AUX DAMES
Sous le ciel plus serain, vers l'heureuse contrée D'où part le beau soleil refaisant son entrée, Et où d'un feu plus doux ses rais sont allumez, Nait l'oyseau merveilleux, dont nous sommes nommez. Miracle de nature et son plus bel ouvrage. L'or, le pourpre et l'azur s'esclate en son pennaj^^e ; Il s'engendre soy-mesme, et presque en un moment Se sent vivre au berceau qui fut son monument ; Car lors qu'il a passé dix siècles de sa vie, Et que le cours du tans, dont la force est ravir, L'a rendu plus débile, au soleil recourant. Et couché sur le haut d'un palmier odorant S'offre, heureuse victime, à la flame céleste, Pour renaistre plus beau de sa cendre qui rcslc. Avantureux oiseau ! de qui l'embrasement Et la vie et la mort naist du ciel seulement. L'Amour qui dans nos cœurs loge et prend nourrit iiir, Oiseau tant renommé, lient de ceste nature : Il ressemble au phénix, son destin est pareil. Qu'on les noimne tous deux les oiseaux du soleil ; Car de deux beaux soleils vient la flamme immortelle. Qui de sa propre tin nostre amour renouvelle. Lors que les longs travaux, le tans ou la rigiuHir De sa lurce première ont doml^ la vigueur.
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Doue, ô vuu^, nos soleils, par qui sonl rotuuniêes, Avec un seul regard toutes nos destinées, Qui nous faites mourir et renaistre à l'instant, Consommez dans un feu dont l'esprit est contant, Or' que la longue peine en aimant supportée De nos jeunes désirs a la force mattée, Et qu'il semble qu'Amour décline en vieillissant, Chasse? la pesanteur qui le rend languissant ! Rajeunissez sa vie, ô flambeaux salutaires! A ces embrasemens nous courons volontaires, invoquant vos rayons afm d'estre brûlez, Et d'un fécond trespas nous voir renouveliez. Trop heureux de penser que la flamme divine. Qui nous doit consommer, ait crleste origine !