DISCUSSIONS SUR LA PUTREFACTION
OBSERVATIONS] (2
M. Pasteur (1 2 3) : J’aurais quelques observations à faire au sujet de la discussion qui s’est engagée dans la dernière séance, à laquelle je regrette de ne pas avoir assisté.
M. Colin s’exprime ainsi dans le Bulletin de V Académie : « Je désirerais poser une question à M. Lefort à propos de la fermentation dans l’économie. Il y a là quelques phénomènes de putridité qui me paraissent difficiles à expliquer avec les théories de M. Pasteur. La fermentation, en général, d’après lui, n’est possible qu’avec l’intervention d’un ferment.
« La fermentation dans l’économie doit donc remplir les mêmes conditions. Or, dans l’économie, on voit souvent des organes se putréfier sans que l’action des ferments y soit bien manifeste » (4).
On ne sauiait, suivant moi, laisser passer sans critiques la dernière remarque de M. Colin, que, « dans l’économie, on voit souvent des organes se putréfier sans que l’action des ferments y soit bien manifeste ». Je ne crois pas, et c est une question que j’adresse à tous les membies présents, je ne crois pas qu il existe dans la science, aussi bien en médecine qu’en chirurgie, un seul exemple authentique, sérieusement, rigoureusement étudié, dans lequel on aurait trouvé un
1. Discussions engagées à la suite de la lecture de Jules Lefoht : Mémoire sur le rôle du phosphore et des phosphates dans la putréfaction. Bulletin de V Académie de médecine séance du 24 février 1874, 2» série, III, p. 141-161. - Ont pris part à la discussion, dans celte séance: Gop.ley, J. Lefort, Colin, Chauffard, Gubi.er. Ibid., p. 161-167.
Ces discussions se sont poursuivies dans les séances des 8, 10 et 24 mars 1874.
2. Bulletin de l’Académie de médecine , séance du 3 mars 1874, 2» série, III p 177-186
- Ont pris part à la discussion, dans cette séance : Pasteur, Colin, Chauffvrd Wurtz Bouillaud, Blot. ’
3. Interventions de Pasteur. Ibid., p. 177-179, 180, 181-182, 183-180.