Voir p. 214 du présent volume. (Note de l’Édition
après ou avant l’inoculation. M. Colin ne réussit pas dans la tentative qu’il fit de reproduire nos expériences et leurs résultats. Dès lors, avec cette confiance qu’il donne même à des résultats négatifs, il opposa hardiment ceux-ci à nos résultats positifs, et voulut faire croire que nous avions dû nous tromper. Pour en finir, je demandai la nomination d’une Commission, dont lui et moi nous ferions partie, qui jugerait le débat. Huit jours après, l’Académie s’en souvient, M. Colin se voyait contraint de signer le procès-verbal de la Commission qui condamnait ses assertions et confirmait les miennes (J).
Ce n’est pas tout : il y a une autre Commission, nommée encore à ma demande par l’Académie, pour juger une seconde assertion capitale de M. Colin, à savoir qu’il existe un virus charbonneux. Cette Commission n’attend, pour se réunir et pour porter un jugement, que l’appel de notre confrère. Tout récemment, M. Colin, séance du 29 juillet, renouvelait son assertion (1 2), mais il s’abstenait d’en donner la preuve. C’est que, pour moi, M. Colin a sur ce sujet une opinion, mais pas de conviction. La conviction suppose la preuve, et cette preuve, je le mets au défi de la donner.
Les deux circonstances que je rappelle auraient dû rendre M. Colin circonspect. Vous avez pu voir dans les dernières séances de l’Académie qu’il n’en a rien été. M. Colin a cherché dans la terre, dans les eaux, dans les fumiers, la présence de la bactéridie charbonneuse, et il ne l’a pas trouvée, parce qu’il a employé des méthodes qui ne répondent en rien à la délicatesse de la recherche dont il s’agit. Nous la trouvons, nous, avec une facilité remarquable; M. Colin oppose encore ses résultats négatifs à nos résultats positifs, sans paraître se douter que des millions de résultats négatifs ne sauraient infirmer un seul résultat positif.
Où veut donc en venir M. Colin, lorsque, comme il l’a fait dans la dernière séance (3), il a lu quinze à vingt pages d’observations sur un fait que le docteur Davaine nous a enseigné dès ses premières Communications sur le charbon, à savoir que la virulence charbonneuse peut disparaître par la putréfaction ? Qui donc l’ignore, ce fait? ce n’est pas moi, certes, qui en ai donné la véritable explication; et en quoi ce fait peut-il atteindre cet autre fait que j’ai avancé, que du sang charbonneux répandu sur de la terre produit des germes de bactéridies qu’on