelets de grains et au vibrion pyogénique. Ces organismes ont passé par les trompes dans le péritoine, et l’un d’eux dans le sang,

1. Voir, p. 112-180 du présent volume : La théorie des germes et sos applications à la médecine et à la chirurgie.

probablement par les lymphatiques. La résorption du pus, toujours très facile et prompte, quand il est pur, est devenue impossible par la présence des parasites, dont il eût fallu tenter d’empêcher l’apparition dès le moment de l’accouchement.

Deuxieme observation . — Le 14 mars, à l’hôpital Lariboisière, une femme meurt de fièvre puerpérale, le ventre déjà tout ballonné avant la mort.

Par une ponction dans le péritoine on recueille du pus qui s’y trouve en abondance, et on l’ensemence ; on ensemence également le sang d’une veine du bras. La culture du pus fournit les longs chapelets dont il est question dans l’observation précédente et également le petit vibrion pyogénique. La culture du sang ne donne que les longs chapelets très purs.

Troisième observation. — Le 17 mai 1879, une femme accouchée depuis trois jours est malade, ainsi que l’enfant qu’elle allaite. Les lochies sont remplies du vibrion pyogénique et de l’organisme des furoncles, celui-ci en faible proportion. Le lait et les lochies sont ensemencés. Le lait fournit l’organisme en longs chapelets de grains et les lochies seulement l’organisme du pus. La mère est morte. II n’y a pas eu d’autopsie.

Le 28 mai, on a inoculé à un lapin, sous la peau du ventre, cinq gouttes de la culture précédente du vibrion pyogénique. Les jours suivants un abcès énorme s’est déclaré, qui s’est ouvert spontanément le 4 juin. Il en est sorti un pus abondant, caséeux. A côté de l’abcès se trouvaient des parties dures, étendues. Le 8 juin, l’ouverture de l’abcès est considérable, la suppuration active. Près de ses bords on sent un autre abcès qui communique visiblement avec le premier : car par la pression du doigt le pus coule abondamment de l’ouverture de ce premier abcès. Pendant tout le mois de juin, le lapin est malade et les abcès suppurent, mais de moins en moins. En juillet, ils sont fermés; l’animal est guéri. On ne sent plus que quelques nodosités sous la peau du ventre.

Combien de désordres doit amener dans le corps d’une femme récemment accouchée un organisme pyogénique à ce degré, lorsque, parles lésions du placenta maternel, il a pu pénétrer dans le péritoine, dans les lymphatiques ou dans le sang. Sa présence est beaucoup plus dangereuse que celle du parasite à chapelets. Ajoutons que son développement est toujours imminent: car, ainsi que je l’ai dit dans le travail déjà cité (30 avril 1878), on peut facilement retirer cet organisme de beaucoup d’eaux communes.

J ajoute que l’organisme en longs chapelets de grains n’est pas

moins répandu (*) et qu’un de scs hal)itats est la surface des muqueuses des parties génitales. Il n’existe donc pas de parasite puerpéral proprement dit. Je n’ai pas rencontré la -septicémie vraie, mais elle doit être au nombre des affections puerpérales.

Quatrième observation. — Le 14 juin, à Lariboisière, une femme est très malade des suites d’un récent accouchement. Elle est sur le point de mourir; elle meurt, en effet, le 14, à minuit. Quelques heures avant la mort on recueille du pus d’un abcès qu’elle porte au bras; on recueille également du sang par une piqûre faite à l’un des doigts de la main. Ces deux liquides sont ensemencés. Le 15, le flacon où on a semé le pus de l’abcès est rempli des longs chapelets de grains. Le llacon au sang est resté stérile. L’autopsie a lieu le 16, à 10 heures du matin. Le sang d’une veine du bras est ensemencé, ainsi que le pus des parois de l’utérus et celui d’une collection de pus située dans la synoviale du genou. Toutes les cultures sont fécondes, même celle du sang, et toutes offrent les longs chapelets de grains. Le péritoine ne renfermait pas de pus.

Interprétation de la maladie et de la mort. — La blessure de l’utérus après l’accouchement a fourni, comme à l’ordinaire, du pus qui a donné asile aux germes des longs chapelets de grains. Ceux-ci, par les lymphatiques probablement, ont passé dans les articulations et un peu partout, déterminant l’origine d’abcès métastatiques qui ont amené la mort.

Cinquième observation. — Le 17 juin, M. Doléris, interne distingué des hôpitaux, m’apporte du sang recueilli, avec les soins voulus, sur uu enfant qui venait de mourir après sa naissance et dont la mère avait eu, avant son accouchement, des accidents fébriles, des frissons... Ce sang cultivé fournit en abondance le vibrion pyogénique. Au contraire, du sang prélevé sur la mère le 18 au matin (elle était morte le 18 à une heure du matin) ne donne lieu à aucun développement organisé quelconque, ni le 19, ni les jours suivants. L’autopsie de la mère a lieu le 19. Chose assurément digne d’attention : l’utérus, le péritoine, les intestins n’offrent rien de particulier; mais le foie est rempli

1. Dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences, cette phrase est ainsi formulée: « J'ajoute que l’organisme en longs chapelets de grains et celui par couples de grains ne sont pas moins répandus et qu’un de leurs habitats est la surface des muqueuses des parties génitales. »

Pasteur, dans les Comptes rendus de V Académie des sciences, a aussi ajouté celte note : « Lorsque, par le procédé que j’ai décrit autrefois, on extrait l’urine de la vessie, à l’état de pureté, par le canal de l’urètre, s’il y a des développements fortuits par suite de causes d’erreur, ce sont les deux organismes dont je viens de parler qui se montrent à peu près exclusivement. » [Note de l'Êclition.)

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d’abcès métastatiques. Là où la veine hépatique sort du foie, il y avait du pus dans cette veine, et les parois de celle-ci, à cette place, sont comme ulcérées. Le pus des abcès du foie se montre rempli du vibrion pyogénique. La matière même du foie, prise en dehors des abcès apparents, donne des cultures remplies du même organisme.

Interprétation de la maladie et de la mort. — Le vibrion pyogénique formé dans l’utérus ou plutôt qui était déjà dans le corps de la mère avant l’accouchement, puisqu’elle avait eu des frissons, a produit dans le foie des abcès métastatiques, et, communiqué au sang de l’enfant, il a déterminé en lui une des formes de l’infection dite purulente qui l’a emporté.

Sixième observation. — Le 18 juin 1879, M. Doléris m’informe qu’une femme accouchée depuis quelques jours, à l'hospice Cochin, est très malade. Le 20 juin on ensemence le sang prélevé au doigt par une piqûre d’épingle ; la culture reste stérile. Le 15 juillet, c’est-à-dire vingt-cinq jours après, le sang du doigt est de nouveau ensemencé. Toujours développement nul. Dans les lochies aucun organisme nettement reconnaissable; la femme est cependant, me dit-on, très malade, sur le point de mourir. Elle meurt, en effet, le 18 juillet, à neuf heures du matin; comme on le voit, après une très longue maladie, puisque les premières observations remontent à un mois; maladie également très douloureuse, car la malade ne pouvait faire de mouvement sans beaucoup souffrir. L’autopsie a lieu le 19 à dix heures du matin. Elle offre un grand intérêt. Pleurésie purulente avec poche considérable de pus et fausses membranes purulentes sur les parois de la plèvre. Le foie est blanchâtre, a l’aspect gras, mais il est ferme, sans abcès métastatiques apparents... L’utérus peu volumineux paraît sain ; cependant à la surface externe on voit des nodosités blanchâtres, remplies de pus. Rien dans le péritoine, qui n'est pas enflammé ; mais il y a beaucoup de pus dans les articulations des épaules et dans la symphyse pubienne. Le pus des abcès ensemencé a donné les longs chapelets de grains, aussi bien le pus de la plèvre que celui des épaules et d’un lymphatique de l’utérus. Chose curieuse, mais qui se comprend aisément, le sang d’une veine du bras, recueilli trois quarts d’heure après la mort, a donné une culture stérile. Rien aux trompes, rien aux ligaments larges.

Interprétation de la maladie et de la mort. — Le pus formé dans l’utérus après l’accouchement s’est associé à des germes d’organismes microscopiques qui s’y sont cultivés, ont passé ensuite dans les 1} mphatiques de l’utérus et de là ont été déterminer du pus dans la plèvre et dans les articulations.

Septième observation. — Le 18 juin, M. Doléris nous informe qu’une femme est accouchée depuis cinq jours à l’hospice Cochin et qu’on craint pour les suites de la grave opération qu’elle a subie; car il a fallu pratiquer l’embryotomie. Les lochies sont ensemencées le 18 ; le lendemain et le surlendemain, pas trace de développement organisé quelconque. Sans avoir eu la moindre nouvelle de cette femme depuis le 18, j’ose affirmer, le 20, qu’elle doit aller bien. J’envoie chercher de ses nouvelles. Voici la réponse textuelle : La femme va très bien ; elle sortira demain.

Interprétation des faits. — Le pus naturellement formé à la surface des parties blessées n’a pas été associé à des organismes apportés du dehors. La natura medicatrix l’a emporté, c’est-à-dire que la vie à la surface des muqueuses a empêché le développement des germes étrangers. Le pus s’est résorbé facilement et la guérison a eu lieu.

Que l’Académie me permette de terminer en soumettant à son appréciation quelques vues, préconçues, que je suis très disposé à considérer comme des inductions légitimes des faits que je viens d’avoir l’honneur de lui communiquer.

On range sous l’expression de fièvre puerpérale des maladies très variées ; mais toutes paraissent être la conséquence du développement d’organismes communs, qui par leur présence infectent le pus naturellement formé à la surface des parties blessées, et qui de là se répandent, sous une forme ou sous une autre, par telle ou telle voie, sang ou lymphatique, dans telle ou telle partie du corps et y déterminent des formes morbides variables avec l’état de ces parties, avec la nature des parasites et la constitution générale des sujets. Quelle que soit cette constitution, ne semble-t-il pas qu’en s’opposant à la production de ces organismes parasitaires vulgaires la guérison pourrait avoir lieu dans tous les cas, excepté peut-être lorsque le corps renfermerait, déjà avant l’accouchement, par la présence d’abcès impurs, internes ou externes, des organismes microscopiques, comme nous en avons vu ci-dessus un exemple frappant (cinquième observation). La méthode antiseptique me paraît devoir être souveraine dans la grande majorité des cas. Il me semble qu’on devrait, aussitôt après V accouchement, commencer l’application de ces antiseptiques. L’acide phénique peut rendre de grands services ; mais il existe un autre antiseptique dont je serais très disposé à recommander l’usage : c’est l’acide borique en solution concentrée à la température ordinaire, c’est-à-dire à 4 pour 100 environ. Cet acide, dont M. Dumas a fait connaître l’influence singulière sur la vie des cellules, est si peu acide qu’il est même, on le sait, de réaction alcaline pour certains papiers

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d’épreuve (4) ; en outre, il n’est pas odorant comme l’acide phénique dont l’odeur incommode souvent les malades. Enfin, son innocuité sur les muqueuses, notamment sur la muqueuse vésicale, a été et est tous les jours éprouvée dans les hôpitaux de Paris. Voici à quelle occasion on s’en est servi pour la première fois. L’Académie se souviendra peutêtre que j’ai soutenu devant elle (1 2), et le fait n’a jamais été démenti, que les urines ammoniacales sont toujours produites par un organisme microscopique, tout à fait semblable, à plusieurs égards, à l’organisme des furoncles. Ultérieurement, dans un travail fait en commun avec M. Joubert (3), nous avons reconnu que la solution d’acide borique était facilement mortelle pour cet organisme. Dès lors et depuis l’année 1877, j’ai engagé M. le docteur Guyon, chargé de la clinique des maladies des voies urinaires à l’hôpital Necker, à essayer les injections d’une solution d’acide borique dans les affections de la vessie. Je tiens de cet habile praticien qu’il en a obtenu, et qu’il en obtient tous les jours de très bons résultats. Il m’a confié même qu’il ne faisait plus d’opération de lithotritie sans l’emploi de telles injections. Je rappelle ces faits afin de montrer que la solution d’acide borique est inoffensive pour une muqueuse très délicate, la muqueuse vésicale, et qu’on peut sans inconvénient remplir la vessie de la solution tiède d’acide borique.

Je reviens aux accouchées. Auprès du lit de chaque malade, n’y aurait-il pas grande utilité de mettre à sa portée la solution concentrée et tiède d’acide borique, avec des compresses qu’elle renouvellerait très fréquemment après les avoir trempées dans la solution, et cela dès après l’accouchement ? Ce serait également agir avec prudence que de porter les compresses préalablement, avant de s’en servir, dans un poêle à air chaud à une température de 150°, plus que suffisante pour tuer tous les germes d’organismes vulgaires.

Étais-je suffisamment autorisé à intituler cette Communication : De V extension cle la théorie des germes à V étiologie de quelques maladies communes ? J’ai exposé les faits comme ils m’ont apparu et j’en ai hasardé des interprétations; mais je ne me dissimule pas que, sur le terrain médical, il est difficile de se soustraire entièrement à des préoccupations subjectives; je n’oublie pas davantage que la médecine et la vétérinaire me sont étrangères. Aussi j’appelle de tous mes vœux les jugements et les critiques de cette illustre Compagnie. Peu tolérant pour la contradiction frivole ou de parti pris, dédaigneux du scepti-

1. Dans les Comptes rendus de V Académie des sciences : « comme l'a reconnu, il y a bien longtemps déjà, M. Chevreul ».

2. Voir p. 69-8G du présent volume : Fermentation ammoniacale de l’urine.

3. Voir p. 80-84 du présent volume : Sur la fermentation de l’urine. ( Notes de l’Édition.)

cisme vulgaire qui érig'e le doute en système, je tends les bras vers le scepticisme militant qui fait du doute une méthode et dont la règle de conduite a pour devise : encore plus de lumière.

Je me plais de nouveau à reconnaître toute l’utilité des secours que MM. Chamberland et Roux m’ont prêtés au cours des observations dont je viens de rendre compte. Je rappelle également le concours empressé de M. Doléris.

ÉTIOLOGIE DU CHARBON ET SEPTICÉMIE

NOTE (i) AU SUJET DE LA COMMUNICATION DE MM. LEPLAT ET JAILLARD (2)

MM. Leplat et Jaillard m’ayant chargé de présenter à l’Académie la Note qui précède, on pourrait croire que je partage toutes les opinions qu’ils professent au sujet de la maladie charbonneuse. En ce qui touche le fond même du débat, à savoir s’il y a corrélation nécessaire entre cette maladie et la présence d’un ferment organisé spécial, c'est à la Commission nommée par l’Académie de se prononcer. J'avoue que j’incline à croire à l’exactitude des observations de M. Davaine et à l’interprétation qu’il leur a donnée ; mais en fait de science, le sentiment n’est rien, les preuves sont tout. Mes remarques porteront seulement sur les deux points de la Note qui précède où mon nom se trouve prononcé.

MM. Leplat et Jaillard diserit : les bactéries ou ferment butyrique cle M. Pasteur. Je connais assez bien le ferment butyrique, puis'que j’ai, le premier, signalé son existence; je dois en outre à l’obligeance de M. Davaine d’avoir pu examiner autrefois le sang d'un lapin inoculé par lui et mort de la maladie du sang de rate. J’y ai vu les petits corps qu’il appelle des bactéridies , et ils diffèrent tant du ferment butyrique, surtout par l’absence d’un mouvement propre, qu'il n'est pas probable qu’il y ait entre ces êtres des rapports de parenté. Il est vrai que M. Davaine a dit avoir été conduit à reprendre en 1863 (1 2 3 les observations microscopiques qu’il avait faites à Chartres en 1850, en compagnie de AI . Rayer (4), précisément à l’occasion de mes recherches sur l’animalcule qui constitue le ferment butyrique ; mais 51. Davaine n’a établi, comme il convient, que des analogies éloignées entre les filaments du sang de rate et l’infusoire butyrique.

1 . Comptes rendus de V Académie des sciences, séance du 14 août 1865, LXI, p. 301-302.

2. Leplat et Jaillard. Note au sujet d’expériences prouvant que le charbon de la vache inoculé aux lapins les tue avec tous les phénomènes du sang de rate, sans que leur sang contienne aucune trace de bactéridies. (Présentée par M. Pasteur.) Ibid., p. 298-301.

3. Davaine (G.). Recherches sur les infusoires du sang dans la maladie connue sous le nom de « sang de rate ». Ibid., LVII, 1863, p. 220, 351 et 386.

4. Rayer. Inoculation du sang de rate. Comptes rendus des séances et Mémoires de la Société de biologie, II, 1850 [1851], p. 141-144. ( Hôtes de l'Édition.)

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<L U Vit KH DM l' A S'il; IJ H

Il n’y ii | in K moi iih de différence, h mon avis, entre les bactéries propremenl dites et les bocl « * ri d i r*s d n sang de rate, l'eu importe, présentement du moins, que M, Davaine ait appelé, à l'origine, les petits bâtonnets dn sang de rate des bactéries. Cette expression impropre a pu amener quelque confusion dans les premiers travaux auxquels ont donne lien ses Communications des mois de juillet et aofit IHb.'l, et j’ai été un des premiers a regretter celle expression; mais aujourd’hui, et depuis longtemps, M. Davaine a le soin de distinguer par une dénomination très acceptable les bactéries des petits bAtonnets du sang de rate, en appelant ces derniers des bactéridies.

Dans des études expérimentales aussi délicates, il faut s’attacher à éloigner avec une attention particulière toute, confusion, pouvant provenir des termes dont on se sert, et c’est la ce qui m’a engagé à faire suivre de ces quelques remarques la Note, d’ailleurs très digne d’attention, de MM. Jaillard et Leplat.

[onSKUVATIONS l’M KSKNTKKS A LA SUITK

VKIIHALKS (i)

DK LA COMMUNICATION

DK M. DAVAINK

l-e point capital de l'argumentation de MM. Jaillard et Leplat, dans la Note qu'ils ont insérée au Compte rendu de la séance du 11 septembre (:|), consiste dans le fait de la présence des bactéridies dans le sang qui leur avait été envoyé par M. Moutet, vétérinaire à Chartres, sous la dénomination An sang de mouton mort de sang de rate.

« Ce sang, disent MM. Jaillard et Leplat, arrivé le 110 août et immé-

. . . soumis à l'examen microscopique, se montra peuplé d’une

myriade de filaments longs, immobiles, coudés, auxquels M. Davaine a donné le nom de bactéridies. »

Due portion de ce sang, qui avait été desséchée sur dos lames de verre, par évaporation spontanée, au laboratoire du Val-de-CrAce, me

1. (amples rendus de I I eaddmte des seieiires, Niinnca du 25 saptoinbru IHüfi I \l

2, Davainih (CL). Nota . ràpO»N« h mm GoiniminlcaUon du MM. Leplat et Jaillard sur la

maladla c-tin rlton noiiNo. Ibid., p. 52)1 frJd,

a. I >iiii'i.A'r al. .1 MM.A IU>. Nouvellai oxpôrlouuaa pour diimontror que la.s bactéridies no sont pas la causa du sang du rala. Ibid,, p, 451(1-440. {Notes de l'édition.)

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ig:j

fut remise par MM. Leplat et Jaillard le 11 septembre, le jour même de leur Communication a l’Académie, mais je n’ai pu l'examiner attentivement au microscope que le surlendemain. Or, je dois dire que je n ai point trouve dans les articles ou chaînes d’articles que renferme le sang desséché dont il s agit tons les caractères des articles que M. Davaine a appelés des bactéridies. J’y reconnais, au contraire, les apparences des cadavres des vibrions de la putréfaction et de la fermentation butyrique, et notamment dans plusieurs une sorte d’ovule, ou corpuscule ovoïde, réfractant assez fortement la lumière et qui se montre, soit à l’extrémité, soit dans le corps des articles (*). Souvent un ai tiile en ollre plusieurs. La présence de ce caractère, qui frappe mes yeux depuis nombre d’années dans les animalcules ferments de la fermentation butyrique et de certaines putréfactions, me conduit ù penser que le sang qui m’a été remis par MM. Leplat et Jaillard avait subi, avant sa dessiccation, un commencementd’altération putride avec production de vibrioniens ; qu’en conséquence ces savants ont pu croire

à la présence de bactéridies, alors qu’ils n’avaient affaire qu’à des vibrions morts. Ce n’est là qu’un doute, mais il doit être éclairci. Je regrette de n’avoir pu le soumettre en temps convenable à MM. Leplat et Jaillard. Bientôt, je l’espère, ils auront éclairci ces difficultés nouvelles.

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