‹ Œuvres de Pasteur (volume 3)Chapitre 89 sur 166 · SEANCE · texte numérisé non relu

SEANCE

DE RENTRÉE A L’ÉCOLE NORMALE, LE 3 NOVEMBRE 18G4, RAPPORT SUR LA SECTION DES SCIENCES ').

Monsieur le Ministre (2),

Monsieur l'Inspecteur général, Messieurs,

J’ai a vous présenter le compte rendu des travaux de l’École dans l’ordre des sciences pendant l’année scolaire qui vient de s’écouler.

Section des sciences.

Première année.

[Pasteur, après avoir passé en revue les résultats obtenus aux examens par les élèves, ajoute] :

Cette première année promet donc à l’École et à l’Université des sujets de mérite. Quelques-uns même annoncent des talents distingués. Je pourrais citer plusieurs noms, mais j’ai peu de goût pour ces sortes de jugements, toujours plus ou moins téméraires. J’estime, d’ailleurs, que pendant le séjour de l’École on doit s’habituer cà placer la distinction dans l’accomplissement de ses devoirs. Les deux vertus normaliennes par excellence ne sont-elles pas celles que j’ai nommées tout à heure, la bonne conduite et l’assiduité et la régularité dans le travail? Je ne paraîtrai point suspect dans cette déclaration, car l’une de mes constantes préoccupations est de faire surgir des talents nouveaux

L Ce Rapport a été trouvé dans les papiers de Pasteur. 2. Victor Ruruy. (Notes de l’Édition )

MÉLANGES SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES

parmi les anciens élèves. Mais, je le répète, sur les bancs de cette maison, la véritable marque de la distinction est dans l’effort intellectuel et moral, quel qu’en soit le résultat immédiat.

Deuxième année.

L Ecole doit vous remercier, Monsieur le Ministre, d’avoir bien voulu décider, à cette occasion, que les notes obtenues par les élèves dans les conférences seraient transmises à l’avenir à M. le Doyen de la Faculté des sciences, pour être placées sous les yeux des commissions d’examens.

Cet élément nouveau d’appréciation contribuera à écarter les hasards des épreuves de la licence dont les conséquences peuvent devenir si préjudiciables à la carrière future des élèves ajournés.

Ce sera pour MM. les maîtres de conférences un motif de plus de multiplier les interrogations, afin de mieux former leur jugement et celui de l’Administration, à l’égard des élèves, et ceux-ci attacheront plus de prix encore que par le passé aux leçons de leurs professeurs.

Troisième année.

Les faits que je signale et qui témoignent de la prospérité de nos études s’échapperont à l’attention de personne. Il faut së féliciter à tous les points de vue de cette libre concurrence entre les deux premières Écoles scientifiques du pays (1).

Ceux qui médisent de leur temps et qui le croient tout entier aux préoccupations des emplois brillants et lucratifs, peuvent apprendre que de jeunes hommes de dix-huit à vingt ans ont assez de maturité dans l’esprit pour aller du côté où les pousse la noble passion de la science et de l’enseignement public. L’École Normale n’a point la brillante considération de l’Ecole Polytechnique. Mais à qui est capable de faire honneur à son nom et à son pays par des travaux originaux, mission supérieure et sans rivale, l’École Normale offre pour atteindre ce but une voie plus aisée, plus directe et plus sûre. Il est beau toutefois de constater que de tels motifs suffisent pour décider un jeune homme en faveur de la plus modeste des deux carrières simultanément ouvertes par son mérite à sa légitime ambition.

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