‹ Œuvres de Pasteur (volume 3)Chapitre 5 sur 166 · LETTRE AU COLONEL F AVE · texte numérisé non relu

LETTRE AU COLONEL F AVE

École Normale supérieure , Paris, le 22 mars 1863.

Monsieur, je m’empresse de répondre à votre si aimable lettre dont je vous remercie bien cordialement parce qu’elle m’encourage beaucoup. Je vois que vous comprenez comme moi la nouveauté et que vous pressentez l’avenir de ces résultats, qui, je puis l’affirmer dès aujourd’hui, quoiqu’il me faudra beaucoup de temps pour le développer scientifiquement, embrassent tout le travail de la mort. Je serai peu à peu en mesure de démontrer ce que j’ai pressenti au fur et à mesure de l’accomplissement de mes recherches de ces dernières années, que Dieu a placé dans les êtres les plus infimes de la création des propriétés extraordinaires qui en font les agents de la destruction de tout ce qui a cessé de vivre. Je tiens aujourd’hui de la manière la plus claire et en même temps la plus générale le secret de tous les phénomènes de la putréfaction et de la fermentation. Et les applications de mes idées me semblent immenses. Ainsi (Dieu veuille que cela ne soit pas une illusion) je me trouve préparé pour aborder ce grand mystère des maladies putrides dont je ne puis détacher ma pensée, quoique j’en mesure et la difficulté et le danger. Vous faites donc bien, pardonnez-moi de vous l’exprimer ainsi, de m’encourager et de m avoir sauvé de ces misères au milieu desquelles je me débattais dans ces dernières années. Car je sens bien qu’il me faudrait des

jours de plus de vingt-quatre heures pour explorer ces richesses, cachées, mais réelles.

Du reste tout se réunit pour m’aider. Jeudi dernier, en effet, je me trouvais, grâce a mon nouveau titre d’académicien, à la réception des

Tuileries, et M. Dumas m’a fait l’honneur de me présenter à 1 Empereur.

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