‹ Œuvres de Pasteur (volume 3)Chapitre 19 sur 166 · SUR LA MATIÈRE, A L’ORIGINE · texte numérisé non relu

SUR LA MATIÈRE, A L’ORIGINE

Il est des personnes qui pensent qu’à l’origine des choses la matière était réduite à ses plus simples éléments, et qu’elle était disséminée dans l’espace à l’état de molécules simples, et que c’est peu à peu, par des causes inconnues, qu’il y a eu condensation et rapprochement à des distances permettant aux combinaisons de pouvoir s’effectuer. Alors se sont peu à peu constitués ces globes incandescents ou refroidis, ces soleils ou ces terres qui circulent aujourd’hui dans l’immensité. Je n’ai pas besoin d’ajouter que la science rigoureuse n’a pas la prétention d’aller jusque là, malgré les merveilles de ses découvertes, et bien que de nos jours, par exemple, elle puisse se flatter de pouvoir affirmer qu’elle a commencé à démêler avec certitude la nature des éléments qui composent le soleil et les étoiles. (Elle y a retrouvé, chose remarquable, les mêmes principes qu’à la surface de la terre). C’est là le propre du vrai savant. Plus il a rassemblé de données positives, plus il a fait de conquêtes dans le champ de l’inconnu, plus il est réservé sur celles de l’avenir. Au contraire, plus un homme a vécu d’idées systématiques et chimériques, plus il a d’audace pour affirmer, parce que le propre des habitudes de sa pensée est de ne pas connaître de règle.

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