‹ Œuvres de Pasteur (volume 3)Chapitre 115 sur 166 · LAVOISIER · texte numérisé non relu

LAVOISIER

[A propos de l’édition complète de ses œuvres par M. Dumas.]

On trouverait difficilement dans l’histoire des sciences un nom qui éveille plus d'admiration et de sympathie que celui de Lavoisier. L’éclat et la fécondité de ses découvertes, la noblesse de ses sentiments comme homme public et comme homme privé, sa fin si cruellement prématurée, à laquelle on ne peut penser sans un douloureux serrement de cœur, tout se réunit pour faire de Lavoisier l’une des plus pures et des plus touchantes illustrations de notre pays. « C’est l’homme le plus complet, le plus grand homme peut-être que la France ait produit dans les sciences », disait un jour M. Dumas dans une brillante leçon du Collège de France, dans cette même leçon où il prenait l’engagement de publier une édition complète des œuvres de Lavoisier comme le monument le plus digne que l’on pût élever à sa mémoire.

Cette pieuse pensée, qui ne l’a point quitté malgré les préoccupations incessantes des éminents travaux dont sa vie est remplie, M. Dumas a la satisfaction de la réaliser aujourd’hui et, pour ainsi dire, au nom de l’Académie et de la France.

Nommé président de l’Académie des sciences en 1843, M. Dumas s’empressa de proposer à M. Villemain, alors ministre de l’Instruction publique, la présentation d’un projet de loi relatif à la publication des œuvres de Lavoisier. Cette proposition, qui se liait aux dispositions législatives adoptées en 1842 et 1843 pour la réimpression des œuvres de deux savants géomètres, Laplace et Fermât, fut accueillie de la manière la plus favorable. L’illustre ministre avait, le premier, représenté au Gouvernement d’alors l’utilité et la convenance de ces justes et solennels hommages rendus au génie scientifique de la France. Mais des lenteurs survinrent, et malgré le vœu unanime exprimé par

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