Richet. [Notes de l’Édition
MALADIES VIRULENTES
là une preuve indirecte de l’influence mortelle de la bactéridie. Sa conclusion n’est pas la mienne. Bien loin de là, j’ai donné les trois raisons qui me portent à contester cette influence; la principale de ces raisons est que les animaux charbonneux meurent dans certains cas avec peu ou presque pas de bactéridies, par conséquent, dans des cas où elles sont en trop petit nombre pour suspendre la circulation capillaire, s’emparer de l’oxygène des globules et suspendre les actions chimiques qui entretiennent la chaleur animale.
M. Pasteur : Vous ne répondez pas à ma question. Vous passez en revue différentes hypothèses pour expliquer la mort dans les affections charbonneuses; pourquoi, dans ces explications, n’est-il plus question de la mort par un virus charbonneux indépendant de la présence des bactéridies ?
M. Bouillaud : Avant la découverte de M. Pasteur, les médecins admettaient dans les maladies contagieuses, miasmatiques, zymotiques, quelque chose qui les différenciait essentiellement des autres maladies. On appelait ce quelque chose contage, miasme , ciras, et on l’admettait sans le voir, d’après [ observation de ses effets, avec la certitude la plus complète, la plus absolue.
La grande révolution accomplie en pathologie par la découverte de M. Pasteur, c’est que ce savant éminent a fait toucher au doigt, ou plutôt voir à l’œil armé du microscope, ce quid divinum qu’avant lui on supposait sans le voir. Avant la découverte de l’acarus de la gale, on croyait à l’existence d’un virus de la gale; on n’y croit plus aujourd’hui, et l’on sait de science certaine que toute la maladie est produite par la présence du sarcopte. De même aujourd’hui, M. Pasteur montre dans les maladies contagieuses, virulentes, miasmatiques, la présence d’éléments figurés comme étant la cause de ces maladies; et il est impossible de dire qu’il est dans l’erreur, puisque la présence de ces ferments, de ces germes, ne peut être révoquée en doute.
M. Coi, in : ... Quoique je n’aie pas le temps de m’arrêter sur l’historique de la question, je dois rappeler que, bien avant M. Pasteur, M. Davaine avait considéré cette bactéridie comme l’agent de la virulence, et que, avant M. Pasteur aussi, M. Koch par ses cultures a cru donner la preuve du bienfondé de l’opinion émise par M. Davaine...
M. Pasteur : Tout cela est hors de ma question. Davaine a découvert la bactéridie en 1850 et, à partir de 1863 (*), en s’inspirant de mon travail sur la fermentation butyrique (”1 2), il a assigné son rôle dans le charbon; vous l’avez combattu sans cesse, ce que vous ne