Voir la Communication précédente. ( Note de l’Édition
MALADIES VIRULENTES
des fosses est aujourd’hui encore parfaitement reconnaissable à deux signes physiques : une petite crevasse, formée tout autour de la terre qui recouvre les fosses, délimite celles-ci comme par un cercle; en outre, l’herbe a poussé plus drue sur les fosses que dans le reste de la prairie. Notez enfin que depuis deux ans, à intervalles variables de quelques mois, nous avons recueilli, soit de la terre meuble, soit des déjections de vers de terre à la surface des fosses, et que dans tous les cas nous y avons constaté la présence des germes du charbon, tandis qu’à quelques mètres seulement de ces fosses on n’en découvrait pas.
Comment douter que des vaches, en allant paître dans cette prairie, ne puissent y trouver l’occasion d’y devenir charbonneuses ? Mais, comme rien ne vaut une preuve directe, nous avons fait établir sur une de ces fosses un très petit enclos à l’aide d’une barrière à clairevoie et nous y avons placé quatre moutons; dans un autre enclos pareil sur le même champ et à 3 mètres ou 4 mètres en amont du premier, là où l’on n’avait pas enfoui de vaches charbonneuses en 1878, nous avons installé quatre autres moutons témoins. La double expérience commença le 18 août. Dès le 25 août, un mouton est mort charbonneux, le sang rempli du parasite de l’affection, dans l’enclos sur la fosse. Les moutons témoins se portent très bien. Quelle saisissante démonstration de la théorie que j’ai rappelée tout à l’heure, et combien est évidente la prophylaxie de l’affection charbonneuse !
Permettez-moi, avant de terminer, de vous faire une autre confidence. Je me suis empressé, également avec le concours de MM. Chamberland et Roux, de vérifier les faits si extraordinaires que M. Toussaint, professeur à l École vétérinaire de Toulouse, a annoncés récemment à l’Académie (1). Sur la foi d’expériences nombreuses et qui ne laissent pas place au doute, je puis vous assurer que les interprétations de M. Toussaint sont à reprendre.
Je ne suis pas davantage d’accord avec M. Toussaint sur l’identité qu’il affirme exister entre la septicémie aiguë et le choléra des poules (2). Ces deux maladies diffèrent du tout au tout.
1. Toussaint (H.). De l’immunité pour le charbon, acquise à la suite d’inoculations préventives. Comptes rendus de V Académie des sciences, XGI, 1880, p. 135-137.
2. Toussaint (H.). Identité de la septicémie expérimentale aiguë et du choléra des poules. Ibid., p. 301-304. (Notes de l’Édition.)