DISCUSSION SUR L’ÉÏIOLOGIE DU CHARBON
M. us I * ii lîs i dent (2) : J’ai roi; u clc M. Dasteur une Lettre relative à la ques-
I ion des hacléridirs . . ‘.uses, dont il m’a autorisé à donner lecture à
l’Académie. C’est ce que je vais faire. Mais avant je crois utile de donnera l’Académie quelques explications qui lui feront comprendre la teneur de celle Lettre, par les circonstances mêmes dans lesquelles elle a été écrite. Elle a été motivée par la présentation que j’ai faite à l’Académie des sciences il y a huit jours, au nom de M. Toussaint, professeur d’anatomie et de physiologie à l’Ecole vétérinaire de Toulouse, d’une Note relative aux bactéridies charbonneuses ÇJ).
Dans cette Note, M. Toussaint fait connaître un procédé nouveau de recueillir le sang charbonneux à l’abri de l'influence de l’air. Le voici : On fait le vide, dans un ballon d’une capacité de 2 centimètres cubes, par l’évaporation, sur la lampe, d’un liquide dont on l’a rempli, et immédiatement après on effile à la lampe et l’on ferme le tube dont ce ballon est muni. Pour recueillir du sang charbonneux à l’aide de col appareil, ou introduit sa pointe effilée dans une veine ou le cours du sang a été arrêté, puis, à travers les parois de cette veine, on casse, avec l’ongle, la pointe du tube. Dès qu’il est ouvert, le sang est immédiatement aspiré, et, en fermant de nouveau le tube à la lampe, on est sûr que, dans la cavité hermétiquement (dose qui le contient, le sang est soustrait à toute influence extérieure.
M. T oussainl a observé «pie le sang ainsi recueilli et conservé perdait plus vile non activité virulente que le même sang qui était resté exposé au contact de l’air, et il a interprété cette particularité par la mort des bactéridies, dans leur milieu étroitement confiné, après l’absorption et le, complet épuisement de la quantité d’oxygène qui était incorporé au sang au moment de son introduction dans le ballon. Cette, interprétation l’avait conduit à faire jouer aux bactéridies le réle même que M. Pasteur leur a attribué, et à expliquer, comme lui, par l’asphyxie,, la mort des animaux charbonneux.
En présentant la Note, de M. Toussaint à l'Académie des sciences, j’avais fait ressortir cette autre conséquence de I expérience que je viens de rapporter, à savoir qu’elle était démonstrative que, dans le sang charbonneux, il n’y avait pas d’agent virulent à cêlé des bactéridies, puisque le procédé adopté par M. Toussaint pour recueillir le sang réalisait excellemment les conditions que l’on recherche pour la conservation intégrale des virus. Que
1. Bulletin de t,' Académie de médecine, séance du 21 août 1877, 2° sér., VI, p. 921-920.