‹ Œuvres de Philippe Desportes (volume 2)Chapitre 97 sur 155 · X\XIX · texte numérisé non relu

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Cette fureur d'amour, de raison la maistresse, Aveugle, impatiente et qu'on ne peut cacher. Veiller, pleurer, jurer, s'appaiser, se fascher. Lettres, faveurs, regards, ce sont tours de jeunesse.

J'en ay fait le voyage, et faut que je confesse Que jamais jeune cœur ne se veit mieux toucher, Et n'eusse jamais creu qu'on me peust arracher L'aiguillon qui dix ans m'a tourmenté sans cesse.

Itlais six lustres si tost n'ont mon âge borné, Que du chemin passé je me suis destourné, îoiit honteux que si tard j'aye esté variable;

Et dy quand de quelqu'une à tort je suis repris : Qu'amour à l'homme meur n'est que perte et mépris, Au lien que sa folie au jeune est )irofitable.

Ceux qui liront ces vers qu'en pleurant j'ay chanteK, Non pour gloire ou plaisir, ains forcé du martire, Voyans par quels destroîls Amour m'a sçeu conduire, Sages à mes despens, fuiront ses cruautez. Quels esprits malheureux, nuict et jour tourmentez, oufllrentim mal si grand que le mien ne soit pire?

DIVERSES AMOUBS. 405

il ne se peut penser, comment le veux-je dire. Ou peindre en du ])apier si grandes nouveau tez ?

Je cherchois obstiné des glaçons en la flamnn<>, Foiblesse au diamant, constance en une femme, Pitié d^nsles enfers, le soleil en la nuit.

fay joué tout mon âge à ce vain exercice, Tayrecueilly des pleurs et semé du service, ,

Et de mes longs travaux repentançe est le fruit.

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