OBSERVATIONS SUR LA PUTRÉFACTION ET LA FERMENTATION
M. Pasteur : Je ne m’attendais pas à prendre la parole aujourd’hui. Aussi ne dirai-je que quelques mots, afin de répondre à la bienveillante interpellation que M. Bouillaud (2) a P obligeance de m’adresser. Encore dois-je dire que je ne ferai qu’émettre des idées préconçues, puisque je n’ai pas fait d’expériences sur la septicémie.
Je partage volontiers l’opinion de M. Davaiue(3) sur les expériences de M. Onimus (4).
Le fond du Rapport de M. Davaine peut se résumer ainsi : Il est possible qu’il y ait une grande différence spécifique et d’action physiologique entre les organismes contenus dans le sang du dialyseur et ceux qui sont au dehors. Je suis extrêmement porté à croire qu’il en
1. Bulletin de V Académie de médecine, séance du 22 avril 1873, 2° série, II, p. 475-477.
2. M. Booillauo : « La question qu'on discute aujourd’hui est une des plus importantes qui ait été mise à l’ordre du jour depuis vingt ans. Quel que soit le résultat de la discussion, elle fera époque dans les annales de l’Académie. J’avais déjà. soulevé cette question en 1826 (' à l’occasion de la fièvre typhoïde que j’attribuais à la fermentation.
« Nous avons aujourd’hui le bonheur de posséder parmi nous le seul homme qui ait étudié à fond les phénomènes si obscurs de la putréfaction. J’ai bien l’intention de prendre la parole sur ce sujet, mais je ne le ferai pas avant que M. Pasteur ait communiqué à l’Académie le résultat de ses recherches, de ses travaux, et soit venu donner à la question l’appui de sa parole et de son autorité. Je crois être, en m’exprimant ainsi, l’interprète des sentiments de l’Académie. » Ibid., p. 474-475.
C’est donc à la sollici tation de M. Bouillaud que Pasteur prit la pai-ole pour la première fois à l'Académie de médecine, après son élection comme membre de la Section des associés libres (séance du 25 mars 1873).
3. Davaine (C.). Rapport sur un Mémoire du D1' Onimus, intitulé : L’intluence des organismes inférieurs développés pendant la putréfaction sur l'empoisonnement putride des animaux. Ibid., p. 464-474. ( Notes de l’Édition.)