‹ Œuvres de Pasteur (volume 2)Chapitre 72 sur 299 · Colin. Loc. cit., p. 1169. ( Xote de V Édition · texte numérisé non relu

Colin. Loc. cit., p. 1169. ( Xote de V Édition

Et maintenant l’Académie veut-elle savoir ce que pense M. Colin de son contradicteur, 'défendant pied à pied la vérité et ne voulant pas la laisser obscurcir par des hypothèses sans valeur ou par des expériences confuses? « M. Pasteur, dit-il, est bien difficile, à tel point qu’il ne peut s’entendre avec personne sur les procédés à suivre pour arriver à une solution quelconque. D’abord, M. Pasteur n’aime pas les procédés simples. Vous l’avez vu pour la poule : le bain froid ne lui suffit pas; il y ajoute le supplice de la claie, celui de l’inanition (4). » J’ai dit tout à l’heure combien cette assertion était inexacte.

M. Colin est bien autrement habile : il refroidit les poules de telle sorte qu’il ne peut reproduire cette expérience capitale de la réceptivité pour une maladie contagieuse, communiquée à un animal tout à fait réfractaire, par le seul fait d’un abaissement de température, expérience dont l’importance n’a échappé à personne, tant en France qu’à l’étranger.

M. Colin, mécontent de ce qu’il appelle mes procédés compliqués, a l’obligeance de me donner une leçon sur ce point de la simplicité dans 1 expérimentation. « S’il s’agit, dit-il, d’employer une urine neutre à telle ou telle expérience, M. Pasteur, au lieu de prendre cette urine dans les conditions où elle est à cet état sur l’homme ou les animaux, calcule a perte de vue pour déterminer le chiffre de centimètres cubes d’une solution alcaline qu’il faut pour en neutraliser un volume donné (2). »

Me voit-on, au lieu d’ajouter un peu d’eau de potasse à une urine acide, pour me procurer une urine neutre, me voit-on cherchant dans les hôpitaux un malade à urine neutre? C’est là ce que M. Colin appelle simplifier une méthode!

M. Colin jette alors en passant l’histoire du docteur Bastian, qu’il ignore absolument et qu’il ne craint pas de préjuger avec cette hardiesse d imputation dont j’ai tout à l’heure donné un exemple, lorsqu’il m accusait d’avoir remporté, sans en faire l’autopsie, une poule morte charbonneuse. Je vais vous la dire à mon tour dans toute sa vérité, cette histoire du docteur Bastian, qui est peu connue du public scientifique (3).

M. Bastian professe à Londres, dans une des principales universités de cette ville, la spontanéité de toutes les maladies. La génération spontanée, proprement dite, se trouve dès lors être une des

h Colin. Loc. cit., p. 1172-1173.

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