VACCIN DU CHOLÉRA DLS POULES VACCIN DU CHARRON
[CHOLÉRA DES POULES]
M. Pasteur : Je considère comme un devoir de remercier d’abord la Société de l’honneur qu’elle m’a fait en m’admettant parmi ses membres; mais j’ai voulu attendre l’occasion de le faire d’une façon digne d’elle, en lui communiquant les résultats de mes recherches sur l’une des maladies contagieuses des animaux domestiques. Toutefois, laissez-moi vous dire que ce n’est pas sans un certain étonnement que je me trouve aujourd’hui au milieu de vous et que je me trouve chaque semaine au milieu des membres de l’Académie de médecine, moi qui suis si peu médecin, si peu vétérinaire. Cependant, ma présence dans ces compagnies peut s’expliquer aisément quand on considère que la science est une, et que c’est l’homme seulement qui, en raison de la faiblesse de son intelligence, y établit des catégories, comme il le fait pour la médecine, pour la religion et pour la politique.
Il n’est peut-être pas sans intérêt de jeter un coup d’œil sur l’enchaînement des causes qui m’ont amené jusque sur vos bancs.
Ma carrière scientifique comprend trois périodes qui paraissent bien distinctes au premier abord : de 1847 à 1857, je me suis occupé spécialement de cristallographie ; de 1857 à 1877, mes études ont porté sur les fermentations et les ferments ; depuis 1877 enfin, je poursuis des recherches sur les maladies contagieuses. Comment ai-je pu passer de l’une à l’autre de ces études, qui paraissent si différentes au premier abord ? L’exposé de cet enchaînement sera une nouvelle preuve de la vérité que j’avançais tout à l’heure, à savoir que la science est