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ALLOCUTION PRONONCÉE A L’ACADEMIE DES SCIENCES

EN PRENANT PLACE AU BUREAU COMME SECRÉTAIRE PERPETUEL POUR LES SCIENCES PHYSIQUES (*)

Mes chers Confrères,

Je suis profondément touché de l’unanimité des suffrages qui m’ont appelé au Secrétariat perpétuel pour les sciences physiques.

Vous avez donné à cette élection un tel caractère d’intimité, que je voudrais pouvoir adresser à chacun d’entre vous un remerciement personnel.

Depuis un mois, vous m’avez dissimulé à l’envi les côtés difficiles des fonctions que je reçois aujourd’hui de votre bienveillance. Vous vous êtes efforcés de me persuader qu’il me resterait beaucoup de temps libre pour le travail du laboratoire. Je ne vous promets pas de ne pas vous prendre au mot le plus souvent possible, mais j’essayerai aussi d’être plus à l’Académie que ne me le demandait l’obligeance affectueuse de mon collègue M. Bertrand.

Je voudrais désormais consacrer ce qui me reste d’existence en deux parts : l’une, à provoquer des recherches et à former, pour des études dont l’avenir m’apparaît plein de promesses, des élèves dignes de la science française; l’autre à suivre attentivement les travaux que l’Académie suscite et encourage.

La seule consolation, quand on commence à sentir ses propres forces décroître, c’est de se dire que l’on peut aider ceux qui nous suivent à faire plus et mieux que nous-mêmes, en marchant les yeux fixés sur les grands horizons que nous n’avons pu qu’entrevoir.

1. Comptes rendus de V Académie des sciences, séance du 25 juillet 1887, GV, p. 180.

DISC0URS PRONONCE

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