‹ Œuvres de Philippe Desportes (volume 3)Chapitre 56 sur 163 · AMOURS DE MONSIEUR DESPORTES · texte numérisé non relu

AMOURS DE MONSIEUR DESPORTES

Voicy le beau soleil en sa course première, i>uit dés son orient, semé plus de clairté Ihie le soleil du monde, au plus chaud de Testé, Allant en son midy, ne jette de lumière; A qui tous les esprits, quelque luisans qu'ils solonl, Au point de son lever sont astres à l'aurore, TniBAnt recacher ceux qui desjà paroissoient, Il retenant cachez ceux qui Testoient encore.

Soleil des beaux esprits, lumière claire et sainte, iHi% autres tans Tenvie et du sien l'ornement, gui fait luire son siècle, et voille obscurément Tout le passé de honte et l'avenir de crainte; Oui seule monstre plus en effet de sçavoir (}ae n*a fait, ny fera nulle autre en apparance; He ce que Ton a veu, de ce qui reste à voir, Toute l'expérience et toute l'espérance.

Voicy le beau Phœnix, humble, qui se vient rendre l'iiur hommage soy-mesme à ce nouveau soleil, A un nompareil astre un oiseau nompareil, Ll fsa vie à celuy dont il la doit reprendre; f'ar les ailes d'Amour font qu'il est un oiseau; Mais ce qu'il est si rare en ce tans, le fait estre rn Phœnix, dont la tombe est l'unique berceau « Oui raid l'ame au soleil, pour au soleil renaistre.

Amour, nouveau Phœnix, pour chercher nouvelle ame. Sur un lict de senteurs ses ailes agitant.

STANCKS. 179

S'oppose à ce soleil ardammênt bluettant,

Tout flammeux de rayons, tout rayonneux de tlame.

Voila ses os brûlez dessus un lict d'encens,

Voila soudain que l'ame en a esté ravie,

Ces beaux vers animez heureusement naissans

De la cendre d'Amour, où l'Amour reprend vie.

Or estant le Phœnix (cet oiseau qui trémousse Des ailes à la flamme^ unique comme il est. Rien qu'un ver seulement de ses cendres ne naist Et, petit Phcenisseau, d'autres ailettes pousse; Mais ces beaux vers éclos pour faire des Amours, Sortent en si grand nombre à la fois de leur cendre, Et prennent en naissant tant d'ailes tous les jours, Que, les nommant Phœnix, j'ay ci-ainte de mesprendre. '

Soient Amours ou Ptiœnix, leurs ailes sont bien fortes. Mais, si tant de beaux vers, aux Amours destinez, Portent autant d'Amours amoureusement nés, Que d'Amours porteront les Amours de Dbs-Portss? Et si c'est un Phœnix que chacun de ses vers, Que de rares beautez, que de raritez belles ! Et combien volera son nom par l'univers, Si chacun de ses vers en naissant prend des ailes !

* l. Davt, siedr du Pbbron <.

f Le même qui devint cardinal en 160t et joua un si grand rdie pendanl nos luttes religieuses- H était né dans le canton de Berne, le 15 novembre 1B56, d'une famille normande retirée en Suisse pour fuir la persécution. Sa mémoire prodigieuse lui permit d acquérir un savoir extraordinaire. Desportes lui conseilla d'abjui er le calvinisme et le flt entrer, comme lecteur, dans la maison de Henri III. Il embrassa l'état ecclésiastique, où il parvin rapidement aux honneurs- Ce fut lui-qu'on chargea d'endoi-trmer Henri IV avant son alyuration. Il publia un volume de poésies et de traductions en vers, et mourut à Paris le S septembre 1618. Le morceau qu'on vient de lire efface, comme recherche, les sonnets les plus alambiqués de Ronsard et de Desporles. Il faut beaucoup d'attention rien que pour le comprendre.

CLEONICE

DERNIËHES AMOURS DE VH. DESPORTES

Qu'il soufifre incessamment, qu'il brûle et soit de glace, Qiril semé aux cours des eaux sa peine et son esmoy, Qu'un bel œil soit son dieu, son monarque et sa loy, Et qu'en le bien servant des rigueurs il pourchasse ;

Qu'il ait l'ame hautaine, et qu'une belle audace L'affranchisse du peuple et le retire à soy, Que par ses longs travaux, son mérite et sa foy, H s'eleve un renom que le tans ne defface;

Que son heur des jaloux soit toujours empesché, Que le flux de ses pleurs ne puisse estre eslanché, Qu'il trouve à ses desseins la fortune opposée.

Et que du seul tombeau soit son mal limité! Ainsi chantoit Clothon, sa quenouille au costé, Commençant de mes jours la maudite fusée.

Jl

J'ay dit à mon désir : Pense à te bien guider, Uten trop bas, ou trop haut, ne te face distraire. Il ne m'écouta point, mais, jeune et volontaire, Par un nouveau sentier se voulut bazarder.

Je vey le ciel sur luy mille orages darder, Je le vey traverser de flamme ardante et claiiv,

CLKONiCE. 181

Se plaindre en trébuchant de son vol téméraire, Que mon sage conseil n'avoit sçeu retarder.

Apres ton précipice, ô désir misérable I Je t'ay fait dedans l'onde une tombe honorable De ces pleurs que mes yeux font couler jour et nuit.

Et Tesperance aussi, ta seur foible et dolante, Apres maints longs destours, se voit changée en plante. Qui reverdit assez, mais n'a jamais de fruit.

Parmy ses blonds cheveux erroient les amourettes, S'entrelaçans l'un l'autre, et ses yeux, mes vainqueurs, Faisoient par leurs rayons un juillet dans les cœurs. Et sur terre un avril tapissé de fleurettes.

Sur les lis de son sein voletoient les avettes. Contre les regardans décochans leurs rigueurs. Dieux ! que d'heureux tourmens I que d'aimables langueurs ! Que d'hameçons cachez! que de flammes secrettes!

Si tost que m'apparut ce chef-d'œuvre des cieux, En crainte et tout devôt je refermay les yeux, N'osant les bazarder à si hautes merveilles.

Hais je n'avançay rien, car ses divins propos Me voleront d'un coup l'esprit et le repos. Et l'amour en mon cœur entra par mes oreilles.

D'une douleur poignante ayant l'ame blessée, ie ne puis en mon lict d'allégeance esprouver; Je me tourne et retourne, et ne sçauroy trouver De place qui ne soit de chardons hérissée.

Ne verray-je jamais que la nuict soit passée? Je suis au mois de juin, et pense estre en hyver. Leve->toy, belle Aurore, et fais aussi lever, Non le soleil du ciel, mais cil de ma pensée.

Ah! que dy-je, une nuict? tout un siècle est passé, Depuis que son bel œil sans clarté m'a laissé; Non qu'on ne parle plus de saisons ny d'années.

Je laisse au philosophe et aux gens de loisir, A mesurer le tans par mois et par journées, Je conte, quand à moy, le tans par le désir.

Vous n*aimez rien que vous, de vous-mesmemaistresse, Toute perfection en vous seule admirant,

1K2 CLËUNICË.

En vous vostre désir commence et va mourant,' Et l'amour seulement par vous mesme vous blesse.

Franche et libre de soing, vostre belle jeunesse, D'un œil cruel et beau mainte flamme tirant, Brûle cent mille esprits qui, vostre aide implorant, Ife^rouvent que fierté, mespris, haine et rudesse.

De n'aimer que vous mesme est en vostre pouvoir; Mais il n'est pas en vous de m'empescher d'avoir Vostre image en l'esprit, l'aimer d'amour extrén^e.

Or l'Amour me rend vostre, et si vous ne m'aimei, Puisque je suis à vous, à tort vous présumez. Orgueilleuse bisauté, de vous aimer vous mesme.

Qui voit vos yeiii divins, si pronts à décocher, Et ne perd aussi tost le coeur, l'ame ef^'audace, N'est pas honmie vivant, c'est un morceau de glace, Une souche insensible, ou quelque vieux rocher.

Qui ne volt point vos yeux doit les siens arracher, Et maudire le ciel qui ce mal luy pourchasse; Je ne voudroy point d'yeux, privé de tant de grâce, Car tous autres ol^ts ne font que me fascher.

On doute de ces deux la meilleure avanture. De cil qui pour les voir à la mort s'avanture. Ou qui, ne les voyant, évite son trespas.

Perdre la vie est tout, c'est le dernier naufrage. Telle perte pourtant ne m'en priveroit pas. Car, qui ne les voit point, perd beaucoup davantage*.

! Plus fay de connoissance, et plus je détermine De n'aimer rien que vous, seule digne de moy, Digne de m'enlacer d'une étemelle foy, Et que tous mes désirs ayent de vous origine.

Belle race du del, ame claire et divine, Seule toute mon tout, ma créance et ma loy. Je respire par vous, sans vous rien je ne voy. Et, si j'ay bien ou mal, vostre œil me le destine.

< Traductioa d'un 8(Huiet italien qui débuis par ces vers :

Chi vede gli occhi vostri, e di vajfhezzM

Non resta vinto al primo encontro, e privo

De l'alm:i, puo b«u dir che non è vivo, Z

Ne sa che cosa sia gratia e belk-zza. ,

CLEOKICE. 183

Que j'estoy malheureux ne vous coimoissant pas! Gomme un qui va de nuict, je chopoy tous les pas, Et prenoy pour ma guide une foible estincelle.

Âspuis, le ciel bénin, pour me récompenser, Me fit voir un soleil, dont la flamme est si belle, Qu'on n'en peut approcher seulement du penser.

YIIÏ

Cet œil du firmament tousjours resplendissant, Qui rend comme il luy plaist les saisons différantes, Père des animaux, des métaux et des plantes, Sans qui rien icy bas ne peut estre naissant.

Son voyage infini tous les ans finissant, rfoutrepasse jamais les ceintures ardantes Du cancre et de la chiévre, et, comme les errantes, Des vapeurs de la mer va son feu nourrissant.

Kon soleil, qui sur l'autre a beaucoup d'avantage, De mes yeux à mon cœur fait ainsi son voyage. Et sans outrepasser de mes pleurs se repais t.

Mais, ô belle planette! ô ma flamme dernière 1 Helas ! vous le voyez, je suis, et m'en déplaist, Trop petit océan, pour si grande lumière.

Si par vostre beauté, digne d'une immortelle, Je sens geler mon ame et mon cœur enflamer, J'en accuse le ciel plustost que vous blasmer : La faute en est à luy, qui vous forma si belle.

Et si, volant trop haut, où mon désir m'appelle. L'audace ou le malheur me contraint d'abysmer, La faute en est d'Amour qui me fait vous aimer Et croire que la mort pour vous n'est point cruelle.

Mais, si vous me voyez devant vous tressaillir,* Rêver, pallir, rougir, les propos me faillir, Et me dissimuler d'une feinte peu caute,

Me plaire en mes pensers, me séparer de tous, Et que vous ne croyez mon mal venir de vous. Je pense avoir raison d'accuser vostre faute.

IVois fois les Xanthiens au feu de leur patrie Se sont ensevelis avec la liberté; Et le vaillant Gaton d'un esprit indonté,

184 CLEOMICE.

Afin de mourir libre, est cruel à s rie.

L'espouse de Syphax, du malheur poursuivie, Fuit en s'empoisonnant le triomphe appresté, Et, d'un cœur aussi beau comme estoit sa beauté, Mourut l'Égyptienne, après estre asservie.

Que pensé-je donc faire, ô chetif que je suis ! Chargé de mille fers, mais phis chargé d'ennuis. Qui sens mon ame libre esclave estre rendue?

Il faut, il faut mourir, je suis trop attendant; Si ce n'est en Caton ma liberté gardant. Soit comme Cleopatre après l'avoir perdue.

Si trop en vous servant, ô ma mort bien-aimée! * I L'ardant feu de mon cœur éclaire et se fait voir ;

i< Si Ton dit qu'A son gré vostre œil me fait mouvoir,

Et que de vous sans plus ma vie est animée ; Une si pure ardeur, qui n'a point de fumée, Devant tous peut reluire et monstrer son pouvoir. Tant de vers, qui si loin mes douleurs font sçavoir. Sont des arcs que je dresse à vostre renommée.

Jadis entre les Grecs, quand l'honneur y vivoit, Le vainqueur des vaincus maint trophée élevoit. Fait d'étoffe légère et de peu de durée.

Mais moy que ma deffaite a rendu glorieux. Bien que je sois vaincu, j'élève en divers lieux . Maint trophée immortel pour vous rendre honorée.

0 journée inconstante, heureuse et malheureuse, Extrême en tous les deux ! Inconstant comme toy, Je ne sçay si maudire ou louer je te doy. Tant Vu m'es à la fois et douce et rigoureuse !

Fut-il onc aux enfers ame si douloureuse? Les cieux ont- ils un dieu si fortuné que moy? Mille extrêmes faveurs ont hien-heuré ma foy. Mille extrêmes rigueurs la rendent langoureuse.

Ne puissé-je jamais de toy me souvenir! Mais puissé-je tousjours ce penser retenir. Qui durant mon exil si doucement me touche.

Que d'estranges chaos en moy se remesloientl Son propos me chassoit, ses yeux me r'appelloient : Dieu que j'ayme ses yeux et que je hay sa bouche !

CLEONIGB.

Les célestes beaulcz d'une heureuse jeunesse, Un orgueil plein d'attraits, une honneste rigueur, En silence un parler qui découvre le cœur, Un modeste dédain, le port d'une déesse ;

Dessous des cheveux blonds une meure sagesse, Dn œil comblant l'esprit d'amoureuse langueur, Qui de tout ce qu'il voit est monarque et vainqueur. Qui gelé et fait brûler, qui guarist et qui blesse;

Un esprit tout divin, le ciel mesme estonnant, Un propos qui les cœurs à son gré va tournant, Meige, ébene, coral, lis et roses vermeilles,

Et mille autres thresors de nature et des cieux, De l'œil et de l'esprit la gloire et les merveilles, Sont de ma liberté les tyrans gradeux.

Pourquoy ne l'aimeroy-je? elle est toute parfaite. C'est un portrait vivant des beautez de Cypris; 11 n'auroit point de cœur qui n'en seroit épris, Et qui ne benii'oit le jour de sa desfaite.

Bien que pour un tnorl^l le ciel ne l'ait pas faite, El que j'âd\(iuù assfiz d'avoir trop entrepris, Je me plais en ma haie, et plus je me sens pris, El plufi j« tiens ma vie heureusement sujette.

Mon J)ieii l qu'elle est divine et que je suis heureux Den avoir connoissante, dt de n'estre amoureux De lien tant qwe des yeux dont j'ay Tame blessée!

Moins j'y connoy d'espoir, mieux je la vay servant ; Ce qui dcust me geler rend mon feu plus vivant, Et le mal qui ine hul e^t vie à ma pensée.

Un yvoire vivant, une neige animée.

Fait que mon œil ravy ne s'en peut retirer. 0 main victorieuse, apprise à bien tirer, Que tu m'as de beaux traits la poitrine entamée ! , Aux célestes beautez mon ame accoustumée Ne trouve objet que toy qui la puisse attirer, Et croit qu'elle te peut sans offense adorer, Tant elle est de ta glace à toute heure enflamée. Le jour dont si souvent j'aime à me souvenir.

1S6 CLEONICE.

Jour qu'il te pleut mes yeux et mon cœur retenir, Et de leur servitude embellir ta victoire,

Tu rompis tant de nœuds qui m'avoient sçeu lier, Et me faisant deslors toute chose oublier. Tu Tus mon seul penser, mon ame et ma mémoire.

Le sculpteur excellent desseignant pour ouvrage Une plante, un lion, un homme, un élément, Si la main obeyt et suit l'entendement, Trouve en un marbre seul toute sorte d'image.

Ainsi rare beauté, sujet de mon courage, Se trouve en vou6 le bien et le mal d'un amant. Mais, faute de sçavoir, d'art et de jugemant, Voulant choisir le bien, je me prens au dommage.

Ce n'est donc le destin par qui tout est forcé, Ce ne sont vos rigueurs, ny le sort courroucé. Que l'on doit accuser de ma perte inhumaine.

La faute est toute à moy : car dedans vostre cœur Est ma vie et ma mort, mon repos et ma paine, Mats je n'en puis tirer que mort, peine et rigueur.

Durant que je vous chante, 6 ma riamme secrette! Et descry ces beaux nœuds qut m'ont S4,"cu retenir, M'obligeant à bon droit les siècles à venfr, Qui verront en mes vers vostre bcoiUé pourLrait»»

Le ciel qui sans pareille entre-nous vous a faite, Vous fait de jour en jour plus bétlc tlev^nii , Si bien que pour menteur chacun me peut itinir. Quand plus que je ne monstre on vous trouve parfaite.

Afin donc que je puisse un tel blasme éviter, Lors que j'entreprendray vos louanges chanter, Je diray désormais : Tel jour elle estoit telle.

Mais depuis sa beauté d'heure en heure augmenta, La feit plus que déesse, et si haut l'emporta, Que, pour voler après, trop basse fut mon aile '.

Traduction d'un sonnet iUniien qui commence par ces vers :

Mentr' io scrivo di voî, doice mia morte,

Per obligarmi la fulura etate

Con dar dipinta a lei quella beltate,

Cbe '1 ciel aie viva al secol nostro in sorte.

CLEONICE.

STANCES

Sont-ce dards ou regards que les traits élancez De ces deux beaux soleils, rois des aines plus fieres? Hà! ce sont des regards, clairs d'ardantes lumières; Non, ce sont dards cruels, dont les cœurs sont percez.

Sont-ce charmes ou chants que les sons gracieux. Dont sa vermeille bouche cbl si bien animée? Ce sortt chants qui l'eapril pf ii^rnt ravir aux cieux, Ce sont enchantements dont j'ay l'ame charmée.

Puis qu'il !ift falloiL perdre, et qu'il est destiné Que vaincu je périsse en Tamoureuse guerre. Ce m'est grand réconfort qu'un si beau trait m'enferre, Et qu'en si blonds cheveu s; je sois emprisonné.

Toutes les aud-es fois quMimoiîr m'avoit donté, Je pleuroy ma forlmin oA l'p^tat de ma vie; Mais j'aime ores mes fers et fuy la liberté. Et chastiroy mon cœur s'il en avoit envie.

Tl'un refîret si^uleinenl mes esprits sont troublez, D'estre trop bas objel pour st hnute lumière. M^hj ù rare beauté des b^intez In première! Prenez g ardu on soleiî ^ qui vouf^ ressemblez.

Ce bel astr^ du cielj cet viiti([iEi' flambeau ; En tous liens ses rayons sans tiitTerence darde ; Et son (S:ïit qui si cloîr ceàf xm vostre plus beau. Comme les hauts sapins le bas soucy regarde.

Ne ne me diklaignei donc, et souffrez qu'en mourant Dn doujç trait de vostre œil donin' espoir à mon ame; Permettez que mon coeur bassement vous reclame, Et qu'il se reutk heureux, vos bectutez adorant.

Mais c'est peu que d'an eceur pour offrir à vos yeux, Itois de tous les esprits do cciu qui s'en approchent; J'en voudroy mille et mille, afin île pouvoir mieux Recevoir tous ïes traitjfLqiie si diiiit ils décochent.

Autre faveur du ciel je ne vyux désirer^ Qu*estre »ul consommé d'une tlamme si claire. Aussi bien toute aulî^e ame est pniir vous trop vulgaire, Soûl d'un si beau lourmenl je nu 'rite endurer.

Car Je sçay comme on aouffi'e et n'y suis point nouveau, Aecouiitiiiné d'enfani^e atix fjlus cruels allarmesf ?enus au lieu de laiet, quand j'eslois au berceau, Me Ai sucer des feux, des soupirs et des larmes.

Un seul crj ne m'esehappc au s plus fortes langueurs. Et pour en voir la preuve, ù ma l^ellc adversaire! Essayez contte moy ce t\np vous |n)uvez faire,

188 CLBOIfICE.

Choisissez-moy pour but aux traits de vos rigueurs.

Mais, s'il faut tenir cher ce qu'on a tout à soy, Me pouvez-vous blesser sans vous estre cruelle? Chacun peut vous aimer, mais non pas comme moy; Chacun n'a pas mes yeux, bien qu'il vous trouve belle.

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