‹ Œuvres de Philippe Desportes (volume 3)Chapitre 17 sur 163 · A MONSIEUR DESPORTES · texte numérisé non relu

A MONSIEUR DESPORTES

Toy qui, pour t'afîranchir de l'ombre du tombeau, Suivis les pas d'Amour, guidé de son flambeau, Donnant jour à tes jours et lustre à ta mémoire, Encor d'un roide vol n'iroi»-tu dans les cieux, Si la Muse, asseurant ton audace et tes yeux, N'attachoit à ton dos les ailes de la gloire.

Amour, en t'esclairant, les ténèbres chassa, Et la Muse ton ame à l'Olympe addressa ;

« PqSte de circonstance sur lequel on ne trouve aucun renseignement

La gloire te feit voir les choses inconnues, Le flambeau de l'Amour fut suivy de ton los, Et ton esprit poussa tant de beaux vers esclos, Que leurs ailes ont pu s'avoisiner des nues.

La nuict chasse le jour, le jour chasse la nuict ; Par contraires effets toute chose se suit ; Mille morts en amour te donnent mille vies, Et la mort, pour tribut du labeur de nos ans, Fait mourir par tes vers tous les vers do ce tans, Et le tans sur tes vers fait naistre mille envies.

BlARli '

SONNET

Qu'eusses-tu ftiit, Amour? ta flamme esloit esteinte, Ton arc, vaincu du tans, s'en alloit tout usé, Et ton doré carquois, de flèches espuîs*'», Nous faisoit désormais moins de mal que de crainte-

Si l'on monstroit d*aimer, ce n'eslolt que par feinte, Pour tromper seulement quelque esprit peu rusé ; Car tu n'avois un trait qui ne fut fout brisé, Ny cordage qui put rendre une ame contrainte.

Par ces vers seulement tu as repris naissance; Ils t'ont armé de traits, d'attraits et de puissance, Et te font derechef triompher des vainqueurs.

Et d'autant plus, Amour, surpassent-ils ta gloire, Que lu n'acquiers sans eux une seule victoire, Et qu'ils peuvent sans toy captiver mille cœurs.

ET FLORWA PVNGtKT'

* Poêle de circonstance.

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