‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 63 sur 299 · Davaine (G.). Loc. cit · texte numérisé non relu

Davaine (G.). Loc. cit

2. Voir, p. 136-138, tome II des Œuvres de Pasteur : Animalcules infusoires vivant sans gaz oxygène libre et déterminant des fermentations. (Notes de l'Édition.)

pouvez plus faire aujourd’hui. Vous le combattiez par l’hypothèse d’un virus; or, je vous répète que vous croyez si peu à ce virus dans votre lecture de tout à l’heure, que vous n’y faites plus même allusion.

Pour justifier ce qu’a dit M. Bouillaud des maladies putrides et des idées que mes études ont pu suggérer, il me suffirait de rappeler que, le premier, j’ai montré que le sang, l’urine, extraits des corps sains, peuvent être exposés à des températures quelconques, au contact de l’air confiné ou renouvelé, sans jamais entrer en putréfaction (4).

1. loir, p. 165-1/1, tonie II des Œuvres de Pasteur : Examen du rôle attribué au gaz oxygène atmosphérique dans la destruction des matières animales et végétales après la mort. (Note de l'Édition.)

RECHERCHES SUR L’ÉTIOLOGIE ET LA PROPHYLAXIE DE LA MALADIE CHARBONNEUSE DANS LE DÉPARTEMENT D’EURE-ET-LOIR

Rapport a M. Teisserenc de Bout,

Ministre de l’Agriculture et du Commerce (*).

Arbois (Jura), 17 septembre 1878.

Monsieur le Ministre,

Une des maladies les pins meurtrières du bétail est le charbon. La plupart de nos départements ont à en souffrir, peu ou beaucoup. Il en est où les pertes se comptent par millions, tel est le département d’Eure-et-Loir (1 2).

Vous avez bien voulu me confier la mission d’étudier les causes du charbon spontané, c’est-à-dire de celui qui éclate tout à coup sur tels ou tels individus d’un troupeau dans telle ou telle étable et de rechercher les moyens préventifs ou curatifs qu’on pourrait lui opposer.

Le Conseil général d’Eure-et-Loir s’est associé à ces louables intentions.

Je me suis adjoint, pour ce difficile travail, l’un des agrégés de l’Université attachés à mon laboratoire, M. Chamberland, et M. Vinsot, élève sortant de l’École vétérinaire d’Alfort, qui habite présentement près de Chartres. J’ai eu souvent recours également aux lumières de M. Boutet, conseiller général, et de son fils, vétérinaire distingué.

I oute recherche expérimentale exige de celui qui l’entreprend un ensemble d’idées préconçues, puisées dans les travaux antérieurs sur

1. Reproduit dans 1 s Recueil de médecine vétérinaire , 28 février 1879, LVI, p. 193-198.

2. Des nombreux troupeaux de moutons qu’on y élève, il n’en est peut-être pas un seul qui n offre annuellement des pertes sensibles. Le fermier s’estime très heureux, il ne donne même aucune attention à la maladie, quand la maladie ne dépasse 2 à 3 p. 100 du nombre total des individus qui composent les troupeaux.

maladies virulentes.

le sujet. Celles qui m’ont guidé plus particulièrement m’ont été inspirées par les conclusions d’expériences récentes que j’ai faites en collaboration de M. Joubert d’abord, de MM. Joubert et Chamberland ensuite (*). Dans les conclusions des travaux que je mentionne, nous avons été conduits à affirmer, avec moins d’hésitation que nos devanciers, que le charbon est la maladie de la bactéridie (1 2), c’est-à-dire la maladie du petit organisme microscopique dont un médecin français, le docteur Davaine, a, le premier, constaté la présence dans le sang des animaux charbonneux (3). Nous l’avons défini la maladie de la bactéridie , parce que, ayant obtenu la bactéridie à l’état de pureté parfaite, par des cultures répétées dans des milieux inertes, nous avons pu l’inoculer et produire la maladie et la mort, et que nous avons démontré, d’autre part, que tout ce que le sang charbonneux renferme, à côté de la bactéridie, ne peut produire l’affection dont il s’agit (4).

Un programme de recherches s’oiïrait dès lors à l’esprit. Le charbon spontané n’a-t-il pas simplement pour cause la bactéridie et son germe, et, s’il en est ainsi, où se trouve Vhabitat de cet organisme microscopique, dans le département d’Eure-et-Loir? La solution de cette question résoudrait le problème de l’étiologie du charbon spontané.

Ce n’est pas encore de front que ces difficultés ont été abordées dans les premières recherches dont je vais rendre compte à Votre Excellence ; mais l’idée que le charbon spontané est produit par la bactéridie, comme le charbon artificiel, est assez probable aujourd’hui pour que j’aie pu la prendre pour guide et agir comme si elle était vraie, réservant sa démonstration directe pour des travaux ultérieurs.

En conséquence, nous avons essayé avant tout autre examen si le charbon pouvait être inoculé par des aliments charbonneux, c’est-àdire par des aliments souillés directement à la surface par la bactéridie ou par ses germes, et si l’on pouvait obtenir de cette manière les apparences du charbon spontané. Nous avons constaté que, par ce moyen, il est difficile de donner le charbon. On a pris de la luzerne

1. Voir ces Communications p. 164-188 du présent volume. (Note de V Édition.)

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