‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 65 sur 299 · L. Pasteur · texte numérisé non relu

L. Pasteur

membre de l’Institut

SUR L’ETIOLOGIE DE L’AFFECTION CHARBONNEUSE [Avec la collaboration de MM. Chamberland et Roux] (4).

A la date du 17 septembre 1878, j’ai adressé à M. le Ministre de l’Agriculture et du Commerce un Rapport (2) relatif à des recherches nouvelles sur l’étiologie et la prophylaxie de l’affection charbonneuse, commencées dans les premiers jours du mois précédent, dans le département d’Eure-et-Loir; recherches ayant pour point de départ, comme je 1 explique dans ce Rapport, l’idée que le charbon spontané est produit par la bactéridie comme le charbon artificiel. Je ne reviendrai pas ici sur les faits nouveaux que ce Rapport a fait connaître et dont je revendique toute la priorité, notamment le fait essentiel que les lésions, dans le charbon spontané, ont leur siège principal dans la bouche, dans l’arrière-gorge, absolument comme dans les cas de contagion par des aliments piquants, souillés de germes de bactéridies.

Ces laits résolvaient de la manière la plus vraisemblable la question de 1 étiologie de 1 affection charbonneuse; à une condition toutefois, c’est qu’il serait possible de découvrir à la surface du sol du département la présence des germes de la bactéridie, particulièrement sur les points, toujours très nombreux chaque année, où des animaux charbonneux ont répandu des germes, soit avant leur mort, soit après leur mort, là où ils ont été enfouis. C’est à résoudre cette question que je me suis appliqué dans le courant de cette année, avec la collaboiation de M. Chamberland et de M. Roux. Les expériences ont été partagées en deux séries distinctes.

Dans la première, nous avons recherché si, lorsque du sang charbonneux est ajouté à de la terre, la bactéridie s’y conserve à l’état de germes et s’y multiplie, surtout dans le cas où cette terre est arrosée

1. Bulletin de l'Académie de médecine , séance du 21 octobre 1879, 2' série, Vlli, p. lu63-

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