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École Polytechnique et École Normale

MÉLANGES SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES

Il est de mon devoir de présenter, en terminant ce compte rendu, quelques observations au sujet de la discipline générale de 1 École. La conduite des élèves n’a donné lieu à aucun reproche grave.

Dieu merci ! rien n’a rappelé, même de loin, cet acte d insubordination pour lequel j’aurais eu des paroles si sévères, si ce compte rendu portait une date antérieure d’une année (1). Les élèves qui vont composer la troisième année de l’École, dans les lettres et dans les sciences, porteront encore pendant un an dans ces murs la honte de cette folie.

L’esprit général et la tenue, sans être toujours irréprochables, ont été généralement satisfaisants. Néanmoins, nous redoublerons de vigilance pour éloigner certains défauts, par exemple, cette habitude de fumer, qui s’est emparée d’un si grand nombre, habitude si peu digne pour de futurs professeurs et qui leur fait perdre un temps si précieux.

Sous le rapport de l’assiduité au travail, la troisième année n’a point toujours continué les bonnes traditions de ses aînées. Les concours d’agrégation sont venus fort heureusement récompenser tous les élèves qui ne s’étaient point laissé distraire de leurs devoirs. Il serait difficile d’apporter plus de zèle intelligent dans la préparation d’un examen que ne l’ont fait la très grande majorité des élèves qui, dans les lettres comme dans les sciences, ont réussi dans les luttes de l’agrégation.

Permettez-moi, Monsieur le Ministre, de ne pas achever ce fidèle exposé de nos efforts et de nos défaillances, de nos succès ou de nos revers dans les examens, sans m’associer aux félicitations du chef de l’École pour la bonne pensée que vous avez eue de renouer la chaîne, trop longtemps interrompue, de ces séances solennelles de rentrée. Chaque année, après le repos des vacances, nous revenions ici, étrangers en quelque sorte les uns aux autres. Aujourd’hui, nous pouvons tout au moins nous offrir le premier salut d’usage en famille et comme en jour de fête ; salut d’autant plus cordial qu’il se donne sous l'œil du maître commun, centre et lien de toutes les affections universitaires.

Les témoignages de votre haute bienveillance, Monsieur le Ministre, ne surprendront personne dans une maison que vous avez honorée autrefois comme élève et que vous avez glorifiée depuis à tant de titres.

1. En 1863, des actes graves d’indiscipline s’étaient produits à. l’École Normale. (Note de l'Édition.)

MÉLANGES SCIENTIFIQUES ET LITTÉRAIRES

AUX ANCIENS ÉLÈVES DE L’ÉCOLE NORMALE SUPÉRIEURE QUI SE SONT SUCCÉDÉ DANS LA SECTION DES SCIENCES

DE 1857 à 1867 (*).

Chers collègues et amis,

Je vous dédie le premier opuscule (”1 2) qui ait occupé mes loisirs, depuis que j’ai dû abandonner la direction des études scientifiques de l’École Normale supérieure.

Je tiens à le proclamer devant vous, qui avez été témoins de mes efforts : dans ces dix années, je n’ai eu qu’une préoccupation, celle de la force et de la dignité de nos études.

Quand il s’est agi de vos maîtres, j’ai proposé les meilleurs. Quand il s’est agi de vous, j’ai distingué les plus méritants, en portant à tous le même intérêt. Dans les circonstances difficiles, j’ai tenté de faire prévaloir ce que la jeunesse finit toujours par estimer le plus, et ce qui seulement lui est dû, la justice et la fermeté, tempérées par la bienveillance et l’affection, hors de tout mélange d’idées chimériques.

Aussi n’ai-je reçu de vous, sans aucune exception, que des marques de respect et d’estime, et, de la part de ceux que j’ai connus de plus près, les témoignages d’une amitié sincère.

J’éprouve un vif plaisir à vous en remercier publiquement.

Durant ces dix années, je n’ai pas cessé un seul jour d’avoir devant les yeux un but élevé, qui consistait à faire de l’École Normale supérieure, dans l’ordre des sciences, un des grands foyers scientifiques de notre pays.

Vous savez avec quelle satisfaction l’écrivain illustre, chef de l’École (3), vos éminents maîtres et moi, nous avons vu surgir de vos rangs, dans les sciences mathématiques, physiques et naturelles, de jeunes savants, joignant au mérite du professeur un esprit fécond d’investigation.

1. Cette allocution a été trouvée dans les papiers de Pasteur.

2. Probablement l'opuscule sur le vinaigre. Voir, tome III des Œuvres de Pasteur, p. 18, note 1.

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