Bbauell. Loc. cit
2. Koch (R.). Untersuchungen über Bakterien. V. Die Aetiologie der Milzbrandkrankheit, begründet auf die Entwickelungsgeschichte des Bacillus anthracis [1876]. Colin s Beitrüge zur Biologie der Pflanzen, II, 1877, p. 277-310.
3. Voir p. 225-229 du présent volume : Recherches sur l’étiologie et la prophylaxie de la maladie charbonneuse dans le département d’Eure-et-Loir. Rapport à M. Teisserenc de Bort, ministre de l’Agriculture et du Commerce. Arbois, 17 septembre 1878. (Notes de V Édition .)
huit et dix jours, quoique, dans les derniers temps de la vie, la maladie revête ces caractères presque foudroyants fréquemment signalés par les observateurs et qui ont fait croire à une incubation de très peu de durée (*)•
On augmente la mortalité en mêlant aux aliments souillés des germes du parasite des objets piquants, notamment les extrémités pointues des feuilles de chardon desséchées, et surtout des barbes d’épis d’orge coupées par petits fragments d’un centimètre de longueur environ.
Il importait beaucoup de savoir si l’autopsie des animaux morts dans ces conditions montrerait des lésions pareilles à celles qu’on observe chez les animaux morts spontanément dans les étables, ou dans les troupeaux parqués en plein air. Les lésions dans les deux cas sont identiques, et par leur nature elles autorisent à conclure que le début du mal est dans la bouche ou l’arrière-gorge. Nos premières constatations de ce genre ont été faites, le 18 août, par des autopsies pratiquées sous nos yeux par M. Boutet fils et M. Vinsot, jeune élève vétérinaire, sortant de l’École d’Alfort, qui nous a assistés avec beaucoup de zèle pendant toute la durée des expériences faites à Saint-Germain (1 2). Dès lors l’idée qui présidait à nos recherches, à savoir que les animaux qui meurent spontanément du charbon dans le département d’Eure-et-Loir sont contagionnés par des spores de bactéridies charbonneuses répandues sur leurs aliments, prit dans notre esprit la plus grande consistance.
Reste la question de l’origine possible des germes de bactéridies. Si l’on rejette toute idée de génération spontanée du parasite, il est
1. La communication de la maladie par des aliments souillés de spores charbonneuses est plus difficile encore chez les cobayes que chez les moutons. Nous n’en avons pas obtenu d’exemple dans d’assez nombreuses expériences. Les spores, dans ce cas, se retrouvent dans les excréments. On les retrouve également intactes dans les excréments des moutons. [Voir Yerratum, page 320 du présent volume, note 2.]
2. Dans nos expériences, une circonstance extraordinaire mérite d’être mentionnée : Huit de nos moutons d'expériences furent inoculés directement par piqûre à l’aide de cultures de bactéridies, certains même par du sang charbonneux d’un mouton mort quelques heures auparavant et qui était rempli de bactéridies. Tous les moutons furent malades, avec élévation constatée de leur température : un seul mourut qui avait été piqué sous la langue. Un des moutons qui guérirent n’avait pas reçu, à la cuisse, avec une seringue de Pravaz, moins de dix gouttes de sang charbonneux. Ces faits, signalés à M. Toussaint, qui, dans le même temps, s’occupait, à Chartres, d’études sur le charbon, et qui assistait quelquefois à nos expériences sur le champ de Saint-Germain, lui parurent si surprenants qu’il ne voulut pas y croire et qu’il tint à faire lui-même une des inoculations. Le mouton survécut comme les autres.
Les poules qui ont été nourries par des aliments souillés du microbe du choléra des poules, lorsqu’elles ne meurent pas, peuvent être vaccinées. Il y a lieu dès lors de se demander si l’on ne pourrait arriver à vacciner des moutons pour l’affection charbonneuse, en les soumettant préalablement et graduellement à des repas souillés des spores du parasite.