‹ Œuvres de Philippe Desportes (volume 3)Chapitre 136 sur 163 · DE MADAME LA MARESCHALLE DE BRISSAC · texte numérisé non relu

DE MADAME LA MARESCHALLE DE BRISSAC

De palme et de lauriers tout autour soit planté (ie sacré monument : car le corps qu'il enserre

i Une des trois ferames de Pierre Ernest de Hausreld, pi-ince alleiuaiiU, né le ÎO juillet 1517, mort le 2ï mai 160*. Pendant toute la première partie de sa cairiêre, ii servit l'Espagne contre Ja France. Mais, ayant amené, en 1569, des secours à Charles IX contre les prolestants, il fit de tels exploits pendant la bataille de Montconlour, que le rui lui écrivit de sa propre main une lettre très-flatteuse. Hetiré, sur la tin de sa vie, â Luxembourg, il s'y occupa uniquement des sciences et des arts, qu'il avait toujours aimés; il se lit construire un palais magnifique, où il rassembla toutes les antiquités que l'on trouvait dans la province et dans les pays liniiirophes. Cette Diane est l'héroïne des Premières Amours. Voyez ma préface.

* Femme d'Artus de Cossé, conile de Brissac, nommé maréchal de France en 1567. H était surintendant des linances depuis 1565. En 1567, il commanda rariiiée contre les calvinistes, sous le duc d'Anjou. Anêlé, conduit à U Bastille peu de temps avant la mort de Charles IX, sous prétexte

H El'ITAPIIES. 4«9

En vivant trioinplia des vices de la tei ic, Et l'orna de vertus, d'honneurs et de bonté.

Brissac fut son espoux, ce ^errier iiidoiiUê, Qui fut des ennemis la foudre et le tonnen-e; Brissac fut sou enfiint, cet astre de la guerre, Cjui trop lost des François retira sa clarté.

Tant que des faits gaulois durera la mémoire, l)e ces preux chevaliers sera vive la gloire. Elle donc, mère et femme à deux si grands guerrieis,

Qui sema de lauriers et de palmes la France, Doit avoir son tombeau, pour digne recompansc, Au lieu de belles fleurs tout semé de lauriers.

1)E SEB.\STIEN DE LrXEMBOURG

DUC DE MAIITIGLE.S

Oeluy que la mort mesmc en vivant redouluii, Lors fiu'il ouvroit les flancs de la mutine aiinéf, Et qui, chaud d'un beau sang et de gloin; anim« r, Sans crainte de la mort aux dangers se jeltoil.

(^ette fatale sœur qui toujours l'aguetloit, D'envieuse fureur et d'ire envenimée, 8c meslant dans l'estain d'une balle enflatiini('N>, Perça son front vainqueur, où la gloire habituil.

Puis, se resjouyssant d'un si piteux ouvrage : — Voy, ce dit-elle alors, que te sert ton courage ? Et comme les plus forts sont sujets à ma loy.

— Tu t'abuses, dit-il, ô mort pleine d'envie ! Clar je laisse un renom qui n'a point peur de toy, Et ^ay revivre au ciel d'une immortelle vie.

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