‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 68 sur 299 · Voir p. 219-221 du présent volume · texte numérisé non relu

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2. Colin. Nouvelles recherches sur le rôle des ganglions lymphatiques dans la genèse du charbon. Bulletin de V Académie de médecine , 2e sér., VIII, 1879, p. 843-849.

3. Colin. Sur la durée de la conservation du pouvoir virulent des cadavres et des débris cadavériques charbonneux. Ibid., séance du 4 novembre 1879, p. 1118-1135. (Notes de l’Édition.)

peut retrouver une aimée après, et probablement davantage, de façon à faire périr charbonneux des animaux qu’on inocule avec ces germes ? Dans ma Communication très brève (*), il est vrai, mais très explicite, n’ai-je pas annoncé que la terre des couches profondes, après l’enfouissement d’un animal, provoquait facilement la septicémie? Si l’intérieur d’un animal charbonneux se putréfie, est-ce que tout autour de lui la terre ne s’imprègne pas de sang qui n’est pas dans les conditions de la putréfaction ?

C’est avec une profonde tristesse que je me vois contraint de répondre si fréquemment à des contradictions irréfléchies; c’est avec non moins de tristesse que je vois la presse médicale parler de ces discussions sans paraître s’inquiéter des vrais principes de la méthode expérimentale. Dans l’espèce, le critérium s’offrait de lui-même et avec une entière évidence : M. Pasteur annonce des faits positifs, précis, démontrés; M. Colin leur oppose des faits négatifs qu’il n’a pas dégagés des causes d’insuccès de ses expériences. En conséquence, l’argumentation de M. Colin est nulle et non avenue. Voilà les principes et leurs déductions obligées.

Je m’explique toutefois, sans trop de surprise, ce désarroi" de la critique, par cette circonstance que la médecine et la chirurgie se trouvent aujourd hui, suivant moi, dans une époque de transition et de crise. Deux courants les entraînent. Une doctrine vieillit, une autre vient de naître. La première, qui compte encore un nombre immense de partisans, repose sur la croyance à la spontanéité des maladies transmissibles. La seconde est la théorie des germes, du contage vivant, avec toutes ses conséquences légitimes.

Quand dans cette enceinte j’entends invoquer, sans preuves sérieuses à 1 appui, 1 existence d’un virus charbonneux; quand je lis dans nos bulletins, sur les questions dont je parle, l’exposé d’expériences faites par à peu près, sans précision; quand je vois amonceler des résultats négatifs, solidaires de toutes sortes d’erreurs possibles, et qu on tente de les opposer à des faits positifs démontrés, je me dis avec douleur : Voilà encore un représentant des méthodes et des dogmes qui finissent, et je me sens encouragé à payer à votre science, que j’aime pour elle-même et pour ses grandes et bienfaisantes applications, un nouveau tribut d’efforts.

M. Bouillaud : J ai approuvé hautement les belles découvertes de M. Pasteur; mais je crois qu’il y a erreur de la part de notre collègue, lorsqu’il dit que la viedle médecine doit laire place à la nouvelle; je crois que c’est au

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