‹ Œuvres de Pasteur (volume 3)Chapitre 18 sur 166 · Voir p. 26 du présent volume. (Notes de l'Édition · texte numérisé non relu

Voir p. 26 du présent volume. (Notes de l'Édition

[SUR LA VIE] (i)

La vie c’est le germe avec son devenir, et le germe c’est la vie.

Le germe et son devenir, voilà toute la vie et tout son mystère.

Demander d’où elle vient, c’est demander d’où vient le germe.

Le germe existant n’a plus besoin que de substances mortes et de conditions extérieures de température pour obéir aux lois de son développement. Ce sont bien alors des manifestations qu’on peut appeler vitales comme étant propres à un être vivant, mais la vie proprement dite, cette mystérieuse puissance, cette grande inconnue est dans l’existence d’un germe et des lois de développement qu’il contient potentiellement, suivant l’expression de Harvey, c’est-à-dire à l’état de devenir. Donnez à un germe des aliments dans certaines conditions de température et d’humidité, et il croîtra, et il manifestera tout ce que nous appelons les actes vitaux, mais ce sont des phénomènes physiques et chimiques : il n’y a que la loi de leur succession qui constitue l’inconnu de la vie.

C’est pourquoi le problème de la génération spontanée est un problème capital et passionnant. C’est le problème même de la vie et de son origine. Provoquer une génération spontanée, ce serait faire un germe. Ce serait faire la vie ; ce serait résoudre le problème de son origine. Ce serait passer de la matière à la vie par des conditions de milieu et de matière.

Dieu comme auteur de la vie devient inutile. La matière le remplace. Dieu ne serait plus invoqué que comme auteur des mouvements des mondes dans l’univers.

La vie ne peut se définir. Ce qu’on en peut dire de plus clair, c’est qu’elle est le germe et son devenir.

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