AU NOM DE LA SOCIÉTÉ DE SECOURS DES AMIS DES SCIENCES
Messieurs,
Vous connaissez cette institution de secours mutuels si jeune et déjà si prospère, léguée comme un pieux héritage à tous les savants par la bonté prévoyante de M. Thénard.
Après tout ce que vous venez d’apprendre, après tout ce que vous saviez déjà des vertus publiques et privées de M. Isidore GeoITroy Saint-Hilaire, ai-je besoin de vous dire que la Société de secours des amis des sciences pleure en lui l’un de ses membres les plus vigilants?
Ai-je besoin de vous dire que, l’un des premiers, il s’associa aux pensées généreuses de son fondateur, avec cette chaleur de cœur et cet amour passionné de la science dont la noble vie de son père lavait comme embrasé ?
Il était si bien le digne fils de cet illustre père ! Il y avait entre eux une si parfaite communion de pensées et d aspirations vers tout ce qui peut honorer l’humanité et agrandir les conquêtes de la science! Oserai je vous rappeler ici un des traits de leur tendre affection. Beaucoup parmi vous, messieurs, ont eu le triste honneur d’assister, a cette place même, il y a dix-sept ans, aux funérailles d’Étienne Geoffroy Saint-Hilaire. Je serais bien surpris si leurs cœurs n’étaient pas remplis en ce moment du souvenir de l'immense douleur que pouvait a peine contenir son malheureux fils. Pour moi, je le vois encore se jetant tout en pleurs dans les bras de ceux qui venaient de célébrer les vertus et le génie de son père, éprouvant cette sorte de vertige qui nous pousserait tout vivants dans la tombe de ceux que nous chérissons.
Ai-je besoin également, messieurs, de vous dire que l’esprit orne