DIA
Je m'esgayois au feu qui me brûloil; Mais, quand je vuy que tu veux le contraire, Je m'en éloigne, et, pour te satisfaire, J'oste à mon cœur l'heur qui le consoloit.
En t'éloignant j'éloigne aussi ma vie,' Puis, toulesfois que telle est ton envie, Je ne me plains de mourir en ce point.
Las ! je te rens entière oljeïssance, Foi-s que, tu veux que je ne t'aime point; )lais les destins m'en ostent la puissance!
J'accompare ma dame au serpent fumeux.
Que le divin Thcbain surmonta par la flarae; Ce serpent eut sept chefs, et ma cruelle dame A sept moyens vainqueurs dos hommes et des Dieu : :
liO teint, le front, la main, la parole et les yeux, Le sein et les cheveux qui retiennent mon ame ; Avec ces sept beautez les rochers elle entame, Et tousjours son pouvoir revient victorieux.
De chacun de ces chofs, sept autres nouveaux sortent : La mort, les traits, le feu, les désirs qui transportent. L'espoir, la desfiancc et l'aspre déconfort.
Ils sont de ce seul point différens de nature : Cest qu'avecque du feu l'Hydre fut mis à mort. Et l'autre de mon feu prend vie et nourriture.
Ma nef passe au destroit d'une mer courroucée, Toute comble d'oubly, l'hiver à la roinuict; Un aveugle, wi «ifant, sans souci la conduit, Désireux de la voir sous les eaux renversée.
Elle a pour chaque rame une longue pensée Coupant, au lieu de l'eau, l'espérance qui fuit; Les vents de mes soupirs, effroyables de bruit. Ont arraché la voile à leur plaisir poussée.
De pleurs une grand' pluie, et l'humide nuage Des dédains orageux, détendent le cordage. Retors des propres mains d'ignorance et d'errem-
De mes astres luisans la ilame est retirée. L'art est vaincu du tans, du bruit et de l'horreur. Las I puis-je <lonc rien voir que ma perte asseurée?