L. Bouglé : L'École Normale
L tiré des Archives de l’École Normale et reproduit in supérieure ( loc . cit.). [ Note de l’Édition.)
1870 ^«r,iCatr Annales a été commencée en 1864 par Pasteur, continuée de
eontéren”, 1 PÉ P»r G- Darboux. Depuis, un comité composé de maîtres de
de maïS rttie, ; ô ,i “ 7™. la <1,r“tl0n' DeP”is #** «tt surtout des mémo], es - namematiciens qui y sont insérés. ( Note de C. Bouglé.)
MÉLANGES SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES
éloigner toute hésitation (‘y. L’École Polytechnique n’avait que quelques mois d’existence lorsque parurent, en 1795, les premiers cahiers de son journal continué jusqu’à nos jours. Cette publication, fort estimée des géomètres, ne renferme depuis un grand nombre d’années que des travaux sur les mathématiques. Le recueil de l’École Normale offrirait un intérêt plus général. Il comprendrait des mémoires de mathématiques, de physique, de chimie et d’histoire naturelle, c’est-àdire de toutes les sciences enseignées à l’Ecole et dans les établissements d’enseignement secondaire et supérieur.
A l’époque où le Muséum d’Histoire naturelle reçut, avec son nom, l’organisation qu’il a conservée depuis, les professeurs de cet établissement entreprirent une publication qui eut un grand retentissement, surtout pendant les trente premières années de ce siècle, alors que ce recueil faisait connaître au monde savant les études cristallographiques de Haiiy, les recherches zoologiques et paléontologiques de Cuvier, les développements des familles naturelles de Jussieu.
L’École des Mines a eu son journal dès sa fondation ; et lorsque l’Observatoire prit, ces dernières années, un nouvel essor, sous la direction laborieuse et féconde de M. Le Verrier, le nom de ce bel établissement fut attaché à une publication d’une grande valeur.
Y a-t-il à craindre que l’École Normale ne puisse alimenter un recueil analogue à ceux dont je viens de parler? Poser une telle question, c est la résoudre. Par cela même que l’École est une pépinière de professeurs, elle est une pépinière de savants. Il suffit de consulter les journaux scientifiques de ces dix dernières années pour s’assurer que les anciens élèves de l’École ont fait paraître un grand nombre de mémoires sur la physique, la chimie, les mathématiques et les sciences naturelles. Je rappelle les noms de MM. Pouillet, Delafosse, Jamin, de la Provostaye, Desaint, Hébert, Nerdet, Lovy, Lissajoux, Puiseny, Briot, Rouquet, etc.
Les recherches de MM. les maîtres de conférences serviraient singulièrement à enrichir les Annales de 1 École. Quel honneur n eut pas retiré, dans ces dernières années, un pareil recueil, s il eût existé, en publiant pour la première fois l’ensemble des recherches de M. Deville sur l’aluminium.
1 Les trois alinéas suivants offrent quelques variantes avec le texte reproduit dans la ,, Vie de Pasteur », par Kené Vallery-Radot (Paris, Hachette éd., p. 132) : « Le Muséum d’Histoire naturelle n’a-t-il pas publié jadis des Annales? L’École des Mines n a-t-elle pas eu, en 1794, un Journal des sciences? L’École Polytechnique n’a-t-elle pas egalement publie, en 1795, ses cahiers, et dans certains de ces cahiers, ne s’est-elle pas lait honneur des leçons e mathématiques données, pendant les premiers mois de 1795, à l’amphitheatre du ; ai dm des Plantes, par Laplace et Lagrange, leçons destinées aux premiers neop iy es ie male? » ( Note de l’Édition .)
La nature des travaux qui seraient admis dans les Annales scientifiques de l’Ecole est tout indiquée. On n’y verrait figurer rien qui ne fut utile, sévère, honorable pour l’École et l’Université. « Il ne faut dans des recueils de ce genre, disait Cuvier, que ce qui concerne un intérêt durable, ce qui, une fois consigné par écrit, demeure comme partie intégrante de la science. »
Le premier volume commencerait utilement par une courte notice historique sur l’enseignement scientifique de l’École.
Il serait peut-être désirable également que les premiers volumes empruntassent quelque chose à la gloire de la première École Normale, que l’on y vît figurer, par exemple, les admirables leçons de Laplace et de Lagrange. Elles ont été composées spécialement par ces grandes illustrations de la science pour former de futurs instituteurs de la jeunesse. Bien des passages de ces leçons en témoignent, et l’enseignement peut y aller puiser les plus utiles conseils.
J’espère, Monsieur l’Inspecteur général, que le projet dont j’ai 1 honneur de vous entretenir sera en quelque chose conforme à vos vues généreuses et au brillant avenir que Son Excellence INI. le Ministre réserve à l’École.
Agréez, etc. L. Pasteur.
SUR L’UTILITÉ D’UN RECUEIL AYANT POUR TITRE : ANNALES SCIENTIFIQUES DE L'ÉCOLE NORMALE '
28 avril 1868.
Monsieur l’Inspecteur général,
La plupart des établissements scientifiques de Paris, l’École polytechnique, 1 École des mines, l’École des ponts et chaussées, le Muséum d’histoire naturelle, l’Observatoire, le Conservatoire des arts et métiers, ont institué des recueils périodiques destinés à la publication des travaux les plus importants sortis des mains de leurs maîtres ou de ceux de leurs anciens élèves qui marquent dans le progrès des sciences. Je nourris depuis longtemps l’idée de la fondation