‹ Œuvres de Pasteur (volume 3)Chapitre 74 sur 166 · Lettre inédite. (Note de l’Édition · texte numérisé non relu

Lettre inédite. (Note de l’Édition

MELANGES SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES

jeter les yeux. Elle y verra tout l’avenir de cette institution, l’une des plus modestes et des moins dispendieuses de l’Université, mais l’une des plus fécondes, si vous voulez bien, Monsieur le Ministre, assurer son existence et l’obliger à ne point s’éloigner de sa véritable voie.

Lorsqu’il est question d’une institution à fonder, si heureuse qu elle paraisse devoir être dans ses résultats, il y a toujours à craindre que 1 expérience n’y dévoile quelque vice caché. Mais il s’agit ici il une création ayant douze années d’existence, dont les services incontestables n'ont pas été plus multipliés, par cela seulement que l’on a volontairement embarrassé sa marche. D’une part, l’institution est indispensable parce qu’il faut des préparateurs pour diriger sous l'œil des maîtres les manipulations et les exercices pratiques des élèves, et surveiller nos collections; d’autre part, il est très utile que l’Ecole ait le moyen d’entretenir parmi ses élèves les plus distingués, devenus professeurs des lycées, les fortes études de l’enseignement supérieur. Sous ce dernier rapport, je ne vois rien de mieux que 1 institution des préparateurs, et j’oserai dire à Votre Excellence qu'Elle peut avoir confiance en mon opinion, car j’ai eu le bonheur d’être l'un des premiers préparateurs de l’École en 1847 et 1848. Je sais par expérience ce que valent pour un jeune homme, que le feu de la science a touché, les loisirs de ces modestes positions, dans cette atmosphère des saines études, au milieu de laboratoires richement dotés, et sous la direction bienveillante de maîtres éprouvés.

j’ai la persuasion, Monsieur le Ministre, que vous avez sous la main une pépinière toute naturelle pour l’enseignement supérieur, non pas assurément que je désire que nos préparateurs nous quittent pour entrer d’emblée dans les Facultés. A ce titre, je n’aurais pas encore compris ce que peut gagner un homme, voué aux carrières universitaires, en faisant une classe et en suivant de près des jeunes gens. Nos préparateurs au bout de deux ou trois années de passage à l’École retourneraient dans les lycées, docteurs, ou prêts à l’être, et quand une chaire de Faculté deviendrait vacante, l’Administration saurait où trouver des sujets.

Je suis avec le plus profond respect, Monsieur le Ministre, de Votre Excellence le très humble et très dévoué serviteur

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