‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 47 sur 299 · Signol. Loc. cit · texte numérisé non relu

Signol. Loc. cit

3. Voir p. 112-130 du présent volume : La théorie des germes et ses applications à la médecine et à la chirurgie. ( Notes de l'Édition.)

illustres praticiens qui font partie de celle Académie et qui m’écoutent ne songeaient pas en ce moment à l’étiologie des infections purulentes, suites des traumatismes grands ou petits, et à toute cette catégorie de fièvres pernicieuses, dites putrides.

Si je n’avais abusé déjà des moments de l’Académie par celte trop longue lecture, j’ajouterais quelques mots sur la spontanéité des maladies contagieuses, question qui divise les meilleurs esprits et qui était naguère l’objet d’une discussion étendue et approfondie devant l’Académie de médecine (i).

Supposons un instant, hypothèse d’ailleurs gratuite, que la fièvre typhoïde soit déterminée par un des nombreux vibrions delà putréfaction. La maladie sera contagieuse, puisqu’elle sera déterminée par un organisme microscopique. Sera-t-elle spontanée ? Non, puisqu’elle procédera d’un être vivant, et que, dans l’état actuel de la science, la génération spontanée est une chimère. Pourrait-elle néanmoins être le produit de causes banales ? Oui, puisqu’elle serait déterminée par un des vibrions communs de la putréfaction. Quant à la rareté relative du mal, dans cette supposition que le mal soit dû à un vibrion des putréfactions communes, je raconterai à l’Académie une très curieuse circonstance de nos recherches. Je les avais entreprises avec l’idée de mener de front l’étude du charbon et de la septicémie. Je cherchai donc à produire celle-ci à l’aide du sang de bœuf abandonné a une putréfaction spontanée. Eh bien, pendant quatre mois, nous n’avons pas réussi à obtenir un sang vraiment septique, c’est-à-dire que, dans aucun cas, la putréfaction étant abandonnée au hasard, sans ensemencement direct, le vibrion septique ne prit naissance, au moins dans un état de pureté relative, suffisant pour rendre le sang virulent. Or, on lit dans tous les auteurs que la septicité du sang s’obtient facilement en abandonnant du sang à lui-même.

C’est à des circonstances inverses de même ordre, c’est-à-dire a la purification de plus en plus grande, si l’on peut ainsi parler, du vibrion septique, qu’il faut rattacher le fait de la virulence plus grande du sang septique au fur et à mesure de son passage répété dans des animaux, comme cela résulte des beaux travaux des D" Co/e et Fcltz, et surtout du Dr Davaine (1 2).

* Je ne suis nullement autorisé à porter un jugement sur les opinions qui ont été émises dans la discussion, brillante à tant d égards, que

1. Voir p. 20-68 du présent volume : Discussions sur la fermentation.

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